Trafic transfrontalier de déchets textiles : 1 800 tonnes du Maroc vers l’Espagne, un procès s’ouvre
Algésiras, Espagne – 30 mai 2026
– Un dossier retentissant de trafic de déchets textiles, impliquant le Maroc et l’Espagne, est désormais entre les mains de la justice espagnole. Deux individus et deux entreprises sont appelés à comparaître devant les tribunaux pour l’importation illégale de près de 1 800 tonnes de textiles usagés et de chutes de tissus, acheminées depuis le royaume chérifien vers la région du Campo de Gibraltar, via le port stratégique d’Algésiras.
Un réseau d’importation sans scrupules
Selon l’acte d’accusation émis par le parquet d’Algésiras, le principal prévenu, identifié comme l’administrateur unique de l’une des sociétés incriminées, aurait orchestré pas moins de 44 expéditions frauduleuses. Entre la fin de l’année 2022 et la mi-2023, ce sont ainsi 911,8 tonnes de déchets qui auraient transité illégalement. Son directeur adjoint serait également impliqué dans ces opérations. L’enquête révèle par ailleurs l’utilisation d’une seconde entité, également sous la direction du mis en cause principal, pour organiser 41 autres livraisons, totalisant un volume impressionnant de 889,6 tonnes.
Au total, ce sont 85 cargaisons, représentant 1 801,4 tonnes de matériaux textiles, qui ont été introduites sur le territoire espagnol et stockées dans des conditions manifestement illégales.
Violations flagrantes des normes environnementales
Les investigations ont mis en lumière des manquements graves aux réglementations en vigueur. Les déchets étaient entreposés dans deux hangars industriels situés à San Roque, des installations qui ne respectaient aucune des exigences légales en matière de stockage de matériaux de ce type. Plus grave encore, les deux sociétés impliquées n’étaient pas enregistrées auprès du système d’information sur les déchets d’Andalousie et ne possédaient aucune des autorisations administratives et environnementales indispensables pour de telles activités.
Le parquet souligne que ces importations constituent une violation directe des règles européennes régissant les transferts transfrontaliers de déchets, une législation stricte visant à prévenir le dumping environnemental et à garantir une gestion responsable des ressources.
Des peines exemplaires requises
Face à la gravité des faits, le ministère public a requis des sanctions significatives. Pour chacun des deux prévenus, une peine d’un an et demi de prison ferme est demandée, assortie d’une interdiction d’exercer toute activité liée à la gestion des déchets pour la même durée. Les entreprises complices ne sont pas épargnées : le parquet réclame des amendes substantielles et une interdiction d’opérer dans le secteur des déchets pendant deux ans.
L’affaire avait débuté par la découverte fortuite de ces importantes quantités de déchets dans un entrepôt non autorisé à San Roque, avant d’être transférée aux juridictions pénales d’Algésiras pour un examen approfondi. Ce procès marque une étape importante dans la lutte contre le trafic international de déchets, rappelant l’impératif de vigilance et de respect des normes environnementales à l’échelle transfrontalière.
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