Mohamed Salem Abdel Fattah, ancien membre du Polisario, témoignant de son expérience.
Politique

Tindouf : Le Réveil d’un Ancien Cadre du Front Séparatiste – Révélations sur la Machine Propagandiste

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Tindouf : Le Réveil d’un Ancien Cadre du Front Séparatiste – Révélations sur la Machine Propagandiste

L’histoire de Salem Abdel Fattah est celle d’une odyssée personnelle et politique, un cheminement sinueux qui l’a mené des échos séduisants de la rhétorique révolutionnaire aux rouages internes de la propagande du Front Front Séparatiste, pour finalement le ramener à la lumière de la vérité et à sa patrie, le Maroc. Son témoignage, recueilli par Yabiladi, offre une plongée rare et précieuse dans les mécanismes d’endoctrinement et les réalités amères des camps de Tindouf, révélant la face cachée d’une organisation qui prétend défendre un peuple.

L’Emprise de la Propagande : Une Jeunesse sous Influence

Dans les régions du sud du Maroc des années 1990, une période marquée par une certaine ouverture politique, la propagande séparatiste tissait déjà sa toile. Mohamed Salem Abdel Fattah, alors un jeune homme en quête d’idéaux, fut l’une de ses cibles. «Pour un adolescent, un jeune, voire un enfant, il était aisé d’être captivé par ce type de propagande», confie-t-il. «Elle exploitait habilement les ressorts du tribalisme et diffusait des récits chargés d’émotion, enveloppés d’un discours romantique de libération. Il était donc naturel qu’un jeune soit attiré par ces idées.»

Son engagement le conduit au cœur du «Front Séparatiste intérieur», un réseau de cellules clandestines opérant discrètement au sein des établissements scolaires et universitaires. Leur mission : collecter, éditer et transmettre des informations, transformant chaque fait en un outil au service de l’agenda séparatiste. Cependant, même au sein de ces structures, des voix commençaient à s’élever, remettant en question la portée limitée de leur action, d’autant plus que le port d’armes leur était interdit, contrastant avec l’exaltation de la lutte armée par la propagande officielle.

Le Voyage vers l’Illusion : Au Cœur de la Machine Médiatique

C’est en 2004, après des années d’une influence insidieuse, que Salem Abdel Fattah franchit le pas. Le passage par la Mauritanie, facilité par des procédures de passeport moins contraignantes, et la diminution des risques liés à la traversée du mur de défense, le mènent aux camps de Tindouf en Algérie. Après une série d’enquêtes de sécurité, il est intégré au ministère de l’Information du Front Séparatiste, à Rabouni.

Son parcours y est rapide : de rédacteur de nouvelles à animateur, puis à la conception et présentation de programmes politiques à forte teneur propagandiste. Il se souvient : «Les médias dans les camps n’étaient pas un espace de diversité, mais un lieu monopolisé par un discours unique, visant principalement l’orientation et la mobilisation politiques.» La radio, puis un projet de télévision lancé en réponse à la chaîne régionale de Laâyoune, étaient les vecteurs exclusifs de cette pensée unique.

La Dure Réalité des Camps : Le Choc de la Contradiction

L’arrivée à Tindouf fut un véritable électrochoc pour Abdel Fattah. Le contraste entre le discours idéalisé et la réalité crue des camps était saisissant. «Une contradiction flagrante entre le discours de propagande romantique prônant la libération et la modernité, et la réalité sur le terrain», où «les disparités de classe étaient évidentes entre la direction, vivant dans le confort avec des privilèges, et le reste de la population, confrontée à des conditions sociales et économiques difficiles.»

Sa réévaluation de la situation s’est approfondie en observant d’autres dérives : la gestion opaque de l’aide humanitaire, l’instrumentalisation croissante de la religion à des fins de contrôle social, et une dépendance inquiétante envers des réseaux criminels organisés pour la sécurité des camps. Au sein même de l’appareil médiatique, qu’il considérait comme une institution civile, il découvre une gestion «révélant une nature sécuritaire, basée sur la dénonciation, la surveillance et l’espionnage.»

De la Dissentation Interne au Retour Définitif

Cette prise de conscience le pousse à l’action. Il commence à exprimer son rejet par des articles d’opinion, appelant à la réforme et à la correction de l’organisation. Ces tentatives, même limitées dans leur portée, sont accueillies par des accusations de trahison et des mesures de restriction. Progressivement, Abdel Fattah se rapproche des mouvements d’opposition internes, notamment le «Mouvement de la jeunesse du 5 mars», né dans le sillage du Printemps arabe en 2012, mais lui aussi rapidement réprimé.

Face à l’autoritarisme et à l’impossibilité de toute réforme, il se résout à une rupture inévitable. Dès le milieu des années 2000, il exprime publiquement ses doutes, avant de prendre la décision irrévocable de retourner au Maroc en 2015. Durant cette période de transition, ses activités se cantonnent à des questions sociales et politiques générales, sans prise de position radicale.

Le Tournant Décisif : La Voix des Victimes

Le véritable basculement intervient autour de 2019, avec l’émergence du «Mouvement des victimes du Front Séparatiste». Les témoignages poignants de violations, d’enlèvements et de tortures, qui se répandent depuis les camps de Tindouf et les communautés expatriées, résonnent profondément en lui. La révélation que l’un de ses propres proches a été victime des geôles du Front est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Ce moment marque une rupture définitive avec le Front Séparatiste. Salem Abdel Fattah s’engage alors activement dans l’établissement d’un cadre politique dissident, regroupant d’anciens cadres du front séparatiste, pour dénoncer les abus et œuvrer à une solution pacifique et juste pour le Sahara.


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