Diplomatie marocaine paix
Actualité

Le Maroc, Architecte de Paix : Une Diplomatie Audacieuse au Cœur des Nouvelles Architectures de Sécurité Mondiale

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Le Maroc, Pilier de Paix : Une Stratégie Audacieuse au Cœur des Nouvelles Architectures de Sécurité Mondiale

La récente réunion inaugurale du Conseil de paix à Washington, largement couverte pour ses aspects factuels, révèle une dimension stratégique bien plus profonde. En s’y associant, le Royaume du Maroc n’a pas seulement réaffirmé son engagement indéfectible en faveur de la paix ; il a également consolidé sa position en tant qu’acteur structurant des architectures de sécurité globale. Entre un pragmatisme opérationnel affirmé et une constance diplomatique inébranlable, quels horizons se dessinent pour Rabat ? Le Dr Yassine El Yattioui, éminent enseignant-chercheur à l’Université Lumière Lyon II et chercheur associé sur la zone MENA à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla au Mexique, nous éclaire sur ces enjeux cruciaux.

Mounia Senhaji | 22 Février 2026 À 18:00

Suivez-nous sur notre chaîne WhatsApp

Le Conseil de Paix : Une Réponse Pragmatique aux Crises Contemporaines

Au-delà des simples comptes rendus, la portée de la réunion du 19 février 2026 à Washington D.C. réside dans son interprétation stratégique. Cette rencontre n’est pas un événement diplomatique isolé, mais s’inscrit dans une dynamique internationale pressante, celle de la quête de nouveaux mécanismes pour gérer les crises, particulièrement au Moyen-Orient. L’administration américaine a présenté cette initiative comme un cadre d’action résolument pragmatique, visant la stabilisation et la reconstruction de Gaza.

La méthode est claire : privilégier l’efficacité opérationnelle, forger des coalitions

ad hoc, et progresser par « solutions concrètes » plutôt que de s’enliser dans des débats de principe. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a justifié la création du Conseil par la singularité de la crise gazaouie, estimant que les institutions internationales traditionnelles n’avaient « ni résolu ni compris » l’ampleur de ce défi. Il a martelé que la reconstruction était la seule voie possible, déclarant avec force : « il n’y a pas de plan B pour Gaza », réduisant toute autre option à un retour inéluctable à la guerre. Rubio a également souligné l’approbation des Nations unies pour ce groupe, le présentant comme un modèle prometteur, potentiellement reproductible pour d’autres situations complexes à l’avenir.

L’Engagement Opérationnel du Maroc : Une Contribution Structurée pour Gaza

Lors de cette réunion historique, Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères, a détaillé les cinq engagements précis du Maroc en soutien au plan américain de reconstruction et de stabilisation de Gaza. Rabat a ainsi manifesté une implication structurée et résolument opérationnelle, couvrant une contribution financière significative, des déploiements sécuritaires ciblés, un appui sanitaire essentiel, et une action proactive contre les discours de haine.

En écho à cette démarche, Mike Waltz, le représentant américain auprès des Nations unies, a étayé l’approche par des données chiffrées éloquentes. Il a mis en lumière la montée en puissance du Centre de Commandement Civilo-Militaire (CMCC), qui rassemble désormais plus de 70 nations. Ce centre est chargé de coordonner l’acheminement de l’aide et d’assurer une « déconfliction » efficace avec les acteurs sur le terrain. Les résultats sont tangibles : 4 200 camions d’aide humanitaire entrent à Gaza chaque semaine depuis treize semaines consécutives, avec un taux de détournement inférieur à 1% sur le mois. Ces efforts ont conduit à un recul spectaculaire des situations de famine grave (passant d’environ 30% à 1%), ainsi qu’à des améliorations notables en matière d’accès à l’eau potable et de lutte contre la malnutrition infantile. « Un conseil d’action, et non de discussions interminables », a résumé M. Waltz, attribuant ces succès à l’impulsion présidentielle et à la synergie civilo-militaire.

La Position Marocaine : Entre Engagement Concret et Constante Diplomatique

C’est dans ce contexte, et en parfaite adéquation avec la philosophie d’action prônée par Washington, que le Maroc a pris part aux délibérations. Sous les Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le ministre Nasser Bourita a réaffirmé le soutien du Royaume à toute initiative sérieuse visant une paix juste et durable. Fidèle à sa position historique sur la question palestinienne, le Maroc a rappelé avec force que la reconstruction de Gaza ne saurait être dissociée d’un horizon politique clair, fermement ancré sur les paramètres internationalement reconnus, au premier rang desquels figure la solution à deux États.

Au-delà des principes, Rabat a présenté un engagement concret et multidimensionnel pour Gaza, articulé autour de volets humanitaire, institutionnel et sécuritaire, le tout s’inscrivant dans une logique de stabilisation post-conflit. Cette approche est une illustration parfaite de la doctrine diplomatique marocaine, qui allie multilatéralisme, promotion de la stabilité régionale et primauté du dialogue, tout en s’adaptant aux nouvelles dynamiques de coordination internationale impulsées par les États-Unis.

S.M. le Roi Mohammed VI : Un Soutien Royal pour la Reconstruction et la Paix

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, a exprimé son soutien à l’action du Président américain Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, tout en lançant un appel vibrant à l’avènement d’un processus réel de paix au Moyen-Orient. C’est ce qu’a souligné Nasser Bourita lors de la réunion inaugurale du Conseil de Paix à Washington.

Questions de Fond et Perspectives Stratégiques

Cette participation marocaine soulève des interrogations essentielles : quels sont les leviers stratégiques de cette démarche ? Que révèle l’émergence de ce type de format sur l’évolution de la gouvernance internationale ? Comment concilier un engagement opérationnel fort avec un attachement inébranlable aux références onusiennes ? Et quelles perspectives cette implication ouvre-t-elle pour le positionnement diplomatique du Royaume ?

Pour éclairer ces questions complexes, « Le Matin » a sollicité l’analyse du Dr Yassine El Yattioui.

Dr. Yassine El Yattioui : Le Maroc, Co-constructeur des Cadres de Régulation des Crises

Le Matin : Avant d’aborder les conclusions de cette première réunion, comment interprétez-vous la participation du Maroc au Conseil de la paix à la lumière de sa doctrine diplomatique, historiquement fondée sur le multilatéralisme, la promotion de la stabilité régionale et la primauté du dialogue politique ? Peut-on parler d’un repositionnement stratégique du Maroc dans l’architecture internationale de sécurité ?

Yassine El Yattioui : La participation du Maroc au Conseil de la paix ne constitue pas une rupture doctrinale, mais plutôt une reconfiguration astucieuse et cohérente de sa trajectoire diplomatique. Elle prolonge des constantes historiques tout en les adaptant avec agilité à une configuration internationale en mutation profonde. Depuis 1956, la politique étrangère marocaine s’est érigée sur des piliers normatifs et pragmatiques : un attachement viscéral au multilatéralisme, une quête incessante de stabilité régionale, la centralité du dialogue politique comme outil de résolution des conflits, et une valorisation constante de la coopération internationale. En s’engageant dans ce nouveau format, le Maroc ne déroge pas à ces principes, mais les actualise, démontrant sa capacité à innover tout en restant fidèle à son ADN diplomatique. Cette démarche lui confère le statut d’acteur de co-construction des cadres globaux de régulation des crises, renforçant ainsi son influence et sa légitimité sur la scène internationale.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *