Classement des plus grandes banques d’Afrique du Nord : NBE et Misr perdent du terrain
La hiérarchie bancaire en Afrique du Nord connaît un bouleversement avec l’affaiblissement des positions égyptiennes, fragilisées par la crise monétaire de 2023. Les établissements marocains et algériens réduisent progressivement l’écart.
Le siège de la Banque nationale d’Égypte, situé dans la nouvelle capitale administrative (NAC), à l’est du Caire, le 26 décembre 2023. © Mohamed Abd El Ghany/REUTERS
Par Mathieu Galtier
Publié le 10 avril 2026
Lecture : 4 minutes.
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Les têtes d’affiche ne bougent pas mais les banques égyptiennes perdent du terrain face à leurs concurrentes marocaines et algériennes. Si l’écart en valeur absolue reste conséquent, il se réduit entre les banques d’Afrique du Nord. National Bank of Egypt et Bank Misr continuent de trôner en tête, mais elles ont vu leur bilan en dollars chuter, respectivement de 22 % et 15 % entre 2022 et 2023 (derniers bilans officiels disponibles). La chute est en grande partie due à la baisse d’un quart de la livre égyptienne face au dollar. À taux constant, les bilans de ces deux banques ont augmenté mais dans des proportions moindres que leurs poursuivants. Celui du marocain Attijariwafa Bank a progressé de 11,4 % et celui de la Banque nationale d’Algérie a pris 10 %.
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Maroc : performance malgré les contraintes
Les nouvelles politiques monétaires et la réforme du taux de change ont permis de stabiliser la dévaluation en 2025. Les banques égyptiennes – 22 dans le top 50 – devraient en bénéficier, elles qui se tournent vers l’est pour trouver un nouveau souffle. Elles espèrent bien profiter de la forte hausse des flux financiers venus du Moyen-Orient. L’ouverture de l’Éthiopie aux banques étrangères devrait également constituer une opportunité pour les établissements égyptiens de sortir de leur pré carré constitué de l’Égypte, du Soudan et de la Libye. Bien que pénalisés par un bassin de population près de trois fois moins élevé par rapport à celui de l’Égypte, et de 20 % inférieur à celui de l’Algérie, les trois filiales des groupes bancaires systémiques marocains (Attijariwafa Bank, BCP et BMCE Bank of Africa) arrivent à se hisser dans le top 10, poussées notamment par les grands chantiers de la Coupe du Monde en 2030.
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Tunisie : efficacité face aux limitations
Avec 12 banques, la Tunisie est le deuxième pays le mieux représenté de la région. Mais les établissements de crédit tunisiens sont relégués en fin de classement. Le premier de la classe, la Biat, n’arrive qu’en 16e position avec un bilan de 8,3 milliards de dollars. À noter toutefois que la première banque privée du pays dirigé par la famille Mabrouk se place en 9e position en termes de produit net bancaire, notamment devant de nombreuses banques algériennes au bilan plus important. Selon le prisme, on peut souligner le dynamisme de la banque capable de créer du revenu ou, a contrario, la relative apathie de ses consœurs algériennes plus enclines à gérer leurs actifs avec prudence.
Classement des plus grandes banques d’Égypte
National Bank of Egypt et Misr creusent encore un peu plus l’écart avec les 20 autres banques égyptiennes du classement. La troisième, Commerce International Bank, n’arrive que 9e alors qu’elle était 6e l’an dernier avec 23,9 milliards de dollars de bilan, près de six fois moins que son concurrent.
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Classement des plus grandes banques du Maroc
Ce classement permet de dresser un double constat : la domination des trois grands et la relative homogénéité du reste de la concurrence. Attijariwafa Bank, BCP et BMCE Bank of Africa dominent le paysage assez nettement. Leur bilan cumulé (111,7 milliards de dollars) est presque deux fois plus élevé que l’agrégat des six autres (57 milliards de dollars). En revanche, Crédit agricole du Maroc, CIH Maroc, Al Barid Bank, BMCI et Crédit du Maroc se tiennent dans un mouchoir de poche entre la 13e et la 18e place. Seul CFG Bank cofondée par Adil Douiri est reléguée en queue de peloton (41e).
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Le prochain classement pourrait venir bouleverser cet équilibre avec la publication des premiers résultats consolidés de Saham Bank de l’ancien ministre Moulay Hafid Elalamy, issue du rachat de la filiale marocaine de Société générale. Et peut-être que d’ici l’automne prochain, Revolut, la banque britannique 100 % digitale, aura obtenu son agrément pour installer une filiale.
Classement des plus grandes banques d’Algérie
Le marché est dominé par les trois grandes banques publiques, avec à sa tête l’indétrônable Banque nationale d’Algérie et ses 45,4 milliards de dollars de bilan et ses 780 millions de dollars de produit net bancaire. Les banques privées sont reléguées loin derrière. Les françaises Société générale et BNP Paribas continuent leur love story avec le pays malgré le contexte géopolitique compliqué, et figurent en bonne position dans le classement.
Classement des plus grandes banques de Tunisie
Comme au Maroc, les banques tunisiennes se distinguent par une certaine homogénéité mais au fond de la classe, avec quatre d’entre elles aux cinq dernières places. L’ensemble des douze établissements bancaires tunisiens offre une belle diversité : des banques possédées par des grandes familles d’industriels comme la Biat (famille Mabrouk), Amen Bank (ben Yedder), UBCI (famille Doghri) ; des banques étatiques (BNA, STB, BH Bank, etc.) ; des filiales de banques étrangères (Attijari Bank) ; une banque islamique devenue banque universelle (Wifak bank) et même une banque détenue par deux États (Banque tuniso-koweitienne), survivance de la politique financière des années 80 visant à attirer les capitaux du Golfe. Un éclectisme que nombre d’experts financiers tunisiens souhaiteraient voir rationaliser pour permettre la naissance de véritables champions régionaux.
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Mathieu Galtier
Journaliste Économie à Jeune Afrique, spécialiste finances
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