Mali : La main tendue d’Ouattara à Goïta, un pari diplomatique risqué après les offensives au Sahel
Dans le sillage des récentes et sanglantes offensives menées par le Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jnim) sur le territoire malien, la diplomatie ouest-africaine s’active, cherchant des voies d’apaisement dans un climat de tensions exacerbées. C’est dans ce contexte que Lansana Kouyaté, le médiateur principal de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a été reçu à Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara le 30 avril 2026. Une rencontre symbolique, révélant une volonté prudente de rapprochement avec le régime du colonel Assimi Goïta, tout en naviguant sur le fil d’un contentieux régional persistant.
La position ivoirienne : entre apaisement et fermeté
La Côte d’Ivoire, pilier de la Cedeao, se trouve face à un dilemme complexe. D’une part, la nécessité de stabiliser une région sahélienne en proie à l’instabilité terroriste et aux coups d’État successifs. D’autre part, la difficulté de concilier les principes démocratiques de l’organisation avec les réalités des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, regroupées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). La visite de Lansana Kouyaté, figure expérimentée des négociations régionales, auprès du président Ouattara, témoigne de l’urgence de trouver un terrain d’entente.
Le « sentiment d’absurdité » d’Ouattara face à la scission du Sahel
Lansana Kouyaté a rapporté le sentiment d’Alassane Ouattara concernant la création de l’AES et le retrait de ces trois pays de la Cedeao. « C’était absurde d’aller aussi loin, de créer l’Alliance des États du Sahel et de quitter la Cedeao », aurait confié le chef de l’État ivoirien. Cette déclaration, empreinte d’une pointe de regret, souligne la conviction d’Ouattara que la fragmentation régionale ne fait qu’affaiblir la capacité collective à faire face aux défis sécuritaires et économiques. Elle résonne comme un appel à l’unité, malgré les divergences profondes qui ont mené à cette rupture.
Les attaques au Mali : un catalyseur pour le dialogue ?
Les récentes attaques, qualifiées de « samedi noir » par certains observateurs, ont non seulement causé des pertes humaines et matérielles considérables, mais elles ont également mis en lumière la vulnérabilité des États sahéliens face à l’expansion jihadiste. L’article original évoque même « la fin d’un mythe » pour la Russie, suggérant que son implication au Mali n’a pas apporté la stabilité escomptée. Dans ce contexte, la main tendue d’Abidjan à Bamako pourrait être interprétée comme une tentative de la Cedeao de reprendre l’initiative diplomatique et de réintégrer les pays de l’AES dans un cadre de coopération plus large. Le chemin vers une résolution pacifique et une stabilité durable est encore long et incertain, mais le dialogue, même prudent, reste une étape indispensable.
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