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Les pays de la CEDEAO adhèrent au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc

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Un engagement historique de la CEDEAO pour le Gazoduc Africain Atlantique

Freetown, Sierra Leone – Un jalon majeur a été franchi ce dimanche 19 juillet lors du sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les nations membres ont solennellement apposé leur signature à l’Accord Intergouvernemental (IGA), officialisant ainsi leur adhésion au développement du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) Nigeria-Maroc. Ce projet colossal, porteur d’une ambition continentale et transcontinentale, se consolide comme un pilier de la future sécurité énergétique.

Genèse d’une vision royale stratégique

L’AAGP n’est pas une initiative ordinaire. Il est né d’une vision royale stratégique, impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’ancien Président nigérian, feu Muhammadu Buhari. C’est le 10 juin 2018, à Rabat, que fut scellé cet engagement historique avec la signature de trois accords de coopération bilatérale, dont celui relatif à ce gazoduc d’envergure. Aujourd’hui, cette initiative bénéficie du soutien réitéré de l’actuel président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, témoignant de sa pertinence et de sa continuité politique.

Une infrastructure colossale pour l’avenir énergétique

Développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.), le Gazoduc Africain Atlantique représente une infrastructure énergétique stratégique de près de 6.800 kilomètres. Son objectif est clair : garantir un approvisionnement stable et durable en gaz naturel pour les pays de l’Afrique atlantique et, au-delà, pour le continent européen. Avec un coût estimé à environ 25 milliards de dollars, ce projet s’inscrit comme l’une des plus grandes entreprises infrastructurelles du continent.

Feuille de route et prochaines étapes cruciales

La signature de l’IGA à Freetown ouvre la voie à des étapes décisives. Le calendrier prévoit notamment la création de la société de projet, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi que la mise en place de l’autorité de gouvernance du Gazoduc (Pipeline Higher Authority), qui aura son quartier général à Abuja. Ces fondations institutionnelles jetées, le projet pourra alors mobiliser les investisseurs nécessaires et préparer la décision finale d’investissement, marquant le début de la phase de construction.

Un corridor de développement pour le continent

Une fois achevé, le Gazoduc Africain Atlantique traversera treize nations de la façade atlantique africaine, pour finalement se connecter au gazoduc Maghreb-Europe dans le nord du Maroc. Sa capacité de transport est impressionnante : 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Jusqu’à 15 milliards de mètres cubes pourraient être acheminés vers le Maroc et l’Europe, tandis que le reste alimentera les marchés régionaux, stimulant ainsi le développement local. Au-delà de son rôle énergétique, cette infrastructure ambitionne de créer un marché régional intégré du gaz naturel en Afrique de l’Ouest, de soutenir la production d’électricité, de favoriser l’industrialisation et de valoriser les ressources naturelles du continent. Les premiers tronçons devraient être mis en service au début de la prochaine décennie.

Un projet ancré dans la souveraineté africaine

Initialement conçu comme une initiative stratégique bilatérale entre le Maroc et le Nigéria, l’AAGP s’affirme désormais comme un projet porté par l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. L’appropriation collective par les États membres de la CEDEAO renforce considérablement son assise politique et institutionnelle. Elle conforte l’impulsion fondatrice donnée par ses deux promoteurs, unis par la conviction que la sécurité énergétique de l’Afrique est un levier essentiel pour sa souveraineté, son industrialisation et une prospérité partagée. Le Sommet de Freetown, en consacrant cette adhésion collective, confirme la portée véritablement africaine de cette initiative et son rôle central dans les politiques d’intégration du continent. L’ONHYM et la NNPC Ltd soulignent que les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie sont désormais achevées, permettant au projet d’entrer résolument dans sa phase de développement opérationnel, après la signature à Rabat, par le Maroc et la Mauritanie, de cet Accord.


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