RDC: Tragédie à Rubaya – Un Glissement de Terrain Mortel dans la Mine de Coltan sous l’Emprise de l’AFC/M23
Kinshasa, le 1er février 2026 – La République Démocratique du Congo est plongée dans l’effroi. Un glissement de terrain « massif » survenu mercredi dernier sur le site minier de Rubaya, dans l’est du pays, fait craindre un bilan macabre d’au moins 200 morts. Cette catastrophe, révélée dimanche par les autorités de Kinshasa, met cruellement en lumière les dangers inhérents à l’exploitation minière artisanale dans une région déstabilisée par les conflits et sous le joug de groupes armés.
Rubaya : Un Trésor Convoité au Cœur des Tensions
Le site de Rubaya, une vaste étendue de plusieurs dizaines de kilomètres carrés, représente un pivot essentiel du commerce mondial de coltan, un minerai stratégique indispensable à l’industrie électronique moderne. La RDC, qui abriterait au moins 60% des réserves mondiales, contribue à hauteur de 15 à 30% de la production globale de ce précieux métal. Paradoxalement, cette richesse minérale est devenue une source de malheur pour ses populations.
Depuis avril 2024, la mine est passée sous le contrôle de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et du M23, des groupes armés que Kinshasa accuse ouvertement d’être soutenus par le Rwanda. Ces entités imposent des taxes sur la production et la commercialisation des minerais, générant ainsi des revenus substantiels. Des milliers de mineurs artisanaux, souvent démunis de tout équipement moderne et armés de simples pelles et de bottes en caoutchouc, y travaillent quotidiennement dans des conditions de précarité extrêmes, exposés à des risques mortels.
Le Drame de Luwowo : Des Vies Ensevelies sous la Terre
Les premières informations, encore parcellaires et difficiles à vérifier, décrivent un pan de colline s’étant détaché mercredi après-midi sur le site de Luwowo, une zone d’extraction située dans le périmètre minier de Rubaya, à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu. Un second glissement de terrain aurait eu lieu le jeudi matin, aggravant la situation, selon des témoins interrogés sur place.
Erasto Bahati Musanga, le gouverneur de la province du Nord-Kivu désigné par l’AFC/M23, qui s’est rendu à Rubaya vendredi, a avancé un bilan d’« au moins 200 morts ». Ce chiffre alarmant n’a pas encore pu être confirmé par des sources indépendantes, rendant la pleine mesure de la catastrophe difficile à établir. Il a néanmoins affirmé que des corps avaient été extraits des gravats, sans toutefois préciser leur nombre. Les informations parviennent « au compte-gouttes par des motards qui circulent » dans cette région isolée, compliquant l’établissement d’un bilan exact. Des blessés ont été transportés vers des centres de soins locaux, souvent rudimentaires et manquant cruellement de moyens, a précisé une source humanitaire.
Kinshasa Dénonce un « Système Organisé de Pillage »
Ce drame humain et écologique survient dans un contexte de tensions régionales exacerbées. Kinshasa a réagi avec force dimanche, lançant un appel pressant à « la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame ». Le gouvernement congolais impute cette tragédie aux conséquences directes d’une « occupation armée et d’un système organisé de pillage » orchestré par l’AFC/M23 et le Rwanda.
Des experts de l’ONU ont précédemment documenté la mise en place par l’AFC/M23 d’une « administration semblable à celle d’un État » à Rubaya, incluant la création d’un « ministère chargé de l’exploitation des minéraux ». Cette structure délivre des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques, permettant au groupe armé d’engranger plusieurs centaines de milliers de dollars par mois grâce à la taxation illégale des activités minières.
Le gouvernement congolais rappelle que le site de Rubaya avait été placé sous statut « rouge » en février 2025, interdisant formellement « toute activité d’exploitation et de commercialisation ». Malgré cette interdiction, « entre 112 et 125 tonnes de coltan sont extraites chaque mois » dans le périmètre de Rubaya « et acheminées exclusivement vers le Rwanda », déplore Kinshasa, soulignant « la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité » des minerais. Cette catastrophe résonne comme un cri d’alarme, exigeant une réponse internationale ferme face à l’exploitation illégale des ressources et à la détresse des populations congolaises.
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