Illustration symbolisant la réforme de l'Ordre National des Médecins du Maroc, avec des éléments représentant la médecine, la justice et la gouvernance.
Santé

L’Ordre National des Médecins du Maroc : Une Réforme Majeure pour l’Avenir de la Santé

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L’Ordre National des Médecins du Maroc : Un Renouveau Indispensable

L’adoption unanime du projet de loi n° 045.26, modifiant et complétant la loi n° 08.12 relative à l’Ordre national des médecins, marque un tournant décisif pour le système de santé marocain. Ce consensus parlementaire, observé lors de la séance plénière du lundi 6 juillet 2026 à Rabat, témoigne d’une volonté collective d’adapter les instances représentatives des médecins aux défis contemporains et aux ambitions royales pour le secteur. Il s’agit d’une étape cruciale pour renforcer la gouvernance des professions de santé et garantir des services de qualité supérieure à l’ensemble des citoyens.

Un Pilier Consultatif aux Prérogatives Renforcées

Historiquement, l’Ordre national des médecins a toujours joué un rôle consultatif essentiel, sollicité par les pouvoirs publics pour éclairer les décisions en matière de santé publique, de démographie médicale, de sécurité des praticiens ou de continuité des soins. Avec cette réforme, portée par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, cette mission prend une dimension nouvelle. L’avis de l’Ordre sur les projets et propositions de loi relatifs à la profession médicale devient désormais obligatoire, conférant à ses prérogatives un caractère contraignant. Ce « saut qualitatif » s’inscrit pleinement dans les Orientations Royales visant la réforme du système de santé national, notamment la généralisation de la protection sociale et le renforcement de la gouvernance. Il assure également une cohérence avec la récente mise en place des groupements sanitaires territoriaux, modernisant ainsi le cadre juridique de l’Ordre.

Vers une Gouvernance Élargie et Inclusive

Le Conseil National : Une Représentativité Accrue

Afin d’assurer une gouvernance plus représentative et diversifiée, le nouveau texte prévoit une restructuration significative du Conseil national. Sa composition passe de 27 à 40 membres, intégrant de nouvelles voix et perspectives. Six sièges sont désormais réservés exclusivement aux femmes médecins, reconnaissant leur rôle croissant et indispensable. Une place de choix est également accordée aux enseignants-chercheurs, aux médecins des Forces Armées Royales, et aux médecins marocains exerçant à l’étranger, enrichissant ainsi l’expertise et la vision de l’instance.

Les Conseils Régionaux : Ancrage Territorial et Équité

La réforme s’étend également aux conseils régionaux, qui devront s’aligner sur le découpage administratif du Royaume. Chaque conseil comptera un minimum de huit membres, garantissant une représentativité plus équilibrée et un accompagnement optimisé des enjeux spécifiques à la pratique médicale dans chaque région. Cette approche territoriale vise à mieux répondre aux besoins locaux et à renforcer la proximité de l’Ordre avec l’ensemble des professionnels de santé.

Au Cœur de la Régulation et de l’Éthique Médicale

Les médecins se sont montrés satisfaits de cette démarche collaborative, soulignant que le ministère de la Santé a su intégrer leurs propositions. Ils perçoivent cette réforme non pas comme un simple ajustement, mais comme une transformation profonde accompagnant les évolutions majeures du secteur de la santé. Une fois le texte publié au Bulletin officiel, l’Ordre aura la charge d’organiser les élections conformément à cette nouvelle législation.

La mission fondamentale de l’Ordre des médecins reste la régulation de la profession et la sanction des manquements déontologiques. En ce sens, il collabore étroitement avec les praticiens, leur offrant orientations éthiques, conseils juridiques et assistance administrative tout au long de leur carrière. Mais l’Ordre se positionne également comme un garant des intérêts des patients, veillant à la qualité et à l’accessibilité des soins, et défendant leurs droits via des instances disciplinaires dédiées. Cette réforme ambitionne de mettre un terme aux bavures et de sanctionner avec rigueur les erreurs médicales, réaffirmant ainsi la primauté du serment d’Hippocrate.

Le texte voté instaure une législation « pour l’avantage de tous », où le médecin est soumis aux mêmes lois que tout citoyen. Face à la justice, il incombera au praticien et à l’Ordre de démontrer la nécessité et la proportionnalité de l’acte médical en question, renforçant la transparence et la responsabilité au sein de la profession.


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