Nobel de Chimie 2024 : Henri Kagan et Kenso Soai, maîtres de la catalyse asymétrique, récompensés
Le rideau est tombé sur le Prix Nobel de chimie 2024, et c’est une double consécration qui illumine le monde de la science. Le Français Henri Kagan et le Japonais Kenso Soai ont été distingués ce mercredi pour leurs recherches révolutionnaires en catalyse asymétrique, une avancée cruciale qui a profondément transformé la fabrication de produits pharmaceutiques.
L’Éclat d’une Découverte Fondamentale
Le comité Nobel a souligné l’impact colossal de leurs travaux, affirmant que leurs découvertes « ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques ». La catalyse asymétrique, domaine de prédilection des deux lauréats, est une technique permettant de produire des molécules chirales – des molécules qui existent sous deux formes, images l’une de l’autre comme nos mains, mais non superposables. Cette distinction est vitale en pharmacologie, où seule une forme de la molécule est souvent active, l’autre pouvant être inefficace, voire dangereuse.
Grâce à Kagan et Soai, la synthèse de ces composés complexes est devenue plus précise, plus efficace et plus respectueuse de l’environnement, ouvrant des horizons inédits pour le développement de médicaments ciblés et de matériaux innovants.
Des Pionniers Honorés
À 95 ans, Henri Kagan, figure emblématique de la chimie française et professeur à l’université Paris-Saclay, voit l’œuvre de sa vie couronnée. À ses côtés, Kenso Soai, 76 ans, professeur à l’université des sciences naturelles de Tokyo, partage cette reconnaissance mondiale. La réaction du lauréat français, joint par téléphone par la Fondation Nobel, fut à la hauteur de l’événement : « C’est le jour le plus incroyable de ma vie », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Le Nobel, Symbole d’Excellence et d’Innovation
Ce prix de chimie est la troisième distinction scientifique de la semaine, après la médecine et la physique, décernées respectivement lundi et mardi. L’année précédente, le Nobel de chimie avait récompensé des structures moléculaires inédites capables d’emprisonner des gaz. Cette année, les spéculations des experts avaient été nombreuses, allant de la thérapie génique aux hormones du sommeil, en passant par les travaux sur les monocouches auto-assemblées, mais c’est bien la catalyse qui s’est imposée.
Outre l’immense prestige, les lauréats recevront un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros. La saison des Prix Nobel se clôturera le 12 octobre avec l’annonce du lauréat du prix d’économie.
S.N. avec agences / Les Inspirations ÉCO
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