Des officiels et des employés de la prison locale de Béni Mellal lors de la cérémonie du 18ème anniversaire de la DGAPR, symbolisant l'engagement envers l'humanisation de la détention et la réinsertion.
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Béni Mellal : 18 ans d’innovation pénitentiaire, entre humanisation et réinsertion réussie

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Béni Mellal : Dix-huit ans d’engagement pour une révolution pénitentiaire axée sur l’humain et la réinsertion

La prison locale de Béni Mellal a récemment vibré au rythme d’une célébration significative : le dix-huitième anniversaire de la création de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). Cet événement annuel ne se contente pas d’être une simple commémoration ; il représente un jalon essentiel pour dresser le bilan des avancées, honorer le dévouement du personnel et esquisser les ambitions futures d’un secteur en pleine mutation.

Cette journée fut l’occasion de saluer l’engagement indéfectible des fonctionnaires, hommes et femmes, ainsi que des retraités, dont les efforts quotidiens contribuent à concilier impératifs de sécurité et vocation réformatrice. Leur travail, souvent dans l’ombre, est fondamental pour l’amélioration des conditions de détention et la mise en œuvre des programmes de la DGAPR, toujours dans le respect scrupuleux des droits humains.

Un tournant législatif majeur : les peines alternatives

Lors de son allocution, Hassan Bachikh, directeur de la prison locale de Béni Mellal, a mis en lumière le contexte dynamique dans lequel s’inscrit cette célébration. L’année écoulée a été marquée par l’adoption de la loi n° 43.22 relative aux peines alternatives, un texte législatif qui redéfinit en profondeur la politique pénale nationale. Cette réforme majeure introduit des sanctions substitutives à l’incarcération, ouvrant de nouvelles voies pour la réinsertion sociale des détenus et allégeant, par la même occasion, la pression sur les établissements pénitentiaires.

Concrètement, l’établissement de Béni Mellal a déjà enregistré vingt-six décisions d’exécution de peines alternatives. Celles-ci se répartissent entre le travail d’intérêt général, des mesures de restriction de droits, d’imposition de contrôles, de soins ou de qualification, ainsi que l’amende journalière. Il est à noter qu’aucun cas de surveillance électronique n’a encore été mis en œuvre. Pour garantir le succès de ces dispositifs novateurs, la prison a tissé un réseau de dix conventions de partenariat avec des acteurs régionaux et provinciaux, essentiels pour l’encadrement des travaux d’intérêt général et le déploiement des programmes de qualification et de soins.

Réduction des peines et vision stratégique 2022-2026

L’établissement a également pleinement intégré les récentes dispositions de la procédure pénale concernant la réduction automatique des peines, sous réserve de conditions légales strictes. Cette mesure incitative vise à encourager les détenus à s’investir activement dans les parcours de réinsertion et à adopter un comportement exemplaire, favorisant ainsi un climat propice à la transformation individuelle.

Le directeur Bachikh a réaffirmé que cet anniversaire est une opportunité privilégiée pour évaluer les progrès accomplis et projeter l’avenir du secteur pénitentiaire. La direction de la prison locale de Béni Mellal s’inscrit résolument dans le Plan stratégique de la Délégation générale pour la période 2022-2026. Ce plan ambitieux repose sur des piliers fondamentaux : l’humanisation des conditions de détention, le renforcement des programmes de qualification pour la réinsertion, l’optimisation de la sécurité, le développement des capacités institutionnelles, et l’intégration transversale de l’approche genre et de la dimension environnementale.

L’humain au cœur de la détention : Améliorations et Soins

L’humanisation des conditions de détention se manifeste par des avancées tangibles. M. Bachikh a détaillé les efforts déployés pour améliorer l’hébergement, moderniser les équipements de base, généraliser l’accès aux loisirs audiovisuels, et optimiser la consommation d’eau. D’importants travaux de rénovation et de maintenance ont également été entrepris, contribuant à un environnement plus digne pour les personnes incarcérées.

La prise en charge sanitaire et nutritionnelle a connu une amélioration significative. Fin 2025, la prison a enregistré plus de six mille consultations de médecine générale, des milliers de suivis psychologiques, de nombreux transferts vers les hôpitaux publics, et une offre complète de soins dentaires. Des campagnes médicales de dépistage et de sensibilisation ont été organisées, et un accompagnement spécifique est assuré pour les détenus nécessitant des séances d’hémodialyse. Le personnel paramédical a également bénéficié de formations ciblées pour le dépistage précoce de diverses pathologies.

Des parcours individualisés pour une réinsertion durable

Conformément aux Hautes Orientations Royales, la DGAPR accorde une importance capitale à l’individualisation des parcours de réinsertion. En 2025, des centaines de détenus ont ainsi pu bénéficier de formations professionnelles diversifiées, couvrant des domaines tels que la ferronnerie d’art, la peinture sur verre, l’électricité du bâtiment, la plomberie, la coiffure et la couture. L’agriculture n’est pas en reste, avec des formations en arboriculture, aviculture, pépinière et maraîchage, offrant des compétences concrètes et recherchées sur le marché du travail.

L’éducation et la lutte contre l’analphabétisme constituent un autre axe majeur. De nombreux détenus ont été inscrits dans les cycles d’enseignement primaire, secondaire et universitaire, certains décrochant même des diplômes supérieurs. Des programmes d’alphabétisation, en partenariat avec des institutions spécialisées, ont également touché un nombre considérable de bénéficiaires. L’animation socio-éducative, quant à elle, a enrichi le quotidien des détenus par une multitude d’activités religieuses, culturelles, artistiques et sportives, incluant des rencontres intellectuelles, des ateliers de créativité et des forums dédiés aux mineurs, tous orientés vers la prévention de la récidive. Un espace universitaire, fruit d’un partenariat avec l’Université Sultan Moulay Slimane, permet aux étudiants détenus de poursuivre leurs études et d’assister à des séminaires. La quinzième édition de l’initiative « l’Université dans les prisons » a d’ailleurs été consacrée au thème crucial des peines alternatives et de l’efficacité de la justice.

L’établissement de Béni Mellal s’illustre également par sa promotion des « prisons productives », avec la création de deux unités de production. La première est dédiée à la confection d’uniformes pour les détenus, tandis que la seconde se spécialise dans la valorisation et le conditionnement de céréales et d’épices. Ces initiatives offrent non seulement des compétences professionnelles, mais aussi de réelles opportunités d’insertion, notamment pour les détenues, favorisant ainsi leur autonomie et leur retour à une vie citoyenne active.

Sécurité : Un pilier inébranlable

En parallèle de ces efforts d’humanisation et de réinsertion, la direction de la prison maintient une vigilance constante en matière de sécurité. La mise en œuvre de mesures préventives et un suivi quotidien rigoureux sont essentiels pour garantir un environnement sûr et ordonné, condition sine qua non à la réussite de toutes les autres réformes et au bien-être de l’ensemble de la population carcérale et du personnel.


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