Vue extérieure d'un bâtiment universitaire moderne, symbolisant l'ENCG Meknès, avec des étudiants en arrière-plan flou, illustrant l'incertitude de son emplacement.
Actualité

L’ENCG Meknès, une école en dérive géographique : le cri d’alarme des enseignants

Partager
Partager
Pinterest Hidden

L’ENCG Meknès : Une Odyssée Administrative Sans Fin

Entre les villes de Meknès et El Hajeb, l’École Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG) de Meknès semble prise dans une valse-hésitation géographique qui met à rude épreuve sa stabilité institutionnelle et les conditions d’apprentissage de ses plus de 1 000 étudiants. Alors que l’établissement fait face à un surpeuplement avéré, la question de son implantation définitive demeure un feuilleton administratif aux rebondissements incessants, suscitant l’indignation de la communauté éducative.

Une Saga Administrative aux Multiples Revirements

L’histoire de l’ENCG Meknès est jalonnée de décisions contradictoires concernant sa localisation. Initialement prévue pour la province d’El Hajeb, à une trentaine de kilomètres de Meknès, l’école avait ensuite été réorientée vers Meknès même. Ce retour à la ville impériale s’inscrivait dans une vision nationale de renforcement des pôles universitaires régionaux, une stratégie validée par le ministère de tutelle. Le Conseil de l’Université, lors de sa session du 18 juillet 2025, avait d’ailleurs formellement entériné cette décision, allant jusqu’à recommander le transfert du foncier à Meknès et la publication d’un décret modificatif au Bulletin Officiel, gage de pérennité.

Cependant, le bureau local du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (SNESUP) vient de révéler un nouveau coup de théâtre : le projet serait de nouveau sur le point de basculer vers El Hajeb, ressuscitant ainsi le décret fondateur initial. Une volte-face qui laisse la communauté universitaire perplexe et exaspérée.

La Voix des Enseignants Ignorée

Ce qui choque particulièrement, c’est l’absence totale de concertation. Selon Nawal El Haouari, secrétaire générale du SNESUP local, cette énième réorientation n’a été précédée d’aucune communication officielle ni d’aucun échange avec les acteurs concernés. Une situation d’autant plus préoccupante que l’ENCG, malgré ces incertitudes, continue d’accueillir un effectif pléthorique de plus de 1 000 étudiants, dont les diplômes, conventions de partenariat et concours d’accès (CNAEM, TAFEM) portent tous la dénomination « ENCG Meknès ».

Un éventuel déménagement vers El Hajeb impliquerait une refonte majeure de l’ensemble de son cadre administratif et de ses partenariats, un défi logistique et institutionnel colossal.

El Hajeb : Un Choix Controversé pour l’Avenir des Lauréats

Au-delà des considérations administratives, la localisation à El Hajeb soulève de sérieuses questions pédagogiques et professionnelles. La province, dépourvue de liaison ferroviaire, rendrait l’accès quotidien particulièrement ardu pour les étudiants issus de la vaste région Fès-Meknès. Mais c’est surtout l’absence d’un tissu économique dense et de zones industrielles structurées à El Hajeb qui inquiète. Les stages en entreprise, pierre angulaire des formations en école de commerce, seraient gravement compromis.

En contraste, Meknès offre une zone industrielle dynamique, une gare ferroviaire bien connectée et un écosystème économique diversifié, autant d’atouts cruciaux pour l’insertion professionnelle des futurs diplômés.

L’Ultimatum du SNESUP : Vers un Boycott de la Rentrée 2026-2027 ?

Face à ce flou persistant et à l’absence de projet institutionnel clair, le bureau local du SNESUP a annoncé un programme d’action syndical. Une menace sérieuse plane sur la prochaine rentrée universitaire 2026-2027 : un boycott pourrait être envisagé si les conditions minimales d’enseignement et de formation ne sont pas garanties. À ce jour, ni la direction de l’ENCG ni la présidence de l’université n’ont jugé bon de réagir publiquement à ces préoccupations légitimes.

Un Appel Urgent à la Cohérence et à la Transparence

L’ENCG Meknès se trouve à un carrefour critique. La succession de décisions contradictoires concernant son site met en péril non seulement son fonctionnement actuel mais aussi l’avenir de centaines d’étudiants. Il est impératif que les autorités compétentes apportent rapidement des clarifications et s’engagent dans une démarche de concertation transparente avec l’ensemble des parties prenantes, afin d’assurer à cette institution l’ancrage stable et les conditions optimales qu’elle mérite. L’heure est à la responsabilité pour garantir la qualité de l’enseignement supérieur et l’employabilité des jeunes talents du Maroc.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *