Crise diplomatique en vue : Le Maroc menace de suspendre son accord d’extradition avec l’Espagne
Par Ghita Zine
Publié le 12/08/2026 à 20h55
Le torchon brûle entre Rabat et Madrid. Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a lancé un avertissement sans équivoque ce mercredi : le Maroc pourrait suspendre son accord d’extradition avec l’Espagne si cette dernière « ne souhaite pas respecter les procédures de remise ou de rapatriement ». Une déclaration choc qui révèle une tension croissante autour de la coopération judiciaire entre les deux royaumes.
Les entraves à la coopération judiciaire
Dans un entretien exclusif accordé à l’agence de presse espagnole EFE, M. Ouahbi a exprimé la profonde frustration de Rabat face aux « difficultés liées au transfert de personnes recherchées par les tribunaux marocains ». Le ministre déplore un manque flagrant de réactivité de la part de son homologue espagnol, soulignant un « déphasage » préoccupant dans le traitement sécuritaire de ces dossiers cruciaux.
Le cœur du problème réside dans des incidents jugés « incompréhensibles » par les autorités marocaines. Selon Abdellatif Ouahbi, lorsqu’une demande d’extradition est émise par le Maroc, le suspect est bien souvent interpellé et placé en détention en Espagne. Cependant, après vérification de son identité et fixation d’une date de transfert, l’opération tourne parfois au fiasco. « [Les Espagnols] nous disent que la personne s’est évadée », a-t-il révélé, une explication jugée inacceptable par Rabat, d’autant plus que le Maroc, de son côté, s’assure de l’aboutissement de toutes les requêtes d’extradition émanant de Madrid.
Un ultimatum clair et des conséquences potentielles
Face à ces défaillances répétées, le ministre marocain a exhorté l’Espagne à prendre ces procédures « au sérieux ». L’avertissement est ferme : le Maroc ne tolérera plus d’opérations d’extradition qui échouent. « Nous ne pouvons pas envoyer nos agents recueillir des personnes dont l’extradition est demandée, pour ensuite constater que celle-ci n’aura pas lieu, sous prétexte qu’elles ne se sont pas présentées à l’aéroport à l’heure de départ prévue », a martelé Abdellatif Ouahbi.
La menace de suspension de l’accord est donc bien réelle : « Si l’Espagne refuse de respecter les procédures de remise et de rapatriement, nous pouvons suspendre ces accords ». Cette déclaration intervient dans un contexte déjà tendu, où le ministre a également critiqué le retard des autorités espagnoles dans le rapatriement des mineurs marocains non accompagnés, récemment arrivés à Ceuta. Une situation qui ajoute une couche de complexité à des relations bilatérales déjà fragiles.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe









Laisser un commentaire