Permis de Conduire au Maroc : La Révolution du Code et de la Route se Précise
Le Maroc est à l’aube d’une transformation majeure de son système d’obtention du permis de conduire. L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), en étroite collaboration avec la Fédération marocaine des formateurs et professionnels de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière, œuvre depuis 2018 à une réforme ambitieuse. Les discussions, désormais à un stade avancé, visent à refondre le parcours des candidats, plaçant la maîtrise du code de la route comme prérequis absolu avant toute immersion dans la conduite. Une réunion cruciale est d’ailleurs prévue ce mercredi pour finaliser les derniers détails de ce projet.
La Séparation Théorie-Pratique : Une Approche Pédagogique Renforcée
Au cœur de cette réforme se trouve une innovation fondamentale : la dissociation complète de la formation théorique et de la formation pratique. Désormais, les aspirants conducteurs devront d’abord suivre un cursus intégralement dédié au code de la route. Ce n’est qu’après avoir validé cet examen théorique qu’ils pourront s’engager dans l’apprentissage de la conduite et, in fine, se présenter à l’épreuve pratique.
Mustapha El Haji, président de la Fédération, justifie cette réorganisation par la nécessité de corriger les lacunes du système actuel. Il souligne que la réglementation en vigueur « pénalise inutilement les candidats », citant l’exemple de ceux qui, ayant réussi le code, sont contraints de repasser et de repayer la formation théorique après des échecs répétés à l’examen pratique. Une aberration que la nouvelle approche entend corriger.
Validité du Code Étendue et Optimisation des Tentatives Pratiques
Le projet de réforme prévoit une avancée significative : la préservation de la validité du code de la route pour une durée déterminée. La Fédération propose une validité de six mois pour l’examen théorique. Durant cette période, le candidat aura la possibilité de se présenter jusqu’à six fois à l’examen pratique, réparties sur trois dossiers distincts, sans avoir à repasser l’épreuve du code.
« L’effort porte alors exclusivement sur la formation pratique, le code étant déjà validé, ce qui permet au candidat de consacrer tout son temps et sa préparation à l’apprentissage de la conduite et à la réussite de l’examen pratique », explique Mustapha El Haji au Matin
. Cette mesure vise à alléger la charge mentale et financière des candidats, leur permettant de se concentrer pleinement sur l’acquisition des compétences de conduite. Ce n’est qu’après ces six tentatives infructueuses, ou l’ouverture d’un quatrième dossier, que le candidat sera invité à repasser l’examen théorique, garantissant ainsi une protection contre les reprises « inutiles » de formation et leurs coûts associés.
Un Impact Financier Allégé pour les Candidats
L’aspect économique est un pilier central de cette réforme. Actuellement, l’obtention du permis de conduire pour un véhicule léger représente un investissement d’environ 3.550 dirhams, incluant frais et taxes. Avec le nouveau dispositif, en cas d’échec à l’examen pratique, seule la formation pratique serait à reprendre, pour un coût estimé à 1.125 dirhams. Fini les frais supplémentaires liés à un code déjà acquis. « Cette réforme vise à alléger la pression sur les candidats et à éviter les reprises injustifiées du parcours », confirme Mustapha El Haji.
L’Innovation au Service de l’Évaluation : La Voiture « Smart Drive Test »
Dans cette dynamique de modernisation, une innovation technologique majeure a été présentée : la voiture intelligente « Smart Drive Test ». Dévoilée à Rabat par le ministère du Transport et de la Logistique en collaboration avec la NARSA, ce véhicule, fruit de l’ingénierie marocaine de l’Université Mohammed VI Polytechnique, est actuellement en phase d’essai. Son objectif est de révolutionner l’examen pratique en offrant une évaluation objective et crédible des candidats, grâce à une simulation réaliste de diverses conditions de circulation.
La Période Probatoire : Un Dispositif de Sécurité Confirmé
Face aux interrogations, le président de la Fédération tient à clarifier un point essentiel : la période probatoire de deux ans n’est pas une nouveauté de cette réforme. « Le système de la période probatoire est en vigueur depuis longtemps et ne fait aucunement partie de la réforme actuellement discutée », affirme-t-il.
Il rappelle que ce dispositif a été introduit en 2010 avec une durée initiale d’un an, avant d’être étendu à deux ans en 2016. Cette prolongation visait à « renforcer le suivi du comportement des nouveaux conducteurs durant leurs premières années de conduite ».
Fonctionnement du Système de Points Probatoire
Durant cette phase cruciale, le nouveau conducteur ne dispose pas du capital maximal de points. Il débute avec un crédit initial de 20 points, et toute infraction commise entraîne une réduction automatique de ce solde. À l’issue des deux ans, si le conducteur a respecté le Code de la route et n’a pas commis d’infractions graves, son capital est automatiquement porté à 30 points, marquant son entrée dans le régime normal du permis de conduire.
Toutefois, si le solde de points chute en dessous de 12 à la fin de la période probatoire, une formation obligatoire en éducation à la sécurité routière est imposée. Dispensée par des établissements privés agréés par le ministère du Transport, cette formation vise à corriger les comportements à risque. Dans les cas les plus extrêmes, un retrait total des points conduit au retrait définitif du permis, avec une interdiction de se représenter à l’examen avant un délai minimum de six mois.
Mustapha El Haji insiste sur la finalité de ce système : « Ce système ne vise pas la sanction pour la sanction, mais la protection des usagers de la route ». Il s’agit d’un mécanisme incitatif pour encourager les jeunes conducteurs à adopter, dès le départ, une conduite responsable et respectueuse.
Vers la Digitalisation : La Plateforme « Téléservices »
En parallèle de la refonte du parcours d’examen, la réforme intègre une dimension numérique majeure avec le déploiement de la plateforme « Téléservices ». Cet outil de modernisation est spécifiquement conçu pour les auto-écoles, marquant la fin des dossiers papier et des procédures administratives lourdes. Le système sera entièrement dématérialisé.
Selon Mustapha El Haji, « Téléservices » permettra aux gestionnaires d’auto-écoles d’effectuer à distance l’ensemble des démarches administratives, garantissant ainsi une plus grande fluidité, transparence et efficacité dans la gestion des candidatures et des formations.
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