Gabon : L’Opposant Bilie-By-Nze Porte Son Combat Devant la Justice Africaine
Libreville, Gabon
– L’ancien Premier ministre et figure de proue de l’opposition gabonaise, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a franchi une étape décisive dans sa lutte contre ce qu’il qualifie de « détention arbitraire ». Emprisonné depuis plus d’un mois, il a officiellement saisi ce 22 mai la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), une instance clé de l’Union africaine (UA). Cette démarche, confirmée par l’un de ses avocats, Arthur Vercken, marque une internationalisation de son dossier, qui secoue la scène politique gabonaise.
Une Détention Contestée aux Motifs « Absurdes »
Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon, est placé en détention préventive depuis le 16 avril. Les accusations portées contre lui, d’abus de confiance et d’escroquerie, remontent à l’année 2008. Une temporalité et une qualification juridique que ses défenseurs jugent totalement infondées.
« On nage dans l’absurdité totale : d’un point de vue juridique, il y a zéro escroquerie, zéro abus de confiance, et une incarcération sur ces fondements, c’est de l’ordre de l’horreur juridique. Ça n’existe pas », a martelé Me Arthur Vercken, avocat parisien de l’opposant, soulignant la fragilité du dossier d’accusation.
Le Contexte Politique de l’Arrestation
L’arrestation de Bilie-By-Nze intervient dans un climat politique tendu au Gabon. L’ancien chef du gouvernement s’était notamment distingué par ses critiques virulentes contre la suspension des réseaux sociaux, en vigueur depuis le 17 février, et contre la réforme du code de la nationalité, adoptée par ordonnance sans consultation ni vote parlementaire. Ces prises de position, perçues comme un défi à l’exécutif, sont considérées par ses soutiens comme le véritable mobile de sa détention.
Appels à l’International : De l’UA à l’ONU
Au-delà de la Commission africaine des droits de l’homme, Me Vercken a également alerté d’autres instances internationales majeures. Les Nations Unies, la présidence française, et le ministère français des Affaires étrangères ont été informés de la situation de l’opposant. L’avocat insiste sur l’absence d’une « infraction pénale identifiable » dans le droit gabonais pour justifier une telle mesure à l’encontre d’un ancien Premier ministre et principal opposant politique du pays.
L’Affaire de 2008 : Une Dette Contestée
L’origine des accusations remonte à 2008. À l’époque député, Alain-Claude Bilie-By-Nze était en charge de l’organisation d’un événement public. Face à la lenteur de l’État gabonais à débloquer les fonds nécessaires, plusieurs organisateurs, dont lui-même, avaient avancé des sommes. Aujourd’hui, l’une de ces personnes lui reproche de ne pas avoir été remboursée de son avance. Une affaire civile, selon la défense, transformée en dossier pénal pour des raisons politiques.
La Justice Gabonaise Maintient Sa Position
Malgré les arguments de la défense, les recours introduits par Alain-Claude Bilie-By-Nze – une demande de liberté provisoire, une demande de nullité de l’ordonnance de placement en détention et une demande de nullité de la procédure – ont tous été rejetés par la cour d’appel de Libreville le 15 mai.
De son côté, le porte-parole de la présidence gabonaise, Théophane Nzame-Nzé Biyoghé, a réaffirmé l’indépendance de la justice, rejetant toute ingérence de l’exécutif dans ce dossier. « Ce n’est pas le sujet de la présidence de la République », a-t-il déclaré, cherchant à désamorcer toute accusation de politisation de l’affaire.
L’affaire Bilie-By-Nze continue de susciter des interrogations et de mobiliser la communauté internationale, mettant en lumière les défis liés aux droits de l’homme et à la liberté d’expression dans le paysage politique gabonais.
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