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Le PAM Dévoile sa Stratégie Économique : Fouzi Lekjaa Engage la CGEM sur la Voie de la Croissance et de la Formalisation

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Le PAM Dévoile sa Stratégie Économique : Fouzi Lekjaa Engage la CGEM sur la Voie de la Croissance et de la Formalisation

Fouzi Lekjaa, membre éminent du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a récemment pris la parole devant un auditoire attentif de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM). Pendant près de trois heures, il a exposé avec une franchise remarquable les grandes lignes du programme économique de son parti, engageant un dialogue constructif sur les défis majeurs qui freinent l’investissement, l’emploi, la formation et la compétitivité au Maroc. Une promesse centrale a résonné : aucune augmentation de la pression fiscale ne sera appliquée aux entreprises en cas de victoire du PAM, un engagement fort couplé à un appel pressant pour une formalisation généralisée de l’économie.

Un Diagnostic Lucide des Dysfonctionnements Nationaux

Face aux représentants du patronat, Fouzi Lekjaa n’a pas éludé les réalités complexes du paysage économique marocain. Il a reconnu que, malgré des avancées indéniables, des « dysfonctionnements qu’il faut corriger » persistent, identifiant plusieurs secteurs où le Royaume doit impérativement franchir un nouveau cap.

Le Défi Crucial de la Jeunesse et de la Formation

La jeunesse marocaine représente, selon Lekjaa, un défi majeur. Sans accuser, il a mis en lumière les chiffres éloquents du chômage et a pointé du doigt les lacunes de la formation professionnelle. Il a jugé « inadmissible que peu d’entreprises profitent de la formation professionnelle », soulignant l’urgence d’un rapprochement plus étroit entre les besoins du marché du travail et les compétences offertes pour stimuler l’emploi.

Santé

et Gouvernance de l’Investissement : Des Secteurs à Revitaliser

Le système de santé, bien que bénéficiant d’efforts constants, est confronté à de « gros problèmes », en particulier au sein du pôle public. Lekjaa a insisté sur la nécessité pour le secteur public d’« améliorer son attractivité ». En matière d’investissement, le diagnostic s’est concentré sur la gouvernance. Les réformes institutionnelles, selon lui, ont parfois complexifié les processus en multipliant les structures régionales sans leur octroyer un véritable pouvoir décisionnel. La vision du PAM est claire : « On veut que la décision soit régionale », mais surtout qu’elle soit « efficace ».

L’Entreprise au Cœur de la Stratégie de Création de Richesse

Pour Fouzi Lekjaa, le secteur privé est le pilier central de la nouvelle dynamique économique envisagée. Le slogan martelé devant le patronat est sans ambiguïté : « L’entreprise est un partenaire essentiel pour réussir nos objectifs ». Il a affirmé avec conviction que « le secteur privé, c’est la locomotive de la création des richesses », insistant sur la nécessité d’élever le niveau de l’emploi en s’appuyant davantage sur les entreprises.

Accompagnement des TPME et Simplification du Foncier

Cette approche inclut un soutien accru aux très petites et moyennes entreprises (TPME), jugé indispensable pour les aider à « franchir un palier ». Un autre chantier évoqué est celui du foncier, que Lekjaa souhaite voir « géré par un seul opérateur » afin de simplifier et d’optimiser l’accès au foncier économique, un facteur clé pour l’investissement et le développement.

Une Politique Fiscale Innovante : Doubler les Recettes sans Alourdir la Charge

Le message fiscal du PAM aux entreprises a été d’une clarté limpide. Le parti s’engage à maintenir une politique fiscale stable, garantissant qu’« aucune hausse de la pression fiscale sur l’entreprise ne devra être faite ». Paradoxalement, le PAM ambitionne de doubler les recettes fiscales. Pour y parvenir, la stratégie repose sur l’élargissement de l’assiette fiscale et la formalisation de l’économie, plutôt que sur une augmentation des impôts pour les acteurs déjà intégrés dans le circuit formel.

La Formalisation de l’Économie : Un Projet Ambitieux et Collaboratif

« On est déterminés à formaliser notre économie », a déclaré Lekjaa, précisant que ce chantier majeur devrait débuter en 2027 et serait mené en étroite collaboration avec la CGEM. L’objectif n’est pas de générer de nouveaux « produits fiscaux », mais de créer un cadre de travail « clair et transparent » pour tous. Le programme du PAM prévoit un investissement colossal de 350 milliards de dirhams sur cinq ans, une vision destinée à permettre au Maroc de franchir un nouveau palier de développement d’ici 2030.

CGEM et PAM : Une Convergence Stratégique

Du côté de la CGEM, le discours de Fouzi Lekjaa a trouvé un écho favorable. Mehdi Tazi, président de la CGEM, a exprimé une convergence notable, estimant que « 90% des points dont nous avons parlé ce matin se retrouvent dans votre discours de présentation ». Il a insisté sur la sincérité de cette observation, au-delà de toute complaisance.

Les Précisions du Patronat : Freins, Valeur Ajoutée et Fiscalité

Le représentant du patronat a toutefois souhaité enrichir cette vision avec des préoccupations spécifiques au monde de l’entreprise. Les décisions administratives qui freinent les investissements ont été identifiées comme un problème majeur, nécessitant des « solutions » rapides pour éviter les blocages prolongés. La CGEM a également souligné l’importance d’une « montée en gamme industrielle », arguant que l’attractivité du Maroc ne peut se limiter à une main-d’œuvre peu coûteuse, mais doit miser sur la valeur ajoutée. La question d’un différentiel de l’impôt sur les sociétés (IS) a été soulevée, potentiellement un frein à la croissance des entreprises.

Rationalisation des Structures : Une Idée Partagée

Enfin, Mehdi Tazi a salué l’intention du PAM de regrouper les multiples instances dédiées à la jeunesse au sein d’une structure unique, suggérant d’appliquer cette même logique de rationalisation aux divers dispositifs d’accompagnement des entreprises.

Conclusion : Vers un Nouveau Palier de Développement

Après près de trois heures d’échanges intenses, Fouzi Lekjaa a réaffirmé que le programme du PAM, tout en s’inscrivant dans une certaine continuité, intègre également des « situations de rupture avec un certain nombre de choses », marquant une volonté de transformation profonde pour l’avenir économique du Maroc.


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