Le Maroc trace ses « Autoroutes de l’Eau » : Une Stratégie Hydraulique Révolutionnaire
Le Royaume du Maroc, confronté aux défis croissants du changement climatique et à une demande en eau toujours plus forte, a engagé une transformation profonde de sa politique hydrique. Loin d’une simple gestion de crise, le pays déploie désormais une vision structurelle ambitieuse, matérialisée par des « autoroutes de l’eau » et une diversification audacieuse de ses ressources. Cette approche novatrice vise à garantir la sécurité hydrique nationale et à bâtir une résilience durable face aux aléas climatiques.
Les Interconnexions Hydrauliques : Artères Vitales du Royaume
Au cœur de cette stratégie se trouvent les projets d’interconnexion entre bassins fluviaux, véritables piliers de la solidarité territoriale.
Le Succès du Raccordement Sebou-Bouregreg
Le raccordement stratégique entre les bassins du Sebou et du Bouregreg en est une illustration éclatante. Grâce à cette prouesse d’ingénierie, près d’un milliard de mètres cubes d’eau ont déjà été transférés, évitant ainsi des pénuries critiques dans la région de Casablanca et démontrant l’efficacité de cette solution.
Vers une Extension Ambitieuse : Bouregreg-Oum Er-Rbia
L’élan ne faiblit pas. Fin 2026, le Maroc franchira une nouvelle étape avec le lancement du projet de liaison entre les bassins du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia. Cette future « autoroute de l’eau », d’une capacité annuelle pouvant atteindre 800 millions de mètres cubes, promet de renforcer davantage la redistribution de la ressource à l’échelle nationale, réduisant les disparités et assurant un accès équitable pour tous les territoires.
Une Année Hydrologique Riche en Contrastes et en Enseignements
Si l’année hydrologique 2024-2025 fut marquée par un déficit pluviométrique de 18,5% et une baisse de 61% des apports aux barrages, la saison 2025-2026 a offert un répit inattendu.
Le Retour des Pluies et la Gestion des Excédents
Des épisodes pluvio-neigeux d’une intensité rare ont permis une remontée spectaculaire du taux national de remplissage des barrages, atteignant environ 75% début mars 2026. Cette manne hydrique sécurise l’approvisionnement en eau potable pour une à deux années dans certaines régions et revitalise les nappes souterraines, avec un horizon d’exploitation estimé entre trois et cinq ans. Cependant, cette abondance a également posé des défis, avec plus de trente barrages dépassant 80% de leur capacité et des opérations de déversement massives (plusieurs milliards de mètres cubes) pour prévenir tout risque de rupture ou de submersion incontrôlée. Ces crues ont aussi été l’occasion de procéder à des opérations de vidange des barrages, afin d’évacuer les sédiments et d’optimiser les capacités de stockage à moyen et long termes.
Diversification et Infrastructures : Le Pari sur l’Avenir
Au-delà des transferts, la stratégie marocaine s’appuie sur une vision globale d’augmentation et de sécurisation de l’offre.
Renforcement des Capacités de Stockage et Protection
Selon le ministère de tutelle, 14 barrages sont actuellement en cours de réalisation, portant la capacité nationale de stockage à 20,8 milliards de mètres cubes. Ces ouvrages sont complétés par de nombreux projets de protection contre les inondations, notamment à M’rirt, Aghbala, Ouled Mrah, Rommani, Maaziz, Tiddas, Benslimane et Mansouria, essentiels pour la sécurité des populations et des infrastructures.
L’Essor du Dessalement et la Valorisation des Eaux Usées
Le dessalement de l’eau de mer est un autre pilier majeur. Avec une production actuelle estimée à 350 millions de mètres cubes par an, le Royaume vise le milliard de mètres cubes à terme. La future station de Casablanca, dont la mise en service est prévue en février 2027, atteindra une capacité de traitement de 200 millions de mètres cubes, contre 100 millions actuellement. Parallèlement, le Maroc investit dans l’équipement et la réalisation de forages de reconnaissance pour actualiser les paramètres des nappes d’eau souterraine et mobiliser des ressources pour pallier les déficits conjoncturels en eau potable, notamment en milieu rural. Le pays poursuit également son engagement dans le programme de réutilisation des eaux usées traitées afin de réduire la pression sur les ressources en eau conventionnelles, notamment pour l’arrosage des espaces verts.
Cette synergie entre interconnexions hydrauliques, multiplication des infrastructures et montée en puissance du dessalement marque un tournant décisif. Le Maroc ne se contente plus de pallier les urgences, il construit méthodiquement sa résilience hydrique, transformant chaque goutte en un investissement pour un avenir plus sûr et plus durable face aux impératifs climatiques.
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