Gabon : Non-Lieu pour Hervé Patrick Opiangah, une Victoire sur fond de Tensions Politiques
Libreville, Gabon – La scène politique gabonaise est le théâtre d’un rebondissement majeur. La justice a officiellement abandonné les poursuites pour « atteinte aux mœurs » qui visaient l’ancien ministre des Mines, Hervé Patrick Opiangah. Une décision qui intervient après que l’homme d’affaires et figure politique ait porté son affaire devant la Commission africaine des droits de l’homme, soulignant les tensions latentes au cœur du pouvoir.
Un dossier controversé classé sans suite
L’annonce a été faite ce vendredi 13 mars par l’avocat de M. Opiangah, Maître Julien Bensimhon. Le tribunal de première instance de Libreville a rendu une ordonnance de non-lieu total le 5 mars dernier, mettant fin à une enquête pénale qui pesait lourdement sur l’ex-ministre. Âgé de 54 ans, Hervé Patrick Opiangah, qui a occupé le portefeuille des Mines de 2023 à 2024 sous le gouvernement de transition de Brice Clotaire Oligui Nguema, était soupçonné d’inceste sur sa propre fille.
« Cela confirme que les attaques violentes qu’il a subies étaient totalement arbitraires », a déclaré Maître Bensimhon, n’hésitant pas à attribuer cette issue favorable à l’intervention de la Commission africaine des droits de l’homme, saisie en avril précédent.
L’ombre du harcèlement politique
L’affaire, qui a défrayé la chronique au Gabon, est perçue par l’entourage de l’ancien ministre comme une manœuvre de harcèlement politique. Selon ses proches et son parti, l’Udis (Union pour la démocratie et l’intégration sociale), M. Opiangah aurait été ciblé après avoir pris position en faveur du « non » lors du référendum sur la nouvelle Constitution. Ce scrutin, initié par le général Oligui Nguema – l’homme fort du pays depuis le putsch d’août 2023 qui a renversé la dynastie Bongo et élu président en avril 2025 – a marqué un tournant politique.
Les accusations contre Hervé Patrick Opiangah avaient pris une tournure dramatique en novembre 2024, lorsque son domicile avait été investi par des « forces de défense et de sécurité, lourdement armées et encagoulées », sans mandat, d’après les allégations de l’Udis. Fait notable, la fille de l’ancien ministre avait à plusieurs reprises démenti les accusations et refusé de porter plainte contre son père, malgré les pressions des autorités qui l’avaient placée en garde à vue pendant plusieurs jours.
Un retour et une victoire à l’international
Après un séjour à l’étranger, Hervé Patrick Opiangah était rentré au Gabon en septembre 2025. C’est en avril 2025 qu’il avait déposé une requête devant la Commission africaine des droits de l’homme, une instance de l’Union africaine (UA). Cette démarche internationale s’est avérée fructueuse, la Commission ayant déclaré la requête recevable en novembre, selon son avocat. Les recours et actions menés au Gabon étaient, jusqu’alors, restés sans suite.
Si l’abandon des poursuites marque une victoire juridique, une part d’incertitude demeure. Les biens de l’ancien ministre lui ont été restitués, à l’exception de ses passeports. Pour Maître Bensimhon, cette rétention « laisse planer une certaine ambiguïté et pourrait être interprété comme une forme de pression qui continuerait à s’exercer sur lui ».
Cette affaire met en lumière les défis de la transition politique au Gabon et les tensions qui peuvent en découler pour les acteurs de la vie publique. (avec AFP)
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