Dans un geste significatif soulignant son engagement continu envers le développement économique du Royaume, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé l’octroi d’un financement de 487 millions de dollars au Maroc. Cette enveloppe substantielle est destinée à propulser la troisième phase de son Programme d’Appui à la Gouvernance Économique et à la Résilience Climatique (PGRCC III), un pilier stratégique pour la transformation et la consolidation de l’économie marocaine face aux défis contemporains.
Approuvé ce mercredi 21 octobre par le Conseil d’administration de la BAD à Abidjan, cet appui financier vise à renforcer la capacité du Maroc à naviguer dans un environnement international marqué par des tensions économiques et énergétiques grandissantes. Le programme s’articule autour de deux axes majeurs : l’optimisation de l’action publique et la dynamisation de l’investissement privé, tout en érigeant un bouclier contre les aléas climatiques et les chocs énergétiques.
Un premier volet pour l’efficacité publique et l’attractivité de l’investissement
Le premier pilier du PGRCC III se concentre sur des réformes structurelles profondes, essentielles à l’amélioration de la performance de l’État et à la création d’un écosystème propice à l’essor de l’investissement privé.
La métamorphose des entreprises publiques
Au cœur de ce volet, la restructuration du portefeuille des entreprises publiques représente un chantier d’envergure. L’objectif est clair : insuffler une nouvelle dynamique à ces entités pour les rendre plus efficientes et redéfinir le rôle de l’État, le recentrant sur ses fonctions régaliennes et stratégiques. Parallèlement, cette réforme ambitionne d’ouvrir davantage l’espace à l’investissement privé, le positionnant comme un moteur essentiel du développement économique national. Une démarche qui s’inscrit dans la vision royale de modernisation du secteur public et d’amélioration de sa gouvernance.
L’essor des partenariats public-privé (PPP)
Le programme de la BAD soutiendra également la modernisation du cadre juridique et institutionnel des partenariats public-privé. Cette initiative est cruciale pour attirer les capitaux et l’expertise du secteur privé dans la concrétisation de projets d’infrastructures et de services publics, particulièrement ceux nécessitant des investissements colossaux. Il s’agit de démultiplier les capacités d’action du Royaume en mutualisant les forces.
Un climat des affaires revigoré
L’amélioration du climat des affaires constitue le troisième axe fondamental de ce premier volet. La BAD accompagnera le Maroc dans la mise en place d’un environnement plus stimulant pour l’entrepreneuriat, le développement des petites et moyennes entreprises (PME) et l’éclosion de l’innovation. L’ambition est également de faciliter l’intégration des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur mondiales, un impératif pour renforcer leur compétitivité et générer de la valeur ajoutée et des emplois durables.
Deuxième volet : Résilience climatique et sécurité énergétique
Le second pilier du financement est dédié à l’édification d’une économie marocaine plus résiliente face aux défis environnementaux et énergétiques, des enjeux cruciaux pour sa stabilité à long terme.
Gouvernance de l’eau : Au-delà de la disponibilité
Dans le secteur de l’eau, l’approche se veut holistique. La problématique ne se limite plus à la simple disponibilité de la ressource, mais englobe désormais la sécurisation de l’approvisionnement, l’optimisation de sa gestion et l’adaptation proactive aux contraintes climatiques. Ces éléments sont devenus des facteurs déterminants pour le développement soutenu de nombreux secteurs économiques, de l’agriculture à l’industrie.
Sécurité énergétique : Vers une transition bas-carbone
La question énergétique revêt une importance stratégique capitale. La forte dépendance du Maroc aux marchés internationaux le rend vulnérable aux fluctuations des prix et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. Le programme de la BAD vise à intégrer plus profondément les impératifs climatiques dans les politiques publiques, tout en accélérant la transition vers une économie moins carbonée et plus autonome énergétiquement.
Maintenir le cap budgétaire face aux turbulences
Cette nouvelle intervention de la BAD s’inscrit dans un contexte mondial incertain, exacerbé par les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les coûts de l’énergie et du transport. Le financement, ancré dans le Cadre mondial de réponse à la crise de l’énergie et des engrais (GEFCRF) de l’institution, dépasse le simple cadre des réformes structurelles.
Il est conçu comme une intervention contracyclique, visant à préserver les marges de manœuvre budgétaires du Maroc et à garantir le maintien des dépenses prioritaires, malgré les pressions extérieures. L’objectif est d’amortir les chocs économiques sans compromettre les efforts de transformation déjà engagés.
« Notre ambition est d’aider à amortir les chocs exogènes, qu’ils soient économiques, énergétiques ou climatiques. Elle est aussi de consolider les réformes structurelles nécessaires au renforcement durable de la résilience de l’économie marocaine et de favoriser l’investissement privé », a affirmé Abdoulaye Coulibaly, directeur du département de la Gouvernance et des Réformes économiques à la BAD. Un soutien qui allie vision à court terme et ambition de transformation profonde, indispensable face aux besoins d’investissement persistants.
L’investissement privé : Catalyseur de croissance
En orientant une part significative de son action vers l’amélioration du cadre économique et institutionnel, la BAD souligne l’importance cruciale de l’investissement privé comme levier de croissance. Il ne s’agit pas uniquement de mobiliser des capitaux, mais de cultiver une économie capable de générer une valeur ajoutée supérieure, de stimuler l’innovation et de créer des emplois pérennes.
« Le Maroc a fait le choix de l’action en poursuivant ses réformes malgré les chocs externes », a rappelé Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD au Maroc. Selon lui, cet accompagnement est essentiel pour « accélérer la transformation de l’économie, soutenir la croissance inclusive et la création d’emplois, tout en renforçant la résilience du pays aux chocs climatiques et énergétiques ».
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