Photo de famille du nouveau Conseil d'administration de la CGEM après sa première réunion, le 22 juin 2026, avec Mehdi Tazi et les membres, symbolisant le renouveau et la nouvelle direction du patronat marocain.
Économie

Le Grand Reset de la CGEM : Mehdi Tazi Redéfinit l’Avenir du Patronat Marocain

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Le « RESET » de Mehdi Tazi : Une Nouvelle Ère pour la CGEM

L’onde de choc est palpable au sein de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM). Le nouveau président, Mehdi Tazi, a lancé une opération d’envergure, baptisée par les observateurs « CGEM RESET », marquant un tournant historique pour le patronat marocain. Un seul nom, celui de Ghita Lahlou, directrice générale de l’École Centrale Casablanca, traverse les deux mandats, reconduite pour un troisième, signe d’une continuité stratégique au milieu d’un bouleversement sans précédent.

Un Renouvellement Radical au Service de l’Entreprise Marocaine

L’ampleur de cette transformation se mesure à un chiffre éloquent : un seul profil a été maintenu au sein de cette nouvelle configuration. Le Bureau exécutif, véritable moteur de la Confédération, affiche un taux de renouvellement de plus de 80 %, une première dans les annales du patronat marocain. Ce vent de fraîcheur n’est pas le fruit du hasard, mais la concrétisation d’une volonté affirmée de Mehdi Tazi, comme l’explique Driss Bouti, président de la CGEM Souss-Massa : « Nous sommes dans un renouvellement parce que Mehdi Tazi voulait qu’il y ait une vraie rotation des responsabilités. Il tenait à donner l’occasion à de nouvelles personnes de travailler et servir l’entreprise marocaine à la lumière des défis qui pointent à l’horizon. »

Avec un âge moyen avoisinant les 47 ans, cette nouvelle équipe incarne la jeunesse et la dynamique. Sur ses réseaux sociaux, Mehdi Tazi a clairement énoncé l’ambition de sa nouvelle garde : « Cette équipe reflète notre volonté d’insuffler une nouvelle dynamique au sein de la Confédération au service de l’entreprise marocaine, avec l’arrivée de nouvelles compétences et une représentation renforcée des TPME, des Régions et des femmes entrepreneures. »

Les Cinq Vice-Présidents : Des Poids Lourds Stratégiques

Loin de toute figuration, Mehdi Tazi a méticuleusement sélectionné un quintette de vice-présidents, véritables piliers de l’économie marocaine. Chacun apporte une expertise pointue et une connaissance approfondie de son secteur, promettant une action ciblée et efficace.

Naziha Belkeziz : Le Nerf de la Guerre Économique

À la tête de la BCP, Naziha Belkeziz est une figure discrète mais influente du secteur bancaire et financier, forte de plus de trente ans d’expérience. Son parcours est un modèle de persévérance : débutant en 1992 à la Banque Commerciale du Maroc, elle a gravi les échelons pour devenir consultante en gouvernance d’entreprise et administratrice indépendante, avant de prendre les rênes de la BCP en novembre 2024. Son expertise en financement est incontestable, et sa présence assure à Tazi une mainmise stratégique sur l’accès aux capitaux, le véritable nerf de la guerre économique.

Naoual Zine : L’Industrie et la Durabilité au Féminin

Directrice générale de Reminex, la filiale d’ingénierie et de développement minier de Managem, Naoual Zine cumule cette fonction avec la présidence de la commission Développement Durable. Incarnant la nouvelle génération de dirigeantes marocaines, cette femme de l’industrie et des mines est un atout majeur dans un Maroc résolument engagé dans la transition énergétique et la valorisation de ses ressources minières. Sa présence n’est pas le fruit du hasard, mais une affirmation de l’importance de la durabilité et de l’innovation industrielle.

Majid Iraqui : Monsieur Énergie en Pleine Transition

Président du directoire de Taqa Maroc, Majid Iraqui, diplômé en finance et titulaire d’un MBA de l’Eastern Michigan University, a opéré une transition remarquée vers le secteur de l’énergie en 2007. Il est désormais le « Monsieur Énergie » incontournable du nouveau Bureau. Face aux défis colossaux de la décarbonation et de la souveraineté énergétique, son expertise représente un avantage stratégique indéniable pour la CGEM.

Hicham El Habti : L’Innovation, Clé de la Compétitivité

En tant que Managing Director en charge de l’Innovation & Learning à OCP et président de l’UM6P, Hicham El Habti est le garant de la R&D et de l’innovation au sein du géant OCP. Si Mehdi Tazi souhaite, comme il l’a maintes fois répété, accélérer la recherche et le développement, l’expérience d’El Habti est tout simplement précieuse. Abdelkader Alaoui, président de la Fédération Nationale de la Minoterie (FNM), salue ce choix : « En effet, le choix de rapprocher le monde universitaire du monde de l’entreprise est à saluer. L’enjeu ici est de travailler sur la question de l’adéquation formation emploi. »

Youssef Alaoui : Le Plaidoyer Législatif au Cœur du Bureau

L’intégration de Youssef Alaoui, en sa qualité de président du groupe parlementaire de la CGEM, au sein du Bureau exécutif marque une nouveauté significative. Cette décision de Mehdi Tazi est un signal fort : la Confédération entend renforcer ses liens avec le Parlement et coordonner plus étroitement son travail de plaidoyer législatif. Le message est clair : la CGEM ne se contentera plus de subir la loi, elle aspire désormais à la façonner activement.

IA, Innovation, Start-ups, Afrique : Les Priorités Stratégiques

La nouvelle feuille de route de la CGEM, sous l’impulsion de Mehdi Tazi, met en lumière des axes stratégiques résolument tournés vers l’avenir et l’internationalisation.

L’Intelligence Artificielle et l’Accélération des Start-ups

Absente de la nomenclature de 2023, l’intelligence artificielle (IA) est désormais une composante essentielle de la structure de la CGEM, avec une commission dédiée à l’« IA et Transformation économique », présidée par Mohammed Benouda (Aba Technology). L’écosystème des start-ups n’est pas en reste, avec la commission « Accélération des Start-ups », portée par Hamza Rkha Chaham (Sowit), et le « Morocco Innovation Lab (MIL) », confié à Meriem Zairi. Le MIL, en particulier, est emblématique de cette nouvelle vision.

Mehdi Tazi l’avait présenté lors de l’annonce de son programme : « Le MIL est un centre d’innovations, un outil qui a été travaillé sur les dix dernières années et qu’on doit mettre en œuvre dans ce mandat, c’est celui qu’on a précédemment appelé l’initiative El Kindi. C’est une vitrine pour l’ensemble des entreprises et l’ensemble des fédérations de la CGEM, sur un modèle qui existe dans d’autres pays dans le monde, et notamment en Turquie, où il y a un modèle d’innovation similaire qui peut permettre aux entreprises de monter en gamme et de faire monter en gamme leurs employés. »

L’Afrique : Un Continent à Conquérir

Le changement le plus significatif, et peut-être le plus audacieux, se situe au niveau de la stratégie internationale. L’ancien mandat distinguait une commission internationale et une commission Afrique. Aujourd’hui, cette approche est entièrement repensée. L’international est désormais éclaté en cinq commissions régionales (Europe et Méditerranée, Amériques, Moyen-Orient, Asie et Océanie, et Afrique). Fait notable, la commission Afrique est directement confiée au vice-président général, Mohamed Bachiri, un geste loin d’être anodin.

« Tazi et Bachiri ont décidé de garder la commission Afrique au niveau de la présidence au vu de l’importance du continent, et parce qu’il y a énormément de choses à faire au niveau de l’intégration industrielle du continent », souligne l’économiste Mehdi Fakkir. Le choix de Bachiri, figure de proue de l’industrie automobile, est éminemment stratégique. L’économiste marocain insiste : « Il est dans l’automobile et c’est le secteur où il y a le plus d’opportunités en termes d’intégration continentale selon une étude faite par la CGEM et la BAD. Et puis il y a la mobilité durable, les minéraux critiques, les batteries… des sujets que maîtrise le VPG et cela fait donc sens qu’il porte ce sujet. »

L’Afrique n’est plus une simple vitrine pour la CGEM ; elle est désormais perçue comme un véritable terrain de conquête industrielle, un axe majeur de développement et d’intégration économique pour le Maroc et ses entreprises. La refonte de la gouvernance de la CGEM par Mehdi Tazi n’est pas qu’un simple remaniement ; c’est une déclaration d’intention, un « RESET » audacieux pour propulser l’entreprise marocaine vers de nouveaux horizons, armée de compétences renouvelées et d’une vision stratégique affûtée.


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