Bachir Dkhil, ancien membre fondateur du Front Polisario, posant pour un portrait en intérieur.
Politique

Sahara : L’Histoire Oubliée Avant le Front Séparatiste, Révélée par Bachir Dkhil

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L’Autre Voix du Sahara : Bachir Dkhil Révèle les Années Pré-Front Séparatiste

Yabiladi ouvre ses colonnes à un témoignage d’une valeur historique inestimable. Dans une série d’entretiens exclusifs, Bachir Dkhil, figure emblématique et ancien membre fondateur du Front Front Séparatiste, aujourd’hui de retour au Maroc, lève le voile sur les réalités méconnues du Sahara Marocain avant l’émergence du mouvement séparatiste. Une plongée fascinante dans les origines d’un conflit qui modèle la région depuis plus de quatre décennies.

Laâyoune des Années 60 : Entre Sérénité Nomade et Premiers Frémissements

Né à Laâyoune en 1954, Bachir Dkhil nous transporte dans une ville alors modeste, mais où « toutes les conditions de vie étaient favorables pour s’y installer ». Il dépeint un tableau de paix relative, régnant des années cinquante jusqu’au début des années soixante-dix, malgré la présence passée de l’Armée de libération et des forces coloniales. Sa génération, élevée dans la tradition nomade, bénéficiait déjà d’une éducation « conformément à un système occidental », signe d’une ouverture précoce.

Un Monde Simple, des Frontières Floues

Le regard de Bachir Dkhil sur cette époque est celui d’un monde moins complexe, où les notions de temps et de frontières n’avaient pas la rigidité d’aujourd’hui. L’identité « sahraouie » elle-même était perçue différemment, le monde se divisant principalement entre « musulmans et chrétiens ». Cette région vivait alors dans un certain isolement du monde arabe et musulman, ses premières interactions extérieures marquantes étant liées à l’opération militaire espagnole « ligne de sable », une riposte aux protestations des habitants de Laâyoune.

Le Déclic et la Mémoire des Combats

C’est cette confrontation qui agit comme un catalyseur pour le jeune Bachir : « J’ai commencé à sentir que cette situation n’était pas normale et qu’il fallait faire quelque chose pour la changer. » Il se remémore avec acuité les « attaques aériennes et les tirs à balles réelles » de la fin des années 1950, ainsi que la présence de « soldats en tenues militaires ». Ses propres frères, nous confie-t-il, faisaient partie de l’Armée de libération, une force hétérogène composée de « sahraouis et de non-sahraouis ».

Il souligne l’épisode crucial où les membres de l’Armée de libération, venus du nord du Maroc, refusèrent de déposer les armes après les accords d’Aix-les-Bains, poursuivant leur lutte contre l’occupation espagnole. L’intervention française, via l’opération Écouvillon, imposa de nouvelles frontières, « séparant des familles entières ». Pour Dkhil, il était clair qu’il fallait « secouer le cocotier pour changer la situation ».

Une Appartenance Ancrée dans l’Histoire

Concernant le sentiment d’appartenance, Bachir Dkhil insiste sur la simplicité des liens qui unissaient la population dans les années 1960 : « Il n’existait ni partis politiques, ni associations. Il y avait une population que liaient la religion musulmane et l’appartenance à la terre. » Il met en lumière une connexion profonde et historique avec le pouvoir central marocain, bien antérieure à 1975. « Nous sommes musulmans achârites et malékites. Nous accomplissions des prières au sultan dans les mosquées et les contenus de l’enseignement originel à Laâyoune ne différaient pas de ceux enseignés à Fès, Rabat, ou dans d’autres villes du Maroc », affirme-t-il, soulignant l’unité culturelle et religieuse qui prévalait.


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