Mali : Moussa Mara, l'ex-Premier
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Mali : Moussa Mara, l’ex-Premier ministre, retrouve la liberté après une année mouvementée

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Mali : Moussa Mara, l’ex-Premier ministre, retrouve la liberté après une année mouvementée

Bamako, Mali – Un an jour pour jour après son incarcération, l’ancien Premier ministre malien, Moussa Mara, a recouvré sa liberté ce samedi 1er août. Figure politique de premier plan, le président du parti Yelema avait été écroué le 1er août 2025, suite à une condamnation pour « atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime ». Son retour au domicile, à Bamako, marque la fin d’une période de détention qui a secoué la scène politique malienne.

Un parcours judiciaire controversé

L’arrestation de Moussa Mara avait fait grand bruit. L’ex-chef du gouvernement (2014-2015) avait été interpellé après avoir partagé sur les réseaux sociaux le récit de sa visite à des prisonniers, qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », leur promettant justice. Ces déclarations, jugées subversives par les autorités, lui avaient valu une condamnation en première instance le 27 octobre 2025, confirmée en appel en février 2026. La sentence : deux ans de prison dont un ferme, assortie d’une amende de 500 000 F CFA (environ 762 euros).

« Moussa Mara a été libéré ce samedi après avoir purgé sa peine. Je confirme. Notre leader est en route en ce moment pour son domicile à Bamako », a déclaré à l’AFP un responsable de son parti, Le Changement (Yelema), sous couvert d’anonymat, soulignant les préoccupations sécuritaires persistantes dans le pays. Une source judiciaire a également corroboré l’information, précisant que l’ancien Premier ministre avait quitté la prison de Koulikoro, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

Un Mali sous la coupe de la junte

La libération de Moussa Mara intervient dans un contexte politique tendu au Mali. Dirigé par une junte militaire depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est confronté à une profonde crise sécuritaire, exacerbée par une situation économique précaire. Les autorités actuelles, menées par le général Assimi Goïta, ont durci leur emprise sur la vie publique, muselant la presse et les voix dissidentes, et allant jusqu’à dissoudre les partis et organisations à caractère politique.

Initialement, la junte s’était engagée à restaurer le pouvoir civil d’ici mars 2024, une promesse non tenue. Pire, en juillet 2025, le régime militaire a octroyé au général Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire », sans passer par la case électorale. Cette décision a soulevé de vives inquiétudes quant à l’avenir démocratique du Mali.

Le retour de Moussa Mara sur la scène publique sera scruté avec attention, alors que le pays navigue dans des eaux incertaines, entre aspirations démocratiques et réalité d’un pouvoir militaire consolidé.


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