Vue aérienne d'une vaste plaine agricole au Maroc, inondée par les eaux, avec des champs submergés et des arbres partiellement immergés, illustrant l'impact du choc hydrique sur l'agriculture du Gharb.
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Maroc : Quand l’Eau Abondante Devient un Choc Économique pour le Gharb Agricole

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Le Paradoxe Cruel du Gharb : L’Eau, Source de Vie et de Ruine

Alors que les réservoirs du Maroc débordent, atteignant des niveaux historiques après les pluies torrentielles de janvier 2026, un drame silencieux se joue dans la fertile plaine du Gharb. Loin de célébrer cette manne hydrique tant attendue, la région est frappée de plein fouet par un « choc hydrique » d’une ampleur inattendue. Les lâchers d’eau massifs, nécessaires à la sécurité des barrages, ont transformé des milliers d’hectares de terres agricoles en un vaste marécage, menaçant de ruiner une campagne agricole entière et de fragiliser l’un des piliers de l’économie nationale.

Des Filières Stratégiques Submergées

L’onde de choc se propage à travers les filières agricoles les plus vitales du Gharb, promettant des pertes économiques considérables.

Les Agrumes : Un Verger sous les Eaux

La filière agrumicole, fleuron de la région, est la première victime. Près de 15 000 hectares de vergers sont aujourd’hui sous les eaux. Au-delà de la récolte actuelle, déjà compromise, l’inquiétude grandit quant à la survie même des arbres. Une stagnation de l’eau au-delà de 48 à 72 heures peut entraîner l’asphyxie racinaire, condamnant irrémédiablement les plantations, notamment les plus jeunes. Pour de nombreux agriculteurs, ce sont des décennies d’investissement et de travail acharné qui risquent d’être anéanties.

La Betterave Sucrière : L’Amertume de l’Excès

Autre culture stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays, la betterave sucrière est également en péril. L’engorgement des sols rend le passage des engins agricoles impossible, entravant les travaux essentiels. Les premières estimations, alarmantes, prévoient une chute potentielle de 30% de la production régionale, une part significative des racines risquant de pourrir directement dans la terre gorgée d’eau.

Le Maraîchage : Une Pression sur les Marchés

Les cultures maraîchères, essentielles à l’approvisionnement des villes, ne sont pas épargnées. La perturbation de la production dans le Gharb se fait déjà sentir sur les marchés de gros. À Casablanca et Rabat, les prix des produits de première nécessité comme les tomates, les oignons et les pommes de terre ont grimpé de 15% en seulement quatre jours, annonçant un choc d’offre imminent sur les circuits de distribution courts.

L’Ardoise Salée des Exploitations et de l’Élevage

Les conséquences dépassent largement la simple perte de récoltes. L’infrastructure agricole, modernisée à grands frais, subit des dommages structurels majeurs. Les réseaux de goutte-à-goutte, les stations de pompage et les serres, souvent financés par des crédits bancaires en cours de remboursement, exposent les exploitants à un risque de surendettement critique. L’élevage n’est pas en reste : étables endommagées, stocks de fourrage détruits… Les professionnels anticipent déjà une flambée des prix de l’aliment de bétail, aggravée par la disparition des cultures fourragères locales.

MAMDA : Un Rôle Central, des Lacunes Révélées

La Mutuelle Agricole Marocaine d’Assurances (MAMDA) est au front de cette crise. Ses équipes, épaulées par des drones de haute précision, s’activent pour cartographier les zones inondées et évaluer l’ampleur des dégâts. Cependant, une faille majeure apparaît : si l’assurance contre la sécheresse est bien ancrée, la couverture contre les inondations reste souvent optionnelle et, par conséquent, sous-souscrite. Cette situation pourrait laisser de nombreux petits agriculteurs sans aucune indemnisation face à des pertes dévastatrices.

Un Choc Conjoncturel pour l’Économie Agricole Nationale

À l’échelle macroéconomique, les répercussions commencent à prendre forme. Des analystes prévoient une décélération de 0,5 point de la croissance du PIB agricole en 2026, directement imputable à ces inondations. Le paradoxe est saisissant : le Maroc dispose enfin d’une ressource hydrique abondante, mais cette surabondance risque de maintenir une inflation alimentaire élevée au printemps, en raison de la destruction d’une partie de l’offre locale. Face à l’urgence, les autorités élaborent un plan d’urgence visant à relancer les semis de printemps et à sécuriser les futures récoltes. Pour la plaine du Gharb, l’heure n’est plus aux chiffres de remplissage des barrages, mais à la lutte pour la survie économique d’un territoire devenu, malgré lui, la variable d’ajustement de la sécurité hydraulique du Royaume.


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