Rachida Dati lâche les rênes de la Culture pour la conquête de Paris
À moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, le paysage politique français connaît un nouveau rebondissement. Rachida Dati, figure emblématique et candidate déclarée à la Mairie de Paris, a officialisé ce mercredi 25 février au soir sa démission du ministère de la Culture. Une annonce faite sur BFM-TV, où l’ancienne garde des Sceaux a affirmé avoir remis sa lettre de démission au président de la République, Emmanuel Macron, dans la matinée.
« J’ai été très heureuse d’être au ministère de la Culture, mais le combat de ma vie, c’est Paris », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi sa volonté de se consacrer pleinement à la campagne électorale qui l’attend dans la capitale.
L’Élysée salue une « action utile » et encourage le « combat » parisien
La réaction de l’Élysée ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué laconique, la présidence a indiqué que « le chef de l’État l’a remerciée pour l’action utile qu’elle a déployée au service des Français ces deux dernières années et lui a adressé tous ses encouragements dans le combat qu’elle mène ». Un message de soutien teinté d’une reconnaissance pour un mandat qui, malgré les turbulences, a vu Rachida Dati s’imposer comme l’une des rares ministres à traverser les remaniements successifs depuis janvier 2024, et ce, en dépit de poursuites pour corruption qui la mèneront devant les tribunaux à l’automne.
Un bilan entre réalisations revendiquées et chantiers inachevés
Au-delà des péripéties judiciaires, Rachida Dati a tenu à défendre son bilan. Dans un communiqué émanant de son équipe, elle a mis en avant des succès tels que le renforcement de la culture dans les territoires ruraux et la protection du patrimoine. Elle a également assuré avoir « limité la casse » budgétaire, malgré une coupe de 173,4 millions d’euros sur un budget de 3,7 milliards (hors audiovisuel) cette année.
Cependant, son passage rue de Valois reste marqué par des dossiers complexes et parfois inaboutis. Sa réforme de l’audiovisuel public, visant à fédérer France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel au sein d’une holding pour faire face aux géants du streaming, n’a pas encore vu le jour. De même, son mandat a été émaillé par les soubresauts du Musée du Louvre, entre le vol de bijoux à l’écho planétaire et une grève perlée du personnel entamée à la mi-décembre, témoignant de tensions internes profondes.
Une sortie orchestrée après un bras de fer avec Matignon
Le départ de Rachida Dati n’est pas une surprise, mais plutôt l’épilogue d’un bras de fer discret avec le premier ministre, Sébastien Lecornu. Pressée de quitter son poste depuis plusieurs semaines, notamment à l’approche de la période de réserve électorale (fixée au 22 février), la ministre a habilement joué la montre. Elle avait argué de la nécessité de « terminer sa mission » et de « mettre en place une nouvelle gouvernance » au Louvre, dont la présidente Laurence des Cars a annoncé son départ mardi soir. La nomination de Christophe Leribault à la tête du musée ce mercredi a ainsi coïncidé avec sa propre annonce.
Rachida Dati avait par ailleurs rappelé le précédent d’Édouard Philippe, resté à Matignon tout en menant sa campagne municipale au Havre en 2020, pour justifier son maintien. Finalement, Matignon avait annoncé un remaniement en milieu de semaine, prétextant des motions de censure pour justifier ce léger report.
Un remaniement plus large se dessine
Ce départ s’inscrit dans un mouvement plus large au sein du gouvernement. L’Élysée avait déjà officialisé dimanche la nomination de David Amiel au ministère de l’Action et des Comptes publics, succédant à Amélie de Montchalin, qui a pris ses fonctions à la présidence de la Cour des comptes ce lundi. Ces ajustements, à l’approche d’échéances électorales importantes, témoignent d’une volonté de l’exécutif de réaffirmer ses priorités et de repositionner ses forces vives.
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