Le Maroc à l’Heure du Dialogue Social : Des Avancées Concrètes et des Chantiers Stratégiques
Rabat a été le théâtre, le 17 avril, d’une nouvelle session du dialogue social, marquant une étape significative dans la consolidation des relations entre le gouvernement, les partenaires sociaux et le patronat. Cette rencontre, inscrite dans le cadre de l’institutionnalisation de ce mécanisme essentiel et conformément à la charte nationale du dialogue social, a réuni les centrales syndicales les plus représentatives, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER), sous la présidence éclairée du Chef du gouvernement.
Un Bilan Social Ambitieux : Hausse des Revenus et Protection Renforcée
La session a offert l’opportunité de dresser un bilan détaillé des réalisations majeures issues du dialogue social. Le gouvernement a présenté des avancées tangibles, ayant directement contribué à l’amélioration des revenus, au renforcement du pouvoir d’achat des citoyens et à l’élargissement de la protection sociale à l’échelle nationale.
Le Secteur Public : Une Dynamique de Revalorisation Inédite
Le Chef du gouvernement a mis en lumière les fruits des différentes sessions tenues durant le mandat. Pour le secteur public, l’augmentation générale des salaires, fixée à 1.000 dirhams mensuels nets, a été déployée en deux tranches, bénéficiant aux fonctionnaires des administrations publiques, des collectivités territoriales et des établissements publics. À cette mesure s’ajoutent la revalorisation des allocations familiales, une amélioration notable du quota de promotion, et une hausse significative du salaire minimum. L’impact financier annuel de ces initiatives dépasse les 14,8 milliards de dirhams.
Le dialogue social sectoriel a également porté ses fruits, avec des mesures ciblées pour l’amélioration des revenus des fonctionnaires. Le secteur de l’Éducation nationale a bénéficié d’un investissement de plus de 18,47 milliards de dirhams, la Santé a vu une répercussion financière d’environ 4 milliards de dirhams, et l’Enseignement supérieur a enregistré un coût annuel de 2 milliards de dirhams.
Ces efforts concertés ont permis une progression remarquable du salaire moyen net dans le secteur public, passant de 8.237 dirhams en 2021 à 10.600 dirhams en 2025, soit une hausse globale de près de 29%. Le salaire minimum mensuel net a, quant à lui, bondi de 3.258 dirhams à 4.500 dirhams. Le coût financier global annuel de ces mesures, incluant la révision de l’impôt sur le revenu, atteindra près de 48,3 milliards de dirhams à fin 2026, avec une prévision de 49,7 milliards de dirhams en 2027.
Le Secteur Privé : Un Soutien au Pouvoir d’Achat
Dans le secteur privé, le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) pour les activités non agricoles a été rehaussé de 20%, portant le salaire mensuel net de 2.828,71 dirhams avant 2021 à 3.422,72 dirhams à partir du 1er janvier 2026. Le Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG) a également connu une augmentation de 25%, passant de 1.994,2 dirhams à 2.533,44 dirhams dès le 1er avril 2026.
Vers une Protection Sociale Renforcée et des Statuts Modernisés
En matière de protection sociale, une décision historique a été prise : l’abaissement du seuil d’accès à la pension de vieillesse de 3.240 à 1.320 jours de cotisation, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2023. Cette mesure permet à un plus grand nombre d’assurés de bénéficier de leurs droits. De plus, ceux ne remplissant pas cette condition, ou leurs ayants droit, pourront désormais récupérer la part de cotisation patronale en plus de la part salariale.
La révision du régime de l’impôt sur le revenu, dont le coût dépasse les 7,6 milliards de dirhams, a déjà engendré une amélioration des revenus de plus de 400 dirhams pour diverses catégories de contribuables. Les discussions se poursuivent avec les partenaires sociaux pour affiner ce chantier crucial.
Les Chantiers de Demain : Temps de Travail, Retraites et Formation
La session d’avril a également permis d’aborder des dossiers structurants pour l’avenir du monde du travail marocain. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accélérer les discussions sur les statuts particuliers de plusieurs corps professionnels, notamment les ingénieurs, les administrateurs et les techniciens, afin de répondre à leurs aspirations légitimes.
Une avancée notable concerne le secteur du gardiennage : il a été convenu d’amender la loi n° 65-99 relative au Code du travail pour réduire les heures de travail quotidiennes de 12 à 8 heures, une mesure dont l’entrée en vigueur est prévue en 2027.
La réforme des retraites reste une priorité. Les travaux de la Commission nationale se poursuivent activement, visant à élaborer une vision globale et à établir un diagnostic précis de la situation financière des différents régimes. Un débat essentiel sera également engagé autour des pensions de retraite inférieures au seuil minimal, pour garantir une vie digne à nos aînés.
Enfin, une nouvelle structure dédiée à la gestion de la formation professionnelle continue dans le secteur privé sera mise en place, soulignant l’importance de l’adaptation des compétences aux évolutions du marché du travail. Les départements gouvernementaux sont ainsi appelés à intensifier le dialogue sectoriel avec les partenaires sociaux et économiques, afin de concrétiser ces engagements et de trouver des solutions pérennes aux défis soulevés.
LE MATIN | 17 Avril 2026 À 19:58
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