Le Haut-Commissariat au Plan (HCP), pilier de la statistique publique marocaine, se trouve à un tournant décisif de son histoire. L’adoption des lois 046.26 et 047.26, respectivement relatives au Système statistique national et au HCP lui-même, marque une refonte architecturale profonde de la production des données au Royaume. Si cette réforme est officiellement présentée comme un gage de cohérence et de professionnalisation, certaines de ses dispositions soulèvent de sérieuses questions quant à l’autonomie réelle de l’institution.
La refonte du paysage statistique marocain
Un nouveau cadre législatif pour la statistique publique
Avec l’entrée en vigueur des lois 046.26 et 047.26, le Maroc s’engage dans une modernisation de son appareil statistique. Au cœur de ce nouveau dispositif, un
Conseil national de l’information statistique est érigé en instance de référence, orchestrant l’ensemble du système. Cette centralisation vise à harmoniser les pratiques et à garantir la fiabilité des chiffres produits à l’échelle nationale.
Les ambitions affichées : cohérence et professionnalisation
La réforme ambitionne d’injecter une dose supplémentaire de rigueur et d’efficacité dans la collecte, le traitement et la diffusion des données. L’objectif est clair : fournir des statistiques plus précises et plus exploitables pour éclairer les décisions publiques et privées. Le Haut-Commissariat au Plan, acteur central de cette dynamique, se voit conférer la personnalité morale, ainsi qu’une indépendance administrative et financière. Ses missions sont redéfinies, et sa gouvernance, sous l’égide de M. Amine Belghazi, est profondément remaniée pour s’adapter à ce nouveau paradigme.
L’épineuse question de l’autonomie du HCP
Entre indépendance statutaire et subordination implicite
Cependant, l’analyse des nouvelles dispositions législatives révèle une tension paradoxale. Alors que le HCP se voit officiellement doté d’une « indépendance administrative et financière », plusieurs éléments de la réforme interrogent sa capacité à opérer en toute liberté. La soumission de l’institution à des mécanismes de contrôle ou de coordination renforcés par le nouveau Conseil national de l’information statistique pourrait, en pratique, diluer cette autonomie fraîchement acquise.
Les interrogations soulevées par la réforme
Le terme « assujettissement » utilisé par certains observateurs n’est pas anodin. Il pointe du doigt le risque que le HCP, malgré son nouveau statut, ne devienne un simple exécutant des orientations définies par le Conseil, potentiellement sous influence politique. La professionnalisation tant attendue ne doit pas se faire au détriment de la neutralité et de l’objectivité, qualités intrinsèques à toute institution statistique digne de ce nom. La suite de cette analyse approfondie, essentielle pour comprendre les véritables enjeux de cette réforme et les défis qui attendent le HCP, est exclusivement réservée à nos abonnés.
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