Googlebook OS ressemble encore trop
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Googlebook OS ressemble encore trop à ChromeOS, et ce choix technique en est la preuve

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Googlebook OS : L’Ombre de ChromeOS Plane sur l’Ambition de Google

Google se lance sur deux fronts avec sa nouvelle gamme de PC portables Googlebook : d’une part, le marché ultra-compétitif des ultraportables semi-premium, dominé par des géants comme le MacBook Air ; d’autre part, une confrontation directe avec les systèmes d’exploitation établis, Windows et macOS. Pourtant, nos premières analyses des Acer Googlebook 14 et Asus Googlebook 14 révèlent une vérité déconcertante : c’est l’OS lui-même, plus que le potentiel technique des machines, qui semble freiner leur envol.

Googlebook OS, à l’heure actuelle, s’apparente davantage à une version légèrement peaufinée de ChromeOS. À l’usage, ses limites se manifestent, le rendant encore inadapté à une véritable rivalité avec la maturité de Windows et macOS.

Des Problèmes de Jeunesse et des Choix Stratégiques Discutables

Certes, on peut passer outre les inévitables bugs et erreurs de jeunesse : l’absence de compatibilité avec les smartphones Samsung au lancement, les problèmes d’applications sur les modèles Intel, ou encore le bug d’affichage affectant les écrans OLED. Ces imperfections sont vouées à être corrigées, si ce n’est déjà fait. Cependant, d’autres limitations émanent de décisions délibérées de Google, intrinsèquement liées à la « vision » de Googlebook OS. Parmi celles-ci, un choix nous a particulièrement interpellés, bien qu’il soit pleinement assumé par la firme de Mountain View.

  • Acer Googlebook CP714-2HN-54Z3: 6/10 – 1 199,99 €
  • Asus Googlebook 14 (2026): 6/10 – 1 599,99 €

Entre Expérience Web et Application Native : Un Compromis Coûteux

Sur Googlebook OS, certaines applications bénéficient d’un lancement natif, optimisé spécifiquement pour le système de bureau de Google. Gemini, Google Maps, Messages, Keep ou encore Google Photos en sont des exemples probants, offrant une fluidité et une intégration dignes d’applications conçues pour l’OS. Mais le revers de la médaille est frappant : une majorité des services phares de Google, tels que YouTube ou Gmail, ne sont en réalité que des applications web, encapsulées dans un conteneur Googlebook OS. En d’autres termes, Googlebook OS se contente de lancer la version web de ces services.

Or, il est de notoriété publique que ces versions web sont souvent plus gourmandes en ressources processeur et, surtout, en mémoire vive. Ce surcoût en RAM a d’ailleurs été quantifié. Après le passage de WhatsApp à une version web sur Windows 11, des tests menés par Windows Latest et relayés par Notebookcheck ont révélé une consommation de RAM supérieure de 30 % par rapport à l’ancienne application native.

YouTube et Gmail, deux applications tournant comme des sites web sur Googlebook OS
YouTube et Gmail, deux applications tournant comme des sites web sur Googlebook OS // Source : capture d’écran Frandroid

Sur Windows, Microsoft a longtemps promu les Progressive Web Apps (PWA) avant d’opérer un virage stratégique en 2026, exhortant désormais les développeurs à privilégier les applications natives via son framework WinUI (anciennement WinUI 3). macOS, bien que plus enclin aux applications natives, n’échappe pas à la prolifération des solutions basées sur des frameworks web comme Electron.

Le choix de Google s’inscrit dans la continuité de ChromeOS, qui exploitait déjà les PWA pour ses services préinstallés. Cette approche permet à Google d’éviter la maintenance d’une application dédiée pour chaque plateforme de bureau, un argument également avancé par Netflix (en 2024) et WhatsApp (en 2025) pour justifier le remplacement de leurs applications natives Windows par des versions web.

Un Manque d’Ambition pour Googlebook OS ?

Interrogé par Frandroid, Google défend sa position en segmentant son catalogue d’applications en deux catégories : les expériences web « de bureau » et les applications spécifiquement conçues pour le bureau. La firme estime, à juste titre, que certaines de ses applications sont plus agréables et ergonomiques dans une version adaptée aux écrans d’ordinateurs portables.

Google souligne que les applications dites « natives » sont celles qui exploitent les capacités profondes du PC portable, comme le NPU pour Gemini ou la localisation pour Google Maps. Celles-ci sont donc développées et maintenues spécifiquement pour Googlebook OS. Cependant, contrairement à Microsoft et Apple, Google a historiquement privilégié le développement de ses services pour le web, avant de les décliner en applications mobiles. Il n’est donc guère surprenant de voir Google s’appuyer sur ces versions web pour ses applications de bureau. Mais cette stratégie, si elle permet de gagner du temps de développement, semble relever de la facilité, rappelant la posture de Microsoft avec son « nouvel Outlook » basé sur WebView2.

Si ces applications web ne manquent pas de fonctionnalités (notamment la lecture vidéo hors ligne sur YouTube), elles n’offrent pas, selon nous, une expérience suffisamment différenciante sur Googlebook OS par rapport à un PC Windows ou un Mac. Pourquoi investir dans un Googlebook si les applications clés de Google ne sont que des sites web, plus gourmands en ressources de surcroît ?

Ce choix pourrait être perçu comme un détail, voire une querelle de principe. Pourtant, il a un coût : une application web exige davantage de mémoire et de puissance processeur d’une machine vendue entre 1 099 et 1 599 euros. Face à cette interrogation, Google assure que « le système est conçu pour évoluer continuellement » et que l’optimisation de « la réactivité et de l’allocation mémoire » demeure un travail constant. L’expérience utilisateur, selon la firme, est tout aussi primordiale. Google ne précise pas, en revanche, si YouTube ou Gmail bénéficieront un jour d’une version native sur Googlebook OS, laissant planer le doute sur l’ambition réelle de son nouvel OS.


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Source: Lien externe

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