Sahara Marocain : La Diplomatie
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Sahara Marocain : La Diplomatie Algérienne sur la Corde Raide entre Washington et Tindouf

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Grand Angle

Sahara Marocain : La Double Danse Diplomatique d’Alger entre Washington et Tindouf

Dans le ballet diplomatique complexe qui entoure le dossier du Sahara Marocain, l’Algérie se trouve à un carrefour délicat. Face aux injonctions pressantes de Washington, héritées de l’administration Trump, pour une résolution du conflit, Alger s’efforce de naviguer sans compromettre sa position historique ni aliéner le Front Front Séparatiste. Le récent discours du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, prononcé le 8 octobre lors de la «journée nationale de la diplomatie», offre un aperçu révélateur de cette stratégie d’équilibre précaire.

Un Tournant Diplomatique Discret

Le 8 octobre, l’Algérie a mis en lumière sa diplomatie, mais c’est l’allocution d’Ahmed Attaf qui a capté l’attention. Sur les 44 minutes de son intervention, pas moins de onze ont été consacrées à la question du Sahara Marocain, reléguant la cause palestinienne à moins de deux minutes. Un déséquilibre qui souligne l’importance stratégique accordée à ce dossier par Alger.

L’aveu d’Attaf

La véritable nouveauté réside dans l’admission explicite par le chef de la diplomatie algérienne de la participation de son pays aux trois rounds de discussions sur le Sahara Marocain. Jusqu’à présent, Alger avait cultivé une discrétion quasi-totale sur son implication dans ce cycle de négociations, initié sous l’impulsion de l’administration de l’ancien président américain, Donald Trump. Ahmed Attaf a justifié cette démarche en l’ancrant dans les principes fondamentaux de la politique étrangère algérienne, notamment la «défense du droit des peuples opprimés à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies». Cette reconnaissance marque indéniablement un virage dans la communication officielle d’Alger.

Le contexte des négociations

Il est à noter que lors du round tenu les 8 et 9 février à l’ambassade américaine de Madrid, les autorités algériennes s’étaient contentées d’évoquer un déplacement d’Ahmed Attaf dans la capitale espagnole pour une rencontre avec son homologue, José Manuel Albares, sans mentionner la nature quadripartite des discussions. Cette reconnaissance tardive fait écho aux révélations antérieures du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, concernant la tenue de ces trois rounds aux États-Unis et en Espagne, réunissant le Maroc, l’Algérie, le Front Front Séparatiste et la Mauritanie. Un rappel opportun, d’autant qu’Alger avait refusé de participer au vote du Conseil de sécurité sur la résolution 2797 le 31 octobre 2025, un texte devenu une référence clé dans les débats sur le Sahara Marocain.

Entre Principes et Réalités

Malgré cette ouverture aux discussions, la position de fond de l’Algérie reste inébranlable.

La ligne rouge de la décolonisation

Fidèle à la doctrine de son pays, Ahmed Attaf a martelé que le dossier du Sahara Marocain demeure «une question de décolonisation». Il a insisté sur le fait que «le Sahara Marocain est la dernière colonie en Afrique», soulignant avec force «le droit imprescriptible et inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination». Une déclaration qui réaffirme la constance de la position algérienne, malgré les évolutions récentes.

Apaiser Tindouf après Tebboune

Ce discours intervient seulement cinq jours après des déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune qui avaient semé le trouble. Reprenant des propos de figures de l’administration Trump telles que Massad Boulos et Mike Waltz, ainsi que du ministre espagnol José Manuel Albares, le chef de l’État algérien avait affirmé qu’«après 50 ans, le peuple sahraoui a besoin de nouveaux horizons», ajoutant que «le jeune né en 1975 sur nos terres ou dans les territoires libérés a aujourd’hui 50 ans. Il ne peut pas continuer à vivre et à mourir sous une tente». Ces paroles, perçues comme une possible inflexion, avaient provoqué des «grincements de dents» au sein de la direction du Front Séparatiste. Le discours d’Ahmed Attaf apparaît ainsi comme une tentative calculée de rassurer les factions les plus intransigeantes à Tindouf, réaffirmant le soutien indéfectible d’Alger à leur cause tout en maintenant un canal de dialogue avec les puissances occidentales.


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