Diaspo #437 : Zarah Fairn, des pistes de danse à la cage de MMA
Le parcours de Zarah Fairn est une véritable épopée, tissée de résilience, de passion et d’une détermination inébranlable. Des lumières scintillantes des scènes de danse aux feux intenses de la cage de MMA, cette athlète hors du commun a su forger son destin, guidée par des valeurs familiales profondes et un attachement viscéral à ses origines. Son histoire est celle d’une ascension fulgurante vers le succès international, marquée par la persévérance et le courage de réinventer son chemin.
Par Latifa Babas (Ghita Zine)
Publié il y a 1 heure
Temps de lecture : 3′
Les Racines d’une Vocation : Entre Ouarzazate et Salvador
Dès son plus jeune âge, Zarah Fairn a baigné dans l’univers du sport, ses aspirations étant nourries par l’exemple de son frère aîné, basketteur professionnel, et la passion dévorante de son père pour la boxe. Née d’un père originaire de la majestueuse Ouarzazate et d’une mère de Salvador, au cœur vibrant de l’État de Bahia au nord-est du Brésil, Zarah incarne une fusion culturelle riche, façonnée par des principes de résilience et de dévouement.
Des Projecteurs de la Danse à l’Appel du Ring
Installée en France dès l’âge de 10 ans, Zarah s’est d’abord illustrée dans le monde de la danse. Bien que l’appel de la boxe, héritage paternel, ait toujours résonné en elle, sa mère l’orienta vers la gymnastique et la danse. «J’ai écouté ma mère, j’ai fait de la danse et j’ai eu l’opportunité de me produire pour de nombreux artistes français renommés», confie Zarah lors d’un entretien exclusif avec Yabiladi. Formée au jazz moderne et au hip-hop, elle a partagé la scène avec des figures emblématiques telles que le rappeur MC Solaar, la chanteuse Ophélie Winter, et la pop star Matt Pokora. Son talent l’a également menée sur les planches de comédies musicales, dont l’incontournable «Autant en emporte le vent».
Cependant, cette voie artistique n’a pas été exempte de turbulences. La raréfaction des contrats de danse a marqué une période de doute. «C’est devenu compliqué, une phase très difficile de ma vie. J’avais un besoin impérieux de me défouler, de libérer cette énergie accumulée», se remémore-t-elle. C’est à ce moment précis que la boxe, tel un phénix, a resurgi dans sa vie.
La Révélation des Gants : Une Ascension Fulgurante
L’essai d’un cours de boxe fut un véritable catalyseur pour Zarah. «J’ai ressenti quelque chose d’incroyable. Frapper le sac, être guidée par un entraîneur, me sentir écoutée et soutenue… ce fut une révélation», raconte-t-elle. À 14 ans, Zarah s’est lancée corps et âme dans la boxe, sans jamais se retourner. Sa discipline et sa détermination ont rapidement porté leurs fruits. «Dès ma première année, je suis devenue vice-championne de France après seulement douze mois d’entraînement», se souvient-elle avec fierté.
Elle a affûté ses compétences sous la tutelle de l’entraîneur marocain Saïd Ben Najem au Boxing Beat d’Aubervilliers, un club parisien réputé pour avoir formé des athlètes de calibre international comme Sarah Ourahmoune et Lucie Bertaud. «C’était le seul club avec une telle concentration de femmes de haut niveau. C’est lui qui m’a insufflé l’envie de la compétition», souligne-t-elle.
Le Virage du MMA : Pionnière dans l’Octogone
Malgré ses succès en boxe, Zarah a rencontré un obstacle inattendu : «personne ne voulait plus la combattre». Son dernier affrontement dans la discipline fut teinté de frustration. «J’avais fait le poids, j’étais prête, mais mon adversaire et son entraîneur ont refusé de monter sur le ring après m’avoir vue. Ils avaient peur. Le soir même, j’ai été remplacée par une autre combattante.»
Ce moment de désillusion fut le prélude à un tournant majeur. Les paroles de son père résonnèrent alors comme une prophétie : «Quand un défi survient et que l’objectif n’est pas atteint, cela signifie que d’autres portes, bien plus importantes, s’ouvriront.» Zarah a embrassé cette philosophie, se disant : «Zarah, n’abandonne pas, trouve un autre chemin. Et ce chemin fut le MMA.»
Un nouveau défi se présenta : le MMA n’était pas encore légalement reconnu en France. «Pour les grandes organisations, il était absurde de signer une athlète française qui ne pouvait même pas combattre dans son propre pays», explique-t-elle. Animée par une volonté de fer, elle s’est exilée aux États-Unis, où elle a perfectionné son art auprès de coachs de renommée mondiale. Elle a combattu sur la scène internationale, de l’Asie à la Russie en passant par les États-Unis.
Un an après la légalisation du MMA en France, l’appel tant espéré de l’UFC est arrivé : «Zarah, nous allons te signer comme la première femme française à rejoindre l’UFC.» C’était en 2019, le début d’une «histoire pleine d’aventures».
L’Héritage et les Ambitions : Du Diplôme au Club Féminin Marocain
Parallèlement à son impressionnante carrière sportive, Zarah Fairn a mené à bien des études supérieures, obtenant un diplôme en sciences politiques. «Il était crucial pour moi de m’investir dans le développement du sport et, sur le plan politique, d’apporter des idées pour soutenir la croissance du sport féminin», affirme-t-elle.
Après avoir fondé sa propre salle de sport en France, Zarah nourrit désormais un objectif audacieux et profondément personnel : créer un club sportif exclusivement féminin au Maroc. «Ce serait un club de boxe et d’arts martiaux, un espace dédié aux femmes, pour offrir à ma culture et à mon pays un lieu où elles pourraient se retrouver, s’exprimer et libérer leur énergie», détaille-t-elle avec émotion. Ce projet est au cœur de ses aspirations. «Le Maroc est d’une importance capitale pour moi. Mon objectif est d’y retourner, une fois ma carrière sportive achevée», ajoute-t-elle.
En attendant de concrétiser ce rêve, Zarah continue de tracer son chemin avec une détermination sans faille. «Maintenant, je souhaite combattre au sein de l’organisation PFL MENA, basée en Arabie saoudite. C’est la deuxième plus grande organisation de MMA au monde. Et cette fois, je représenterai fièrement le Maroc», conclut-elle, le regard tourné vers l’avenir.
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