Illustration d'une main tenant une plante verte, symbolisant l'investissement durable et la finance verte au Maroc.
Actualité

Le Maroc à l’Avant-Garde : Une Taxonomie Verte pour des Investissements Durables et Transparents

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Le Maroc à l’Avant-Garde : Une Taxonomie Verte pour des Investissements Durables et Transparents

Le Royaume du Maroc s’apprête à franchir une étape décisive dans sa quête d’une économie plus verte et plus résiliente. Une initiative majeure est en cours : la mise en place d’un référentiel national destiné à clarifier et à orienter les investissements vers des projets véritablement durables. Ce projet ambitieux, connu sous le nom de taxonomie financière verte, vise à doter le pays d’un cadre robuste pour distinguer les initiatives écologiquement vertueuses, tout en endiguant le fléau du « greenwashing ».

Une Alliance Stratégique pour la Finance Durable

Cette démarche d’envergure est le fruit d’une collaboration inédite entre des acteurs institutionnels clés. Le ministère de l’Économie et des Finances, Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), ainsi que le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, unissent leurs forces pour concrétiser cette vision. Leur objectif commun est de fournir aux banques, aux investisseurs et aux entreprises une boussole fiable pour naviguer dans le paysage complexe de la finance verte.

Consultation Publique : La Voix des Parties Prenantes

Actuellement, le projet de taxonomie financière verte est soumis à une consultation publique élargie. Cette phase cruciale permet de recueillir les observations et les suggestions des institutions financières, des investisseurs, des entreprises, des acteurs publics et de toutes les parties prenantes concernées. Les discussions portent notamment sur la pertinence et la clarté des critères techniques, les conditions d’utilisation du référentiel et les modalités d’un déploiement progressif et efficace.

Élaboré avec l’expertise technique de la Banque mondiale et d’Expertise France, ce chantier s’inscrit pleinement dans la Stratégie de développement de la finance climat à l’horizon 2030. Il renforce également les engagements climatiques du Royaume, notamment sa Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et sa Stratégie nationale bas carbone à l’horizon 2050, affirmant ainsi la position du Maroc comme leader régional en matière de développement durable.

Un Langage Commun pour une Transition Écologique Authentique

Au cœur de cette taxonomie se trouve la volonté d’établir une classification nationale des activités économiques qui peuvent être légitimement considérées comme durables. Cette classification sera fondée sur des critères scientifiques et techniques rigoureux, offrant un langage commun et une méthodologie partagée à l’ensemble de l’écosystème financier.

Les Bénéfices Multiples d’un Cadre Clair

Ce référentiel est appelé à transformer la manière dont les investissements sont évalués et financés. Il facilitera l’identification des projets éligibles aux financements verts, augmentera la transparence du marché, et permettra une meilleure évaluation des risques climatiques. Surtout, il agira comme un rempart contre le « greenwashing », garantissant que les projets labellisés écologiques répondent à des standards précis et vérifiables.

La première phase de ce dispositif global se concentre sur les secteurs à fort impact climatique, tels que l’énergie, le transport et l’industrie. Les documents de consultation sont structurés autour de deux piliers fondamentaux :

  • L’atténuation du changement climatique : englobant les activités qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • L’adaptation au changement climatique : ciblant les investissements visant à renforcer la résilience des activités économiques, des infrastructures et des territoires face aux risques climatiques.

L’Adaptation : Une Stratégie Sur Mesure

Le pilier de l’adaptation se distingue par une approche nuancée. Contrairement à l’atténuation, où la réduction des émissions est souvent quantifiable de manière universelle, l’éligibilité des projets d’adaptation sera évaluée au cas par cas. Une dépense ne sera pas considérée comme verte simplement parce qu’elle améliore la résistance générale d’une activité.

Critères de Mesure et de Contexte

L’éligibilité d’un investissement en matière d’adaptation dépendra du contexte climatique spécifique auquel l’actif ou l’activité est exposé. Les porteurs de projets devront rigoureusement identifier les risques physiques pertinents, évaluer la vulnérabilité de leur investissement et, surtout, démontrer que la mesure proposée constitue une réponse adaptée et mesurable. Une évaluation documentée des risques climatiques physiques sera exigée, établissant un lien direct entre le risque identifié, la vulnérabilité de l’actif et la solution d’adaptation.

Ainsi, une technologie donnée pourrait être éligible dans une région spécifique mais pas dans une autre où le risque climatique diffère. Le référentiel illustre cela avec l’exemple des équipements économes en eau, dont la contribution à l’adaptation sera analysée au regard de leurs conditions d’utilisation spécifiques. De même, le revêtement et la réhabilitation des canaux d’irrigation ouverts, qui réduisent les pertes d’eau et renforcent la résilience agricole face au stress hydrique, sont cités comme des mesures d’adaptation pertinentes. Le principe est clair : toute amélioration physique ou opérationnelle qui rend un actif plus sûr, plus résilient ou plus fonctionnel face à l’évolution du climat pourra être reconnue, à condition de prouver son efficacité et de respecter les autres exigences environnementales du référentiel.

Un Levier Essentiel pour l’Accès aux Financements Verts

L’adoption de cette taxonomie verte représente un enjeu majeur pour les entreprises marocaines. Elle modifiera progressivement la manière de concevoir et de présenter les projets d’investissement. Il ne suffira plus d’une simple déclaration d’intention écologique ; les entreprises devront fournir des données tangibles, documenter les risques et démontrer la contribution effective de leurs investissements aux objectifs climatiques nationaux.

Pour les banques et les investisseurs, ce référentiel offrira une grille d’analyse commune, facilitant la structuration de produits financiers verts et le suivi de l’exposition de leurs portefeuilles aux risques climatiques. La taxonomie est donc appelée à devenir un outil stratégique pour l’allocation des capitaux, le reporting environnemental et la mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds internationaux, consolidant ainsi la position du Maroc sur la scène de la finance durable.

La consultation publique est une opportunité unique pour l’ensemble des acteurs de contribuer à la finalisation d’un outil qui façonnera l’avenir des investissements verts au Maroc. Les autorités attendent des retours précieux sur la clarté des critères, la facilité d’utilisation du référentiel, les modalités de sa mise en œuvre et les besoins d’accompagnement exprimés par les futurs utilisateurs. C’est en conjuguant les efforts que le Maroc pourra bâtir un avenir plus vert et plus prospère.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *