Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et l'envoyé personnel d'António Guterres pour le Sahara, Staffan de Mistura, en discussion à Rabat.
Politique

Sahara : ce que propose De Mistura, et pourquoi le Maroc reste maître du jeu

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Sahara : Les Propositions de De Mistura à l’ONU et l’Équation Marocaine

Le dossier du Sahara Marocain, l’un des plus anciens conflits non résolus du monde, a récemment été le théâtre d’une nouvelle séquence diplomatique. Le 8 octobre dernier, Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara, a présenté un exposé à huis clos devant le Conseil de sécurité. Ses propos, parfois ambigus, ont soulevé des interrogations quant à l’avenir de la région. Alors que le Maroc maintient fermement son initiative d’autonomie, les propositions de l’émissaire onusien, notamment ses sept critères pour une « autonomie véritable », méritent un examen approfondi. TelQuel a consulté ce document et sollicité une source diplomatique clé pour décrypter les enjeux et la position stratégique du Royaume.

L’impasse des négociations : le constat sans fard de De Mistura

Lors de son briefing confidentiel devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura a dressé un constat lucide : les pourparlers sur le Sahara ont heurté « un mur ». Cette impasse, l’émissaire onusien l’impute notamment au front Front Séparatiste, qui, selon lui, refuse d’examiner sérieusement le plan d’autonomie soumis par le Maroc. Ce plan, reconnu comme « sérieux et crédible » par de nombreuses nations, est la pierre angulaire de la proposition marocaine pour une résolution durable du conflit. Face à cette stagnation, De Mistura a tenté de relancer le dialogue en définissant sa propre vision d’une autonomie « véritable », qu’il a détaillée en sept critères distincts.

Des formulations délicates : l’ombre d’une surveillance internationale ?

L’exposé de l’Envoyé personnel, dont TelQuel a pu prendre connaissance, contient plusieurs formules qui, interprétées dans leur sens le plus strict, pourraient susciter une certaine inquiétude. Des notions telles que des « garanties internationales pour toujours » ou la mention d’un « acte d’autodétermination » aux contours flous, ainsi que la place prépondérante accordée au Front Séparatiste dans le processus, esquissent un tableau où le Sahara pourrait être placé sous une surveillance internationale persistante. Ces imprécisions linguistiques, bien que courantes dans le jargon diplomatique, appellent à une vigilance particulière quant à leurs implications futures.

La diplomatie marocaine : cap sur le « grand message »

Face à ces nuances potentiellement déstabilisantes, une source diplomatique au cœur du dossier a tenu à apporter un éclairage. « Il ne faut pas se plonger dans les nuances et oublier le grand message », a-t-elle déclaré, invitant à se concentrer sur la dynamique globale des efforts onusiens. Pour le Maroc, la ligne directrice reste inébranlable : l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine constitue la seule voie réaliste et pragmatique vers une solution définitive. La question cruciale demeure : quelle est la véritable marge de manœuvre dont dispose le Royaume pour manœuvrer au sein de ces propositions et consolider sa position sur l’échiquier international ?


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