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Ghost Bikes : Renaissance d’une Marque, Chant du Cygne pour une Usine ?

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Ghost Bikes : Renaissance d’une Marque, Chant du Cygne pour une Usine ?

Après 33 ans d’existence, la marque de vélos Ghost, fleuron bavarois du VTT, semblait promise à une fin inéluctable. Pourtant, un coup de théâtre de dernière minute a vu la marque être repêchée de justesse par Bike Tree, une entité du groupe singapourien DuTech. Mais derrière ce sauvetage apparent se cache une réalité plus complexe : si le nom Ghost devrait perdurer, l’entreprise de Waldsassen et ses 53 salariés se retrouvent, pour l’heure, dans une situation des plus précaires.

Un rachat éclair aux allures de mirage

Quatre jours seulement après l’ouverture de sa procédure d’insolvabilité, Ghost a trouvé un acquéreur pour ses droits de marque et sa propriété intellectuelle. C’est Bike Tree, filiale du conglomérat singapourien DuTech, qui s’est portée garante de la pérennité du nom. Une nouvelle qui, à première vue, pourrait réjouir les aficionados de la marque. Cependant, l’euphorie est de courte durée : cette reprise ne concerne pas l’entité juridique Ghost-Bikes GmbH, dont la liquidation judiciaire semble inévitable.

La chute d’un géant bavarois

Fondée en 1993 au cœur du Haut-Palatinat, en Bavière, Ghost-Bikes s’était imposée comme une référence dans le monde du VTT. Elle faisait partie du groupe néerlandais Accell, numéro un européen du vélo, également propriétaire de marques comme Batavus et Lapierre. L’été dernier, Accell a été déclaré en faillite, entraînant dans sa chute ses filiales allemandes, dont Winora Staiger et Ghost-Bikes. La procédure d’insolvabilité de Ghost-Bikes GmbH a été officiellement ouverte le 1er novembre 2026 (ndlr : date à venir, probablement une erreur dans la source originale), faisant planer une lourde menace sur les 53 emplois restants.

Une offre alternative écartée ?

La version officielle de l’administrateur judiciaire évoque une recherche d’investisseurs à l’échelle internationale n’ayant abouti à aucune solution viable pour l’ensemble de l’activité. Le plan initial prévoyait la liquidation ordonnée de l’usine de Waldsassen et la vente en bloc du stock restant. Une affirmation que conteste la société suisse Netcycle. Cette dernière, en partenariat avec un investisseur financier, affirme avoir soumis un projet de reprise global incluant Winora Staiger, Ghost et E. Wiener Bike Parts, avec la ferme intention de maintenir l’activité et de préserver les emplois. Visiblement, cette proposition n’a pas été jugée suffisante pour satisfaire les créanciers.

L’empire DuTech s’étend dans le cycle

Bike Tree n’en est pas à son coup d’essai. Créée par DuTech à Mechernich, en Allemagne, cette entité a déjà orchestré le rachat des marques Winora et Haibike le 29 octobre dernier, parvenant à sauvegarder 87 des 187 emplois du site de Sennfeld. Avec l’acquisition de Ghost, Bike Tree consolide désormais trois marques allemandes majeures de vélos sous son égide. Le groupe DuTech, dont l’activité initiale en 2006 était la fabrication de distributeurs de billets et de coffres-forts, avait déjà acquis Batavus, Koga et Carqon auprès d’Accell début octobre. Se présentant comme un spécialiste des produits de sécurité, DuTech affiche un chiffre d’affaires annuel de 450 millions d’euros et emploie plus de 3 850 personnes à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, dont plus de 850 en Allemagne.

L’avenir incertain de Waldsassen et des consommateurs

Si la marque Ghost est sauvée, l’usine de Waldsassen, elle, reste dans l’incertitude. Le rachat des droits de marque n’implique aucune obligation de reprendre la société insolvable ni ses activités de production. Ghost-Bikes GmbH demeure donc en liquidation, et depuis le 1er novembre, il n’est plus possible de passer commande à l’unité. Le communiqué de Bike Tree, quant à lui, reste muet sur la question cruciale de la garantie et du service après-vente pour les vélos Ghost déjà commercialisés, laissant les consommateurs dans l’expectative. Ce « sauvetage » de Ghost apparaît donc comme une victoire en demi-teinte, où l’héritage d’une marque est préservé au détriment potentiel de son berceau historique et de ses artisans.


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