Iulia Constantina Zilil : L'Énigme
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Iulia Constantina Zilil : L’Énigme Archéologique du Maroc Révèle Ses Secrets Millénaires

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Iulia Constantina Zilil : L’Énigme Archéologique du Maroc Révèle Ses Secrets Millénaires

Au cœur de la péninsule tangitane, une terre gorgée d’histoire et de vestiges, sommeille un trésor inestimable : le site archéologique de Iulia Constantina Zilil. Longtemps ensevelie, cette cité antique, désormais classée patrimoine national à protéger, s’apprête à livrer ses secrets après plus de 25 siècles de silence. Une plongée fascinante dans le passé du Maroc, guidée par les révélations des archéologues.

Zilil : Un Patrimoine d’Envergure, Promesse de Découvertes Futures

Situé à seulement 1,5 kilomètre à l’est de Had Gharbia, entre les villes vibrantes de Tanger et Assilah, Zilil – ou Dchar Jdid, comme l’appellent les chercheurs – est bien plus qu’un simple ensemble de ruines. Le docteur Mohamed Benhaddou, conservateur des sites de Cotta et Zilil, nous éclaire sur l’importance capitale de ce lieu.

«Ce site est une véritable cité, avec une enceinte et une trame urbanistique bien définie, avec d’importants monuments aussi bien publics que privés», affirme le Dr Benhaddou. Cette structure urbaine complexe témoigne d’une civilisation avancée et d’une organisation sociale sophistiquée.

L’importance de Zilil réside également dans son cadre chronologique exceptionnel. La région de Tanger, berceau des premières interactions avec les commerçants phéniciens, fut aussi le dernier bastion de la présence romaine. Zilil incarne cette richesse historique, offrant un panorama complet de l’Antiquité marocaine.

Mais le plus captivant reste à venir : «la surface fouillée du site ne dépasse pas les 8% de la superficie totale. De ce fait, le site est vraiment le futur de la recherche archéologique au Maroc», souligne le conservateur. La destruction brutale qu’a connue la cité, paradoxalement, a scellé et préservé ses vestiges, en faisant un «véritable trésor scientifique et archéologique» intact.

Des Racines Préhistoriques à la Splendeur Romaine : L’Épopée de Zilil

L’histoire de Zilil est un voyage à travers les âges. Les premières traces d’occupation remonteraient au Paléolithique, entre 8000 et 4000 ans avant J.-C. Les archéologues ont ensuite mis au jour des vestiges datant du IVe siècle avant J.-C., avec des structures mauritaniennes des IIe et Ier siècles avant J.-C.

C’est entre 33 et 25 avant J.-C. que Zilil connaît son apogée, lorsque l’empereur Auguste y fonde la prestigieuse colonie romaine : Colonia Iulia Constantina Zili. Une citadelle imposante émerge, dotée d’une trame urbanistique romaine typique. Les découvertes actuelles révèlent un grand temple, des thermes majestueux en contrebas de la colline, des maisons péristyles ornées et une basilique paléochrétienne. L’existence d’un amphithéâtre, bien que suggérée, reste encore un mystère à élucider.

La cité n’échappera pas aux tumultes de l’histoire. Elle est détruite une première fois entre 238 et le milieu du IVe siècle après J.-C., avant d’être ressuscitée par décision impériale vers 355-360 après J.-C. Cependant, son destin est scellé au début du Ve siècle. «La destruction a été si brutale et définitive que l’occupation après n’a été que très sommaire et a sévi dans le site jusqu’à son abandon définitif au Moyen-Age, où elle a été transformée en terre de pâturages», raconte Mohamed Benhaddou.

Vers une Renaissance : Protéger et Révéler Zilil au Monde

Le classement de Zilil comme patrimoine national historique à protéger marque un tournant décisif. L’Observatoire de la Protection de l’Environnement et des Monuments Historiques de Tanger (OPEMH) exhorte les autorités à lancer sans délai des travaux d’exploration, à sécuriser le site par une clôture et à concevoir un guide touristique détaillé. Des infrastructures routières sont également envisagées pour faciliter l’accès du grand public à cette merveille oubliée.

Le Dr Benhaddou accueille cette initiative avec enthousiasme, y voyant une «véritable locomotive pour le développement touristique socio-économique dans cette région». Il est convaincu que les futures recherches «permettront d’aller de l’avant et ressortir ce chef d’œuvre du patrimoine national».

Malgré un délaissement passé, souvent dû à des contraintes financières et foncières – le site appartenant majoritairement à des propriétaires privés, un processus d’acquisition est en cours – l’avenir de Zilil s’annonce prometteur. Si Lixus, une des plus anciennes cités du Maroc, a longtemps eu la priorité, Iulia Constantina Zilil est désormais prête à reprendre sa place parmi les joyaux archéologiques du Royaume, offrant une fenêtre unique sur la Maurétanie antique.


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