Omar Sellami : L’Héritage Pugilistique de Montbéliard au Cœur de la Boxe Franco-Marocaine
Même après avoir quitté les projecteurs du ring, Omar Sellami, le boxeur franco-marocain, n’a jamais véritablement rangé ses gants. Fort d’une carrière professionnelle jalonnée d’exploits nationaux et internationaux, il se consacre aujourd’hui à l’éclosion de nouveaux talents en muay-thaï et en K1, depuis sa ville natale de Montbéliard. Initiateur passionné de la première édition d’Empire Fight Morocco, il s’est donné pour mission de tisser des liens solides et de transmettre son précieux savoir-faire entre ses deux patries.
Un Pont entre Deux Rives : L’Empire Fight Morocco
L’un des objectifs majeurs d’Omar Sellami est désormais de contribuer activement à l’essor qualitatif de la boxe professionnelle au Maroc. Pour concrétiser cette ambition, il a orchestré la première édition d’Empire Fight Morocco, un événement d’envergure qui se tiendra le 25 juillet 2026 à la Salle Couverte Al Bachir de Mohammedia. Son dessein est clair : créer des passerelles solides avec la France, favorisant ainsi les rencontres et les échanges entre combattants venus d’horizons divers. L’objectif est de leur offrir une plateforme où ils pourront se mesurer, affiner leurs techniques et exceller dans les conditions exigeantes d’un tournoi de calibre mondial.
Cette édition inaugurale promet un spectacle riche avec 20 combats au programme, incluant 5 affrontements amateurs, 6 semi-professionnels et 10 duels professionnels. Pas moins de 40 sportifs, représentant des nations comme l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la France et le Maroc, sont attendus. L’événement se veut résolument inclusif, accueillant diverses catégories de muay-thaï et de K1, tant pour les hommes que pour les femmes, et ce, à tous les âges.
«Quatre combats féminins sont au programme. Dans tous mes événements, en Europe ou ailleurs, j’ai toujours tenu à la participation des femmes car je pense qu’elles ont toute leur place dans la boxe. Les mettre sur le ring est une bonne façon de montrer que ce sport est inclusif, qu’il leur laisse une chance de s’exprimer et de faire partie de l’aventure», a confié Omar Sellami à Yabiladi. Pour marquer cette occasion spéciale, l’organisateur lui-même remontera sur le ring, offrant un exemple inspirant à la jeune garde qu’il encadre avec dévouement.
Au-delà du Knock-out : Transmettre les Valeurs Fondamentales
L’ancien champion du monde de K1 et boxeur émérite, Omar Sellami, place l’inclusion au cœur de sa démarche, même loin des feux de la rampe. En France, son club, l’Empire Fight Gym, compte fièrement 30% d’adhérentes, pour qui la boxe est bien plus qu’un simple passe-temps. «Elles viennent s’entraîner avec des ambitions d’évolution professionnelle, comme en témoigne l’une d’elles qui a été championne de France. Elles sont très motivées», a-t-il souligné.
Incarnant l’esprit d’une discipline à la fois artistique et sportive, riche en valeurs de respect et de transmission, Omar Sellami aspire à faire de la boxe un espace de haute performance et de partage. Après avoir enchaîné plusieurs emplois pour subvenir à ses besoins, il a forgé sa propre voie, menant une carrière de boxeur de 15 ans, marquée par 87 combats, 69 victoires et 18 défaites, ainsi que de multiples titres. Il a notamment remporté la Coupe de France en 2007, le titre de champion de France espoir en 2013, et celui de champion de France élite en 2016. Sur la scène internationale, il s’est illustré en devenant champion d’Europe WBC en 2017 et champion du monde ISKA K1 en 2021. Aujourd’hui, il met à profit cette riche expérience pour guider et inspirer les futurs champions.
«La boxe n’est pas la discipline sportive la plus simple, physiquement, mentalement et même financièrement», explique Omar Sellami. Il inculque cette réalité à ses adhérents, les préparant à la résilience, à la culture de la réussite, mais aussi à l’acceptation des revers, y voyant une source de force pour mieux rebondir. Pour lui, «ce sont surtout les difficultés qui forgent un boxeur».
Il partage une anecdote personnelle poignante : «J’en ai eu moi-même, ayant été très mince, en début de carrière. J’ai subi beaucoup de moqueries des autres jeunes et le fait de gagner des combats en mettant KO mes adversaires m’a redonné confiance en moi. Un élément marquant dans ma carrière a aussi été le décès de l’une de mes sœurs, paix à son âme. Elle était avec moi au bord du ring, le jour d’un combat, puis elle est décédée quelques instants plus tard. Sa voix résonnait dans ma tête. Ce sont ces choses-là qui façonnent le mental d’un combattant.»
Des Mentors Inspirants aux Champions de Demain
La trajectoire d’Omar Sellami a également été profondément marquée par des rencontres décisives et des moments inoubliables avec ses entraîneurs, qui sont devenus de véritables mentors. «J’ai commencé mon parcours avec Farid Limane, à Sochaux. Il m’a accompagné lors de mes débuts en amateur et semi-professionnel. Avec lui, j’ai été invaincu et je n’ai eu qu’une seule défaite. C’est même avec lui que j’ai décroché un titre de champion de France», se remémore-t-il avec gratitude. Un parcours qui a débuté par le football à l’âge de 6 ans à Bethoncourt, où il a grandi, puis par le tennis jusqu’à ses 17 ans, avant de trouver sa véritable vocation dans la boxe.
Par la suite, installé à Nancy, Omar Sellami a intégré l’équipe de Gabriel Hennion, sous la houlette duquel il a conquis son titre européen WBC et celui de vice-champion de France à la FNP. Gabriel Hennion est d’ailleurs invité à cette première édition d’Empire Fight Morocco, accompagné de l’un de ses élèves. C’est aux côtés de Mounir Settoul qu’Omar a atteint l’apogée de sa carrière, remportant le championnat mondial de K1.
Tout au long de son parcours dans diverses disciplines, Omar Sellami a puisé son inspiration mentale auprès d’idoles sportives marocaines. «Avec Hicham Arazi au tennis, l’une des figures qui m’a influencé a été Hicham El Guerrouj en athlétisme, mais aussi Youssef Hadji dans le football, surtout lorsque l’équipe du Maroc a joué contre le Brésil au Mondial de 1998», se souvient le boxeur, qui reste également fasciné par les figures cinématographiques des films d’arts martiaux des années 1990.
Rattrapé par les responsabilités familiales après ses sacres, Omar Sellami a pris la décision de tourner la page du ring en tant que combattant, afin de mieux concilier sa vie professionnelle et sa vie de famille. «Après 15 ans de carrière dans un sport très physique, les blessures laissent leurs traces et on atteint aussi une phase de nouvelle évolution de carrière», explique le boxeur, qui a fondé son propre club en 2022. Depuis, Omar Sellami se dévoue entièrement à sa salle et à ses combattants.
«Deux parmi eux sont professionnels, dont un champion d’Europe IFNT Muay Thaï, Oumar Dialo, et Dehan Bensedira, champion d’Europe WMC, champion de France et champion intercontinental», déclare-t-il avec une fierté palpable. En outre, Omar Sellami s’est associé à Ayoub El Khaidar et Hakim Ait Hma, deux autres professionnels marocains, pour lancer des événements au Maroc. Avec le soutien précieux de la Fédération royale marocaine de kickboxing, muay thaï, savate et sports assimilés, son objectif est de contribuer activement au développement des disciplines de combat dans le pays, qu’il considère comme riche «d’un très grand potentiel».
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