Débat parlementaire sur la réorganisation du Conseil National de la Presse au Maroc
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CNP : le projet de réorganisation relancé

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Renaissance du CNP : Le Projet de Réorganisation Relancé Sous les Feux du Parlement

Le débat autour de la réorganisation du Conseil National de la Presse (CNP) marocain a repris de plus belle à la Chambre des représentants. Après avoir été soumis à l’examen minutieux de la Cour constitutionnelle, le projet de loi a été présenté mardi, suscitant un échange passionné entre le gouvernement, soucieux d’assurer la continuité de l’instance et sa conformité aux principes fondamentaux, et une opposition toujours prompte à pointer du doigt des lacunes de fond.

Un Cadre Légal Remanié Post-Décision Constitutionnelle

La Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication a été le théâtre de cet examen approfondi. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné l’interaction « positive » de l’Exécutif avec les observations de la Cour constitutionnelle, y voyant un « exercice démocratique » renforçant la confiance institutionnelle et la « primauté de la Constitution ».

Le ministre a rappelé que la version initiale du projet était le fruit de « larges consultations » avec les acteurs du secteur. Les modifications apportées au nouveau texte se situent à deux niveaux : de fond et de forme, toutes visant à garantir une « meilleure conformité avec les exigences constitutionnelles ».

Les Ambitions Gouvernementales : Continuité et Modernisation

Assurer la Pérennité de l’Instance et Gérer les Défis

Au cœur de cette réforme, le gouvernement affiche une volonté claire : « assurer la continuité de l’action du Conseil national de la presse » et « surmonter les difficultés opérationnelles » rencontrées par l’instance précédente. Mohamed Mehdi Bensaid a mis en lumière des problématiques cruciales, telles que la « gestion du soutien » aux entreprises de presse, la « résolution des dysfonctionnements » affectant le quotidien des journalistes, et l’impératif d' »adaptation aux mutations » profondes du secteur, notamment celles liées au « modèle économique des entreprises de presse » à l’ère numérique.

Distinction des Rôles et Rééquilibrage des Représentations

Une autre pierre angulaire de la réforme réside dans la « nécessité de distinguer l’entreprise du journaliste ». Le gouvernement entend ainsi « garantir des conditions de vie décentes » aux professionnels de l’information. Par ailleurs, le projet propose de « corriger certains déséquilibres en matière de représentation » en réduisant le nombre de représentants des éditeurs de neuf à sept. Dans un souci d' »impartialité » et pour « garantir l’impartialité en dehors du débat entre majorité et opposition », la « mission de nomination des membres de la commission de supervision » serait désormais confiée à la présidence du gouvernement.

Le Parlement Face au Texte : Entre Adhésion et Opposition

L’Approbation de la Majorité : Un Pas Démocratique Crucial

Les groupes parlementaires de la majorité ont unanimement salué la décision de la Cour constitutionnelle, la qualifiant d' »étape démocratique importante » et de « consécration de la primauté de la Constitution ». Pour eux, l’adhésion du gouvernement et du Parlement aux observations de la Cour n’est pas une simple formalité, mais un acte « qui consacre l’État de droit et garantit la conformité des lois encadrant la profession de journaliste à la lettre et à l’esprit de la Constitution ». Ils perçoivent ce projet comme un moyen de « renforcer l’efficacité du CNP », de « clarifier ses missions et ses mécanismes de fonctionnement », et de lui permettre de « mieux s’adapter aux mutations rapides du secteur des médias », en particulier face à la « révolution numérique ».

Les Réserves de l’Opposition : Craintes pour le Pluralisme

L’opposition, bien que reconnaissant les efforts de correction, notamment le « déséquilibre dans la représentation numérique entre journalistes et éditeurs » conformément à la décision de la Cour, maintient ses critiques sur plusieurs points. Elle estime que le texte « manque encore de dispositions traduisant de manière effective le principe d’une autorégulation libre et indépendante de la presse et de l’édition ». Le « mécanisme fondé sur un seuil de représentation de 10% pour les éditeurs » est particulièrement décrié, l’opposition craignant qu’il ne « réduise le pluralisme ou reproduise une domination indirecte de certaines catégories au sein du Conseil ». Enfin, le « rejet du mécanisme de désignation des éditeurs au lieu de leur élection » et le lien de leur « représentativité au chiffre d’affaires » sont vus comme une « logique économique susceptible de menacer le pluralisme » et l’indépendance de la presse.

Le chemin vers une réorganisation consensuelle du CNP semble encore semé d’embûches, le dialogue parlementaire devant concilier les impératifs de conformité légale, de modernisation du secteur et de garantie d’une presse libre et plurielle.


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