Des réfugiés soudanais déplacés, de retour d'Éthiopie, dans un camp du HCR à Gallabat, Soudan, le 11 septembre 2024, illustrant l'urgence humanitaire exacerbée par le conflit au Moyen-Orient.
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Moyen-Orient : La guerre qui étrangle l’aide aux réfugiés africains, une « préoccupation majeure » pour le HCR

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La crise du Moyen-Orient : un séisme humanitaire aux répercussions africaines

La guerre qui embrase le Moyen-Orient ne se contente pas de dévaster la région ; ses ondes de choc se propagent bien au-delà, menaçant gravement l’acheminement de l’aide humanitaire vitale vers l’Afrique. Une situation que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qualifie de « particulièrement préoccupante », face à l’explosion des coûts et aux perturbations logistiques.

Lors d’une conférence de presse tenue à Genève le vendredi 1er mai, Carlotta Wolf, porte-parole du HCR, a tiré la sonnette d’alarme : « La crise au Moyen-Orient a engendré des répercussions considérables bien au-delà de la région, avec des conséquences croissantes pour les chaînes d’approvisionnement humanitaires mondiales et l’acheminement de l’aide. »

Les ondes de choc économiques et logistiques

Flambée des coûts de transport

Les tarifs d’expédition, essentiels pour acheminer l’aide d’urgence depuis les principaux fournisseurs du HCR (Inde, Pakistan et Chine), ont subi une hausse vertigineuse. L’agence onusienne rapporte une augmentation de près de 18 %, un fardeau financier direct sur des ressources déjà limitées. Chaque dollar supplémentaire englouti dans le carburant ou les primes d’assurance liées aux risques de guerre est un dollar de moins pour les populations vulnérables sur le terrain.

Capacité de livraison en berne

Au-delà des coûts, c’est la capacité même des transporteurs à répondre aux besoins qui s’effondre. En début d’année, cette capacité a chuté de 97 % à un maigre 77 %. Le double blocus irano-américain dans le stratégique détroit d’Ormuz, passage crucial pour un cinquième des hydrocarbures mondiaux, contraint les navires à des détours coûteux et chronophages. Le HCR a dû réorienter son fret maritime via le port jordanien d’Aqaba, sur la mer Rouge, et privilégie désormais les voies terrestres, non sans difficultés.

L’Afrique en première ligne

Carlotta Wolf a souligné que le continent africain était particulièrement exposé aux conséquences de cette crise logistique. La hausse des prix du carburant au Kenya, où le HCR gère l’un de ses sept centres de stockage mondiaux, a déjà provoqué des retards significatifs et une diminution de la disponibilité des camions. Des pays comme l’Éthiopie, la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan du Sud, déjà en proie à des crises humanitaires, en subissent directement les contrecoups.

Le Soudan, un coût de l’aide qui double

La situation est critique au Soudan, où le coût de l’acheminement de l’aide a doublé ces derniers mois. Les cargaisons, contraintes de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, voient leurs délais de livraison s’allonger de 25 jours, aggravant la détresse des millions de personnes déplacées.

L’appel urgent du HCR

La porte-parole du HCR a lancé un avertissement clair : « Si l’instabilité au Moyen-Orient persiste, la hausse des coûts, les retards et la capacité de transport limitée risquent de restreindre davantage les opérations humanitaires. » Bien que les stocks mondiaux de l’agence soient actuellement suffisants, la reconstitution à long terme de ces réserves est une source d’inquiétude majeure. Pour ses opérations en 2024, le HCR avait besoin de 8,5 milliards de dollars, mais à ce jour, seulement 23 % de ce montant a été financé. Un appel pressant est lancé à la communauté internationale pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus profonde.

(Avec AFP)


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