Marché aux bestiaux animé à Bamako, la veille de l'Aïd al-Adha, avec de nombreux animaux et commerçants.
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Mali : La relocalisation des marchés à bétail de Bamako, un cadeau inattendu pour les jihadistes ?

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Mali : Quand la Sécurité Alimente l’Insécurité Jihadiste à Bamako

Au lendemain de la double attaque terroriste qui a secoué Bamako en 2024, les autorités maliennes ont pris une décision radicale : démanteler les marchés au bétail de la capitale. Une mesure sécuritaire d’envergure, désormais achevée avec la destruction du site de Faladiè le 19 avril. Cependant, cette stratégie, pensée pour renforcer la sécurité, pourrait paradoxalement créer un terrain fertile pour les groupes jihadistes, les nouveaux emplacements choisis se trouvant dans des zones déjà sous leur influence.

La Fin d’une Époque : Le Démantèlement des Marchés de Bamako

Le 19 avril dernier, un chapitre important de l’histoire commerciale de Bamako s’est refermé. Sous la surveillance des forces de sécurité, des bulldozers ont réduit en poussière les installations précaires du marché au bétail de Faladiè. C’est l’épilogue d’une directive gouvernementale émise après les attaques du 17 septembre 2024, visant à éloigner ces pôles d’activités, jugés vulnérables, du cœur urbain. L’objectif affiché : centraliser et sécuriser le commerce du bétail pour mieux contrôler les flux et prévenir de nouvelles infiltrations terroristes.

Un Déplacement Risqué : Les Nouveaux Bastions de l’Économie Pastorale

Si l’intention est louable, la mise en œuvre soulève de sérieuses interrogations. Les sites désignés pour accueillir ces marchés relocalisés sont situés en périphérie de Bamako, dans des zones où l’emprise de l’État est souvent ténue et où les groupes jihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), sont particulièrement actifs. Cette délocalisation forcée expose les éleveurs et les commerçants à un risque accru d’extorsion, de taxation illégale, voire de recrutement par ces entités armées.

Les Conséquences Inattendues pour l’Économie et la Sécurité

La filière bétail est un pilier de l’économie malienne, employant des milliers de personnes et représentant une part significative du PIB. En déplaçant ces marchés vers des zones instables, le gouvernement risque de fragiliser davantage cette chaîne de valeur essentielle. Les coûts de transport et de sécurité pour les commerçants augmenteront, potentiellement répercutés sur les prix finaux, affectant le pouvoir d’achat des populations. Plus grave encore, en créant des concentrations d’activités économiques dans des zones grises, les autorités pourraient involontairement offrir aux jihadistes de nouvelles opportunités de financement et d’influence, sapant ainsi les efforts de stabilisation du pays.

Cette décision, bien que motivée par des impératifs sécuritaires immédiats, pourrait donc avoir des répercussions à long terme complexes et potentiellement contre-productives, renforçant indirectement ceux qu’elle visait à combattre. Une analyse approfondie des dynamiques locales et une consultation des acteurs de la filière auraient peut-être permis d’anticiper ces défis et d’élaborer une stratégie plus résiliente.


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