Apollo s’envole avec EasyJet : Le géant américain remporte la bataille pour la compagnie britannique
Dans un coup de théâtre qui redessine le paysage de l’aviation européenne, le fonds d’investissement américain Apollo Global Management a officialisé jeudi le rachat de la compagnie aérienne britannique EasyJet. Au terme de deux mois d’intenses négociations et d’une féroce bataille d’enchères, Apollo s’empare du transporteur low-cost pour la somme colossale de 5,7 milliards de livres sterling, soit environ 6,7 milliards d’euros.
Une acquisition stratégique malgré les turbulences
L’intérêt d’Apollo pour EasyJet n’est pas nouveau. Le fonds a suivi la compagnie « depuis de nombreuses années », la considérant comme « l’une des entreprises les plus attractives du secteur aérien mondial ». Les atouts majeurs qui ont séduit le géant américain sont clairs : une « marque de premier plan », un « réseau étendu » et des « positions solides sur des marchés attractifs ». Ces éléments stratégiques, notamment les précieux créneaux aéroportuaires d’EasyJet, ainsi que la force de sa marque et ses perspectives de croissance, ont aiguisé les appétits des repreneurs potentiels.
Les défis du secteur low-cost : kérosène et tensions géopolitiques
Cette acquisition intervient toutefois dans un contexte particulièrement délicat pour le secteur aérien, et plus spécifiquement pour les compagnies à bas coûts. La flambée des prix du kérosène, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, a lourdement pesé sur les marges. EasyJet, deuxième compagnie low-cost d’Europe derrière Ryanair, en a fait les frais, voyant ses bénéfices avant impôts chuter de 70% à 85 millions de livres (près de 100 millions d’euros) au troisième trimestre décalé, clos fin juin. Cette situation avait d’ailleurs conduit EasyJet à critiquer le « caractère très opportuniste du calendrier » des premières offres de rachat, estimant que le cours de son action était « temporairement déprimé ».
Les concurrents ne sont pas épargnés : Ryanair a enregistré un recul de 34% de son bénéfice net au premier trimestre décalé, et la hongroise Wizzair a même basculé dans le rouge. Malgré ces vents contraires, Apollo parie sur le potentiel de rebond d’EasyJet, notamment grâce à la vitalité de son offre de séjours EasyJet Holidays, en forte croissance.
Un montage financier complexe pour respecter les règles européennes
L’opération, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2027 après les autorisations réglementaires et l’approbation des actionnaires, prévoit que le siège d’EasyJet reste au Royaume-Uni. Un point crucial pour la conformité réglementaire.
Le rôle du fondateur et la structure post-acquisition
Pour se conformer aux règles britanniques et européennes exigeant qu’une compagnie aérienne reste majoritairement détenue et contrôlée par des intérêts britanniques ou européens, Apollo ne détiendra qu’un maximum de 49,9% du capital. Un trust européen détiendra jusqu’à 5% des parts. Le fondateur d’EasyJet, l’entrepreneur chypriote grec Stelios Haji-Ioannou, et sa famille, qui conservent 15,3% du capital, ont accepté de convertir leurs actions en parts de la future société holding, assurant ainsi une continuité européenne au sein de la nouvelle structure.
L’annonce a été favorablement accueillie par les marchés. Après une légère baisse en début de journée, le titre EasyJet a clôturé en forte hausse de 2,79% à 670 pence à la Bourse de Londres, signe de la confiance des investisseurs dans cette nouvelle ère pour la compagnie orange.
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