Journaliste avec caméra et microphone devant un poste frontière, symbolisant les entraves à la liberté de la presse à Ceuta et Fnideq.
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Liberté de la Presse à Ceuta : Deux Poids, Deux Mesures pour les Médias Espagnols ?

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Depuis Ceuta jusqu’à Fnideq, les restrictions visant des journalistes marocains, italiens puis espagnols révèlent une lecture à géométrie variable de la liberté de la presse. Longtemps discrète sur les entraves subies par 2M et la RAI, la presse espagnole ne s’est pleinement mobilisée qu’une fois ses propres reporters concernés. Mohamed Ezzouak Publié Le 16/08/2026 à 19h22 Temps de lecture: 3′ DR ‹ › La séquence qui se joue autour de Ceuta depuis le début du mois d’août pose une question qui dépasse l’affrontement entre Madrid et Rabat : celle de la manière dont la liberté de la presse est regardée de part et d’autre de la frontière. Plusieurs journalistes ont été confrontés à des restrictions dans l’exercice de leur métier. Pourtant, dans le paysage médiatique espagnol, tous ces épisodes n’ont manifestement pas suscité la même attention. Au début du mois, une équipe de la chaîne publique marocaine 2M s’est heurtée à des restrictions lors de son travail à Ceuta. Les journalistes auraient notamment été empêchés d’entrer normalement avec leur matériel de tournage. L’affaire a été rapportée dans la presse marocaine et était donc connue avant la séquence qui allait suivre. Mais elle n’a pas, à ce moment-là, trouvé le même écho dans les médias espagnols. Dans les dépêches EFE accessibles, aucune mention de cet incident n’apparaît avant le 15 août. L’agence ne revient sur le cas de 2M que dans la dépêche consacrée à l’expulsion de ses propres journalistes de Fnideq, en rappelant que la chaîne marocaine avait dénoncé des restrictions au début du mois. Un journaliste italien de la RAI subit les mêmes restrictions que 2M La veille, un autre épisode aurait pourtant pu attirer l’attention médiatique. Le 14 août, le journaliste du Tg2 Lorenzo Lo Basso a lui aussi été confronté à un traitement inhabituel à l’entrée de Ceuta. Selon son témoignage, après que son équipe eut présenté ses passeports italiens, les contrôles ont été considérablement renforcés. Leur véhicule et leur matériel de reportage ont été retenus pendant plusieurs heures, les journalistes de la RAI étant finalement contraints de poursuivre leur trajet à pied avant de récupérer leur équipement plus tard. Lo Basso affirme avoir été le seul à subir un tel traitement et y voit un possible lien avec leur nationalité italienne. Un épisode qui intervient dans un contexte particulièrement tendu entre Madrid et Rome depuis la crise migratoire de Ceuta. El periodista italiano Lorenzo Lo Basso de la Cadena RAI (televisión pública de ITALIA) explica cómo el Gobierno de @sanchezcastejon les DETUVO y confiscó las CÁMARAS y un vehículo de apoyo al llegar a CEUTA ???Pedro Sánchez trata de imponer la CENSURA ?? pic.twitter.com/51IYjd98aC — GuillermoRocafort (@GuillermoRocaf1) August 15, 2026 C’est le 15 août que la liberté de la presse devient un sujet pour les médias espagnols. Les journalistes d’EFE et de RTVE présents à Fnideq sont sommés de quitter la ville alors qu’ils couvrent les opérations marocaines à proximité de la frontière. RTVE dénonce alors publiquement une entrave au travail de ses journalistes, tandis qu’EFE intervient également auprès des autorités marocaines pour demander que ses reporters puissent exercer librement leur profession. Maroc : A Fnideq, les journalistes de la TVE et EFE non grata L’épisode ne survient toutefois pas dans le vide. Selon une source marocaine, l’expulsion des journalistes d’EFE et de RTVE de Fnideq constitue une mesure de réciprocité en réponse aux restrictions précédemment imposées à l’équipe de 2M à Ceuta. Quand la liberté de la presse devient une affaire nationale La réciprocité ne suffit évidemment pas à justifier une restriction au travail des journalistes. Mais elle permet de replacer la séquence dans son contexte. Or c’est justement ce contexte qui semble avoir été largement absent de la couverture espagnole avant que ses propres journalistes ne soient concernés. Le contraste est d’autant plus frappant que le cas de la RAI intervient à peine 24 heures avant celui d’EFE et de RTVE. Un média public européen avait lui aussi signalé des difficultés dans l’exercice de son travail à Ceuta, sans que l’épisode n’ait suscité une mobilisation comparable dans les grands médias espagnols. Cette asymétrie mérite d’être interrogée, précisément parce que la crédibilité de la défense de la liberté de la presse repose aussi sur la capacité à regarder avec la même exigence les atteintes qui touchent les journalistes des autres. Mais certains journalistes de RTVE assument les atteintes à la liberté de la presse en fonction du pays d’origine des journalistes. 2M no es un medio de comunicación; es el aparato de propaganda de una dictadura. El periodismo es otra cosa y necesita de una democracia para ejercerse. — Francisco Carrión (@fcarrionmolina) August 15, 2026 ceuta journalistes presse espagne Suivre Yabiladi


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