Élections 2026 : L'USFP écarte
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Élections 2026 : L’USFP écarte un candidat MRE de son bastion casablancais, la démocratie interne en question

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Élections 2026 : L’USFP écarte un candidat MRE de son bastion casablancais, la démocratie interne en question

Pour la deuxième fois consécutive, Salaheddine El Manouzi, un Marocain Résidant à l’Étranger (MRE) fortement enraciné à Casablanca, se voit refuser la tête de liste locale de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) dans la circonscription de Casablanca-Anfa. Une décision qui, à l’approche des élections de septembre 2026, relance le débat sur la transparence et la démocratie interne au sein du parti.

Un ancrage local et une contribution MRE ignorés

Salaheddine El Manouzi, basé à Amiens en France, a appris son éviction «seulement via les réseaux sociaux» il y a quelques jours. Cette fois, c’est Latifa Cherif, parlementaire élue sur la liste régionale d’Oujda, qui lui est préférée. Une situation d’autant plus surprenante que M. El Manouzi bénéficie d’un profond ancrage familial et militant dans la circonscription, des atouts qui, selon lui, auraient dû être valorisés, notamment pour encourager la participation des MRE.

Auditionné par la commission de désignation, M. El Manouzi rapporte à Yabiladi avoir été confronté à des questions qu’il juge «biaisées». On lui aurait demandé «combien de voix [il] pense pouvoir ‘garantir’» pour 2026. Sa réponse fut sans équivoque : «Je n’ai pas les voix des concitoyens dans ma poche. J’ai insisté sur le fait que la circonscription était historiquement ittihadie et traditionnellement de gauche, que l’USFP a longtemps géré la commune de Sidi Belyout et que les voix qui ont porté le parti sont celles des habitants.»

La seconde interrogation portait sur ses «moyens financiers». Une question à laquelle il a répondu en affirmant compter sur le soutien du parti et s’engager à mener une campagne «aussi réussie que transparente».

Des critiques acerbes sur la commission de désignation

L’acteur associatif et militant n’a pas manqué de pointer du doigt la composition de la commission chargée de désigner les candidats. «Elle a été dirigée par un membre qui est lui-même candidat dans une circonscription où il y a plusieurs autres candidats», s’est-il indigné, soulevant des questions d’impartialité.

M. El Manouzi avait pourtant mis en avant plusieurs arguments solides en faveur de sa candidature. Outre son lien personnel et familial avec la médina de Casablanca, quartier où il a grandi, il soulignait la représentativité des Marocains du monde. Sa candidature aurait permis au parti de bénéficier d’une dotation financière multipliée par six, conformément à la loi électorale. De plus, son engagement dans le tissu associatif local et son héritage politique, en tant que fils de feu Haj Ali El Manouzi, figure historique de la résistance marocaine et fervent militant des droits humains, ainsi que frère de Houcine El Manouzi, syndicaliste disparu en 1972, constituaient des atouts indéniables.

Les dessous d’une éviction : tensions et désaccords internes

Pour Salaheddine El Manouzi, cette nouvelle exclusion s’inscrit dans un contexte de «profonds désaccords concernant la gestion du parti, le respect de ses principes démocratiques et la préservation de son héritage historique et militant».

Il avance plusieurs motifs à son éviction, qu’il relie à des tensions plus larges au sein de l’USFP :

  • La persistance du souvenir de l’arrestation des militants des Jeunesses socialistes en 1977.
  • Le rejet d’un quatrième mandat pour le président du parti.
  • La condamnation des circonstances de l’élection du Premier secrétaire lors du 12e Congrès, jugées antidémocratiques.

Ces éléments, selon lui, témoignent d’une «gestion fondée sur la concentration du pouvoir et la personnification de la prise de décision politique», ainsi que de «questions soulevées quant à l’utilisation des fonds publics alloués au parti». Il appelle d’ailleurs à la tenue d’un congrès extraordinaire pour engager les réformes nécessaires à la restructuration politique et organisationnelle de la formation.

En conclusion, Salaheddine El Manouzi estime que cette situation «soulève des questions fondamentales quant au respect des valeurs fondatrices de l’USFP, dont la démocratie interne, le pluralisme, la transparence, la responsabilité et la fidélité à la mémoire des militants qui ont façonné l’Histoire du parti». Il met en garde contre des partis politiques qui «ne font pas preuve d’indépendance et manquent de volonté politique, et dont certains dirigeants se focalisent sur leurs intérêts personnels en allant jusqu’à invoquer que les Marocains du monde voudraient prendre leur place».


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