RDC orientale : La violence
Politique

RDC orientale : La violence du M23 défie la riposte Ebola

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L’Est de la RDC : Un Front de Guerre qui Ignore l’Épidémie d’Ebola

Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) est de nouveau confrontée à la menace insidieuse de la maladie à virus Ebola, l’est du pays est plongé dans une spirale de violence. De violents combats ont éclaté au Nord-Kivu, opposant les forces armées congolaises (FARDC) aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 Mars (M23), ces derniers cherchant à étendre leur emprise territoriale, notamment sur la localité stratégique de Katoyi.

Une image poignante, capturée le 19 mai dernier à Goma, montre des soldats de l’AFC/M23 assurant la sécurité des dignitaires du mouvement au laboratoire Rodolphe-Mérieux de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Cette scène illustre la complexité d’un conflit qui se déroule au cœur même des infrastructures vitales pour la riposte sanitaire.

La Double Peine de l’Est Congolais : Guerre et Virus

Depuis plusieurs jours, l’intensité des affrontements entre les troupes de Kinshasa et le groupe antigouvernemental AFC/M23 ne cesse de croître dans l’est de la RDC. Cette recrudescence de la violence survient dans un contexte déjà dramatique : une épidémie de maladie à virus Ebola qui, selon des sources locales et sécuritaires, se propage sans relâche. La région est, depuis plus de trois décennies, un foyer d’instabilité, et l’année 2025 a marqué une escalade significative avec la prise des villes majeures de Goma et Bukavu par l’AFC/M23, un mouvement que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda et son armée.

Le dernier bilan du ministère de la Santé, publié le 23 mai, est alarmant : 204 décès sur 867 cas suspects d’Ebola. L’épidémie a désormais atteint les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des territoires malheureusement coupés en deux par les lignes de front, rendant la tâche des équipes sanitaires quasi impossible. Comme le soulignait déjà Jeune Afrique, « Ebola ne respecte pas les frontières », et la présence d’une souche inédite du virus ajoute une couche de complexité à une riposte déjà périlleuse.

Masisi, Théâtre d’une Lutte Acharnée

Le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, est devenu le symbole de cette lutte acharnée. Les forces congolaises et les milices locales y affrontent sans répit l’AFC/M23. L’enjeu principal est le contrôle de Katoyi, une localité dont la position stratégique attise les convoitises. Les témoignages de sources locales et sécuritaires décrivent des combats d’une violence inouïe, laissant la population prise en étau.

Kisangani sous les Tirs : La Guerre des Drones s’Intensifie

L’escalade ne se limite pas au Nord-Kivu. Dimanche, l’aéroport stratégique de Kisangani, capitale de la province de la Tshopo (nord-est), a été la cible de frappes. Le vice-gouverneur Didier Lomoyo a fait état, ce lundi 25 mai, de tirs de « mortiers », tandis qu’une source policière sur place a confirmé à l’AFP l’interception de deux drones, fort heureusement « sans faire de dégâts ». Cet aéroport n’est pas une cible nouvelle pour l’AFC/M23, qui l’a déjà visé à plusieurs reprises, car il sert de base de décollage pour les aéronefs militaires des forces de Kinshasa. En réponse à la supériorité rebelle dans les opérations terrestres, l’armée congolaise a récemment acquis des drones d’attaque d’origine turque et chinoise, les déployant pour bombarder les positions de l’AFC/M23 dans l’Est. Une course à l’armement technologique qui soulève des inquiétudes quant aux victimes civiles.

Le Sud-Kivu : Une Région Également Meurtrie

Au-delà du Nord-Kivu, le Sud-Kivu n’est pas épargné. Des sources locales et militaires rapportent des combats dans plusieurs zones, notamment dans les hauts plateaux, à proximité de Minembwe, et dans le territoire de Kabare. La population civile, déjà éprouvée par des années de conflit, se retrouve une fois de plus prise au piège de cette violence persistante.

(Avec l’Agence France-Presse)


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