Mohamed Chaouki, nouveau président du RNI, en interview télévisée
Politique

Mohamed Chaouki : Le nouveau leader du RNI affirme sa stature et sa vision souverainiste

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Mohamed Chaouki : Le nouveau leader du RNI affirme sa stature et sa vision souverainiste

Trois semaines après une élection retentissante à la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI), Mohamed Chaouki a brisé le silence médiatique. Invité de l’émission « Le 12/13 » de Média24, le successeur d’Aziz Akhannouch a déployé, durant près de quarante-cinq minutes, les contours de son parcours, la légitimité de son ascension, sa vision économique résolument souverainiste et la puissance financière inébranlable de son parti à l’aube des législatives de 2026.

L’Ascension d’un « Pur Produit de l’École Publique »

Élu le 7 février à El Jadida lors d’un congrès extraordinaire, avec un score quasi-unanimiste de 99% des voix, Mohamed Chaouki a tenu à dissiper les doutes sur son profil, souvent qualifié de « méconnu ». Avec fierté, il a revendiqué ses origines modestes, issu d’une famille de classe moyenne et avant-dernier d’une fratrie de quatre enfants, soulignant son parcours de boursier. « Je suis un pur produit de l’école publique marocaine », a-t-il martelé, posant les bases d’une légitimité populaire.

Son profil professionnel est tout aussi éloquent : expert financier de haut vol, il cumule vingt-six années d’expérience dans l’investissement et la gestion d’actifs, dont treize passées dans le Golfe. Cette trajectoire l’a forgé : « J’ai évolué dans des environnements strictement régulés, ce qui m’a donné un sens aigu de l’éthique et de la valeur travail », a-t-il précisé, insistant sur la rigueur de son parcours.

Sur le plan politique, il assume un héritage familial ancré (son père fut député et président de commune) et un bref passage de deux ans et demi au Parti Authenticité et Modernité (PAM) durant sa jeunesse. Une expérience qu’il qualifie de « proximité », mais c’est au RNI qu’il déclare avoir « trouvé l’environnement adéquat pour libérer [son] énergie politique ».

L’Affirmation d’une Légitimité Incontestable : « Je ne suis pas un poids plume »

Face à Aziz Boucetta, notre chroniqueur, qui l’interrogeait sur sa « légitimité historique » en comparaison à des figures emblématiques du parti telles que Mohamed Aujjar ou Talbi Alami, Mohamed Chaouki a fait preuve d’une fermeté sans équivoque. Fort de neuf années d’engagement au sein du RNI, où il a gravi méthodiquement tous les échelons – de coordinateur provincial à régional, puis député et président de la commission des finances –, il a catégoriquement refusé l’étiquette de « parachuté ».

« Quantifiez-moi la légitimité historique ! », a-t-il lancé avec assurance, avant d’ajouter, pour clore le débat sur sa stature : « On dit que je ne suis pas un poids lourd ? Je rassure tout le monde, je ne suis pas non plus un poids plume. En tant que président du plus grand groupe parlementaire du pays, je connais parfaitement les rouages de l’État ». Une déclaration qui résonne comme une affirmation de sa pleine capacité à diriger.

Continuité et Renouveau : L’Ère Post-Akhannouch

Mohamed Chaouki n’a pas manqué de saluer la figure d’Aziz Akhannouch, qu’il a qualifié d' »architecte d’un parti structuré ». Il a souligné que l’ancien chef du gouvernement, bien que statutairement éligible à un troisième mandat, a choisi de « faire vivre le renouveau », ouvrant ainsi la voie à cette nouvelle ère.

Concernant la configuration inédite où le président du parti n’est pas le chef du gouvernement, Chaouki a clarifié la répartition des rôles : « Aziz Akhannouch reste le leader de la majorité gouvernementale, mais les grandes orientations politiques et le programme du parti sont arbitrés au sein du bureau politique que je préside ». Une distinction claire qui positionne Chaouki comme le garant de la ligne politique du RNI.

Une Vision Économique Ancrée dans la Souveraineté

Le nouveau président du RNI a articulé son discours économique autour d’un pilier fondamental : la souveraineté. Pour Mohamed Chaouki, le RNI se doit d’être le fervent défenseur de plusieurs souverainetés essentielles pour le Royaume :

  • Souveraineté industrielle :

    À travers un renforcement stratégique du « made in Morocco », visant à consolider l’autonomie productive nationale.

  • Souveraineté alimentaire :

    Il a défendu avec vigueur le bilan du Plan Maroc Vert, arguant que, malgré sept années de sécheresse persistante, la valeur ajoutée agricole a su faire preuve de résilience.

  • Souveraineté énergétique : Un impératif pour prémunir la balance commerciale des aléas et de la volatilité des cours des matières premières.
  • Souveraineté financière :

    Saluant le maintien de l' »Investment Grade » du Maroc, il a rappelé que le Royaume détient le 2ᵉ meilleur rating en Afrique, gage de confiance et de stabilité.

Abordant la question cruciale de l’emploi, il a reconnu le taux de chômage actuel comme une préoccupation majeure, l’expliquant notamment par la perte d’emplois non rémunérés en milieu rural. Sa solution s’articule autour de la mobilisation de l’épargne nationale, dont la croissance à deux chiffres est, selon lui, un signe de confiance, pour la réinjecter massivement dans l’investissement productif.

Des Réponses Claires aux Défis Nationaux

Lors d’un exercice de questions-réponses « flash », Mohamed Chaouki a exposé sans détour les positions du RNI sur des dossiers sensibles :

  • Gaz butane : Il s’est montré favorable à la décompensation, un processus qu’il estime devoir être soutenu par une aide sociale directe ciblée.
  • Financements innovants : Loin de l’idée que l’État « vend ses bijoux de famille », il a prôné l’utilisation de mécanismes tels que le « lease-back » et les émissions obligataires, citant le succès du financement du port de Dakhla comme exemple probant.
  • Retraites : Une prudence affichée. Il a déclaré attendre les conclusions des commissions techniques avant de se prononcer sur un éventuel report de l’âge de départ.
  • SMIG : Favorable à une augmentation, mais toujours dans le cadre d’un dialogue social constructif et en veillant à préserver les équilibres macroéconomiques du pays.

Répondant aux critiques sur la corruption et l’enrichissement illicite, Mohamed Chaouki a défendu les réformes judiciaires initiées sous le mandat actuel, les qualifiant de « courageuses, bien que parfois impopulaires ». Face à la remarque d’Aziz Boucetta sur un « Maroc à deux vitesses », l’élu de Boulemane a rétorqué avec conviction : « Je suis un député de la ruralité. Je milite chaque jour contre cette précarité que je côtoie sur le terrain ».

Cap sur 2026 : Le RNI Prêt à Consolider sa Position

À seulement six mois des législatives de septembre 2026, Mohamed Chaouki n’a pas dissimulé son ambition : maintenir le RNI à la première place. Face aux rumeurs persistantes suggérant que le départ d’Akhannouch pourrait tarir les sources de financement du parti, il a été catégorique : « C’est un discours faux. Le RNI est une institution. Nous avons 200.000 adhérents, des contributions obligatoires de nos élus et des fonds propres planifiés. Notre machine électorale s’appuie sur 10.000 conseillers communaux et 500 présidents de commune. Nous sommes prêts ».

L’entretien s’est conclu sur une invitation ouverte à ses détracteurs à l’Université des jeunes du RNI, un appel à la confrontation des idées pour prouver que le socle idéologique du parti, la social-démocratie, est « bel et bien vivant au sein des structures de base ». Une manière d’affirmer la vitalité et la profondeur de l’engagement du RNI sur l’échiquier politique national.


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