FIFA : Tempête sur le football mondial – Infantino en réunion de crise au Maroc
Rabat, Maroc
– Le président de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), Gianni Infantino, a été contraint de s’expliquer. Assailli de critiques après le projet avorté d’ouverture de l’instance mondiale aux investisseurs privés, il a tenu ce mercredi au Maroc une réunion de crise avec les plus hauts responsables de l’organisation. Un conclave discret, loin des projecteurs, qui témoigne de la tension palpable au sein de l’institution reine du ballon rond.
Un sommet sous haute discrétion à Salé
Le lieu choisi pour cette rencontre stratégique n’est pas anodin : le siège pour l’Afrique de la FIFA, niché au cœur du prestigieux complexe Mohammed VI de Salé, à proximité de Rabat. L’accès, strictement interdit à la presse, a souligné la volonté de confidentialité entourant les discussions. Des journalistes de l’AFP, postés aux abords de l’une des entrées du complexe, ont néanmoins pu constater l’arrivée de plusieurs véhicules en fin de matinée, laissant deviner l’ampleur des personnalités présentes. En début de soirée, une source proche du dossier, sous couvert d’anonymat, a confirmé la fin de la réunion, tandis que deux voitures aux vitres teintées, suivies d’un véhicule de police, quittaient les lieux peu avant 18h30 heure locale (17h30 GMT).
Le projet FFE : une ambition avortée et une levée de boucliers
À la barre de la FIFA depuis une décennie, Gianni Infantino a souvent été l’artisan de projets audacieux, parfois jugés clivants. La semaine dernière, il a de nouveau défrayé la chronique en annonçant son intention de créer une entité externe, la « Fifa Forward Enterprise » (FFE). L’objectif : confier la gestion des activités commerciales de l’instance, y compris celles des lucratives Coupes du monde, à cette nouvelle société, avec l’intégration d’investisseurs privés. Une initiative révélée par la presse avant même sa présentation officielle, et qui a provoqué une véritable onde de choc dans le monde du football. Face à une opposition farouche, notamment de la part de la confédération européenne (UEFA) et de nombreux autres acteurs, le projet a été prestement retiré dans la nuit de vendredi à samedi, évitant ainsi un bras de fer institutionnel.
La fronde interne : des cadres de la FIFA prennent leurs distances
Le revers subi par le président Infantino a laissé des traces profondes. Plusieurs cadres influents de la FIFA ont choisi de marquer leur désaccord, prenant publiquement leurs distances. Parmi eux, Arsène Wenger, figure respectée du football mondial et actuel directeur du développement du football au sein de l’instance, ainsi que Mattias Grafström, le secrétaire général de la FIFA. Dans une lettre interne adressée aux salariés de l’organisation, et consultée par l’AFP, M. Grafström a déploré « une série d’événements tristes et condamnables », se félicitant néanmoins de l’« abandon permanent » du projet. Plus tôt, Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, avait déjà signifié sa démission vendredi, affirmant s’opposer « catégoriquement » à cette vision d’ouverture au capital privé. Ces prises de position et départs en cascade soulignent une crise de confiance majeure, qui met en lumière les défis de gouvernance auxquels la FIFA est confrontée sous la direction de Gianni Infantino.
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