Image illustrant la vulnérabilité des mineures migrantes à Ceuta et l'appel urgent à leur protection par une ONG.
Société

Ceuta : L’alerte rouge d’une ONG marocaine face aux agressions sexuelles sur mineures

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Ceuta : Un Cri d’Alarme pour la Protection des Mineures en Détresse

La situation des jeunes filles mineures arrivées à Ceuta, suite aux récentes vagues de traversées, est alarmante. Confrontées à une précarité extrême et à un manque criant de structures d’accueil adéquates, certaines se retrouvent livrées à elles-mêmes, exposées à des dangers inacceptables. Face à des signalements d’agressions sexuelles, l’ONG marocaine «Touche pas à mon enfant» lance un appel vibrant aux autorités pour une action immédiate et résolue.

Des Témoignages Glaçants Révèlent une Vulnérabilité Accrue

Des médias espagnols ont récemment mis en lumière des faits bouleversants : au moins six mineures marocaines non accompagnées auraient été victimes d’agressions sexuelles dans l’enclave de Ceuta. Ces révélations ont poussé l’organisation «Touche pas à mon enfant» à sonner l’alarme, soulignant la vulnérabilité extrême de ces enfants et exigeant des mesures de protection urgentes, ainsi que l’ouverture d’enquêtes approfondies.

Najat Anwar, présidente de l’ONG, a partagé avec Yabiladi des récits poignants. «Un cas concerne une fille de 12 ans qui, selon les signalements, a déclaré que des hommes avaient tenté de l’entraîner de force alors qu’elle se trouvait dans la rue. D’autres filles ont décrit des tentatives d’agression aux abords des centres d’hébergement», a-t-elle précisé. Elle insiste sur la distinction cruciale entre la sursaturation des centres d’accueil et les agressions survenant en dehors de ces structures, affirmant que la présence de mineurs dans les rues est un facteur aggravant d’exposition à la violence et à l’exploitation.

Le Défi de l’Hébergement et les Lacunes de la Protection

Une Capacité d’Accueil Dépassée

Selon les données des autorités espagnoles citées par Najat Anwar, 1 342 mineurs ont été recensés dans le dispositif d’accueil après les afflux récents. Parmi eux, de nombreuses filles et de jeunes enfants, souvent arrivés sans accompagnement parental. La pression initiale sur les foyers d’hébergement a été colossale, leurs capacités étant rapidement dépassées. Cette situation a contraint certains enfants à dormir dans la rue ou à dépendre d’initiatives locales d’hébergement temporaire.

Bien que les autorités espagnoles aient depuis annoncé des renforts et l’accélération des procédures de répartition, cette phase initiale a révélé des «graves lacunes dans la capacité à protéger immédiatement tous les mineurs dès leur arrivée», déplore la présidente de l’ONG.

Des Risques Spécifiques pour les Filles Migrantes

Najat Anwar met en exergue la vulnérabilité particulière des filles, confrontées à des risques accrus de harcèlement, d’agression sexuelle et de manipulation. Elle rappelle que même des organisations internationales comme Save the Children ont alerté sur l’augmentation des violences sexuelles ciblant cette population. Bien que l’ONG ne puisse confirmer l’existence de réseaux de traite de mineurs avec des preuves documentées, elle alerte sur le fait qu’«un enfant seul dans la rue, sans ressources ni adulte de confiance, devient une proie facile pour tout individu ou réseau criminel cherchant à exploiter sa vulnérabilité».

Appels à l’Action : Au-delà de l’Hébergement

«Touche pas à mon enfant» ne se contente pas de dénoncer, elle propose des solutions concrètes. L’ONG demande que chaque mineur, en particulier ceux ayant subi ou étant soupçonnés d’avoir subi des violences, bénéficie sans délai d’un examen médical et d’une évaluation psychologique. Un accompagnement social et juridique spécialisé est jugé indispensable, allant bien au-delà des simples procédures d’enregistrement et d’hébergement.

L’organisation réclame également l’ouverture systématique d’enquêtes judiciaires pour chaque signalement d’agression sexuelle, assurant la protection des victimes et des témoins, et garantissant la poursuite des responsables.

Responsabilités Partagées et Intérêt Supérieur de l’Enfant

Najat Anwar souligne la responsabilité des autorités espagnoles d’assurer la protection immédiate de ces mineurs sur leur territoire, en les intégrant pleinement au système de protection de l’enfance et en garantissant leurs droits fondamentaux. Parallèlement, elle interpelle les autorités marocaines sur leur devoir de coopération pour l’identification des enfants, le contact avec leurs familles, et l’évaluation rigoureuse de tout retour éventuel.

«L’intérêt supérieur de l’enfant doit être la référence première dans le traitement de la situation des mineurs, indépendamment de leur statut administratif ou des considérations liées à la migration», affirme-t-elle avec force, rejetant catégoriquement les retours automatiques ou collectifs sans évaluation individuelle approfondie.

Enfin, un message d’espoir et d’action est adressé aux familles : ne vous limitez pas aux réseaux sociaux. Déposez des signalements officiels, fournissez toutes les informations et photographies utiles aux autorités compétentes. Chaque geste compte pour retrouver et protéger ces enfants.


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