Un troupeau de moutons dans un marché traditionnel, avec des acheteurs et des vendeurs en pleine négociation, symbolisant la flambée des prix avant l'Aïd Al-Adha.
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Aïd Al-Adha : Le Conseil de la Concurrence Démêle le Vrai du Faux sur le Plafonnement des Prix des Moutons

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Aïd Al-Adha : L’Envolée des Prix des Moutons et le Silence du Plafonnement

À quelques jours de l’Aïd Al-Adha, l’atmosphère est lourde d’inquiétude pour de nombreux ménages. L’envolée persistante des prix des moutons, essentielle à la célébration du sacrifice, continue d’attiser les braises de la contestation. Alors que les mesures temporaires mises en place par le gouvernement peinent à produire les effets escomptés sur le terrain, une question lancinante résonne dans le débat public : pourquoi l’option du plafonnement des prix n’a-t-elle pas été adoptée ?

Le Vrai du Faux sur le Plafonnement des Prix

Le Conseil de la Concurrence : Une Autorisation Jamais Sollicitée

Contrairement à certaines allégations circulant ces derniers jours, le Conseil de la concurrence tient à rétablir la vérité : il n’a jamais donné son feu vert au gouvernement pour fixer un prix plafond sur les ovins destinés au sacrifice. L’avis émis par l’institution se limite strictement à l’encadrement du fonctionnement des marchés et à la lutte contre les pratiques spéculatives, sans aucune intervention directe sur les tarifs.

Les Mesures Actuelles : Un Cadre Contre la Spéculation

Un Dispositif Rigoureux, des Résultats Mitigés

Le cadre réglementaire validé par le Conseil prévoit des dispositions claires. Il impose notamment la vente des moutons dans des marchés spécifiquement dédiés, à l’exception de circuits particuliers comme la vente directe à la ferme. Les vendeurs sont également tenus de déclarer leur identité, le nombre d’animaux commercialisés et leur provenance avant d’accéder aux points de vente. Par ailleurs, les mesures interdisent formellement la revente au sein des souks, les enchères artificielles visant à gonfler les prix, ainsi que le stockage illégal d’animaux pour créer une pénurie factice.

Malgré cet arsenal de régulation, les premiers retours du terrain sont loin d’être unanimes. Dans de nombreux marchés, les prix affichent toujours des niveaux prohibitifs, rendant le sacrifice de l’Aïd inabordable pour les familles aux revenus modestes.

La Colère Grondante de l’Opinion Publique

L’Appel à la Démission et le Retour du Débat sur les Prix

Cette situation tendue a ravivé les critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Mustapha Ramid, ancien ministre de la Justice, a publiquement interpellé le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, appelant à sa démission et dénonçant la cherté persistante des moutons malgré les annonces gouvernementales.

Face à cette pression populaire, la question du plafonnement des prix est inévitablement revenue au cœur des discussions. Cependant, des sources proches du Conseil de la concurrence révèlent que cette option n’a tout simplement pas été formulée dans la saisine initiale adressée par le gouvernement à l’instance.

Pourquoi le Plafonnement Reste une Illusion ?

Complexité du Marché Traditionnel et Position du Conseil

Le Conseil souligne la difficulté intrinsèque d’appliquer un plafonnement des prix dans un marché tel que celui des moutons de l’Aïd. Ce secteur est caractérisé par des négociations directes et une forte informalité. Si un encadrement pourrait être théoriquement envisageable dans les circuits modernes et organisés (comme les grandes surfaces où les prix sont affichés au kilogramme), il devient une tâche ardue dans les souks traditionnels où la vente se fait souvent « à l’œil », sans pesée précise.

Ce débat n’est pas sans rappeler celui de 2019 concernant le plafonnement des carburants. À l’époque déjà, le Conseil de la concurrence avait jugé que les conditions économiques et opérationnelles ne justifiaient pas une telle intervention sur les prix. L’institution maintient sa position, estimant que le plafonnement peut engendrer des distorsions de marché, perturber les chaînes d’approvisionnement et ne garantit pas une amélioration durable du pouvoir d’achat des consommateurs.

En conclusion, le gouvernement a opté pour une stratégie d’encadrement et de lutte contre la spéculation, délaissant l’intervention directe sur les prix. Une approche dont l’efficacité reste, à ce stade, vivement contestée par une frange significative de l’opinion publique, à l’aube d’une fête majeure.

Source: Le360

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