Alors que l’année 2025 touche à sa fin, le panorama du commerce extérieur marocain se dessine en clair-obscur, révélant une dualité saisissante. D’un côté, le fleuron de l’exportation, l’industrie automobile, connaît un ralentissement inattendu. De l’autre, la facture énergétique, éternel talon d’Achille, offre une bouffée d’oxygène grâce à des prix internationaux plus cléments. Ces deux forces antagonistes, détaillées par l’Office des Changes, dessinent un tableau complexe des équilibres macroéconomiques du Royaume.
L’Automobile : Le Moteur de l’Exportation Tousse Légèrement
Le secteur automobile, véritable locomotive des exportations marocaines, enregistre en 2025 un léger fléchissement. Avec 154,5 milliards de dirhams de ventes à l’étranger, contre 157,6 milliards l’année précédente, la baisse atteint 2%. Si ce recul est modéré, il n’en demeure pas moins significatif pour le premier pourvoyeur de devises du Royaume, dont les exportations nationales globales s’élèvent à 469,1 milliards de dirhams.
Un Ralentissement Concentré, une Résilience Saluée
L’analyse fine des chiffres révèle que ce coup de frein est principalement imputable au segment de la construction automobile, dont les exportations ont chuté de 13,6%, passant de 71,0 à 61,3 milliards de dirhams. Un recul qui, par son ampleur, impacte la performance globale. Cependant, l’écosystème automobile marocain démontre une capacité d’adaptation. Le câblage automobile
, par exemple, affiche une croissance robuste de 7,7%, atteignant 57,8 milliards de dirhams. De même, le segment de l’
intérieur de véhicules et sièges progresse de 6,7%, pour s’établir à 9,7 milliards de dirhams. Ces dynamiques divergentes signalent une mue du secteur, où les activités à plus forte valeur ajoutée industrielle semblent mieux résister aux turbulences.
Importations : Le Marché Intérieur Accélère
Paradoxalement, les importations du secteur automobile connaissent une flambée. Les acquisitions de voitures de tourisme bondissent de 37,7% sur un an, atteignant 39,4 milliards de dirhams. Les véhicules utilitaires ne sont pas en reste, avec une hausse spectaculaire de 66,3%, à 10,8 milliards de dirhams. Cette effervescence des importations, qui participe à une augmentation globale de 8% des importations de biens en 2025, témoigne d’une demande intérieure vigoureuse. Elle révèle également une dépendance accrue aux modèles étrangers, alors même que la production locale orientée vers l’exportation peine à maintenir son rythme.
La Facture Énergétique : Un Répit Bienvenu
Contrastant avec la prudence du secteur automobile, la facture énergétique marocaine offre une éclaircie inattendue. Les importations d’énergie et lubrifiants s’établissent à 107,6 milliards de dirhams en 2025, marquant une diminution de 5,5% par rapport à 2024 (113,8 milliards de dirhams). Cet allègement de 6,26 milliards de dirhams est d’autant plus remarquable qu’il s’agit de la seule catégorie d’importations à enregistrer une baisse cette année.
L’Effet Prix : Le Facteur Clé d’une Baisse Trompeuse
Ce recul salvateur est avant tout le fruit d’une conjoncture internationale favorable. La chute des prix des gas-oils et fuel-oils (-9,7%, à 51,5 milliards de dirhams) et du gaz de pétrole et autres hydrocarbures (-8,8%, à 19,4 milliards de dirhams) a masqué une réalité moins reluisante : les volumes importés ont, eux, augmenté de 5,6%. L’Office des Changes attribue cette dynamique à un « effet prix négatif » de 14,5%. Un bémol cependant : les importations d’énergie électrique connaissent une envolée spectaculaire, passant de 43,4 millions à 2,5 milliards de dirhams, signe d’une mutation progressive du bouquet énergétique national.
Deux Trajectoires, Un Défi National : L’Équilibre Commercial
L’année 2025 s’achève sur un constat ambivalent pour le commerce extérieur marocain. Tandis que l’industrie automobile, malgré son statut de pilier, doit naviguer entre un recul de la construction et la résilience de ses segments à forte valeur ajoutée, la facture énergétique offre un répit bienvenu, bien que précaire, grâce à l’accalmie des prix mondiaux. Ces dynamiques croisées ont permis de modérer l’élargissement du
déficit commercial, qui atteint néanmoins 353,1 milliards de dirhams.
Ces chiffres, loin d’être anecdotiques, soulignent l’impératif stratégique pour le Maroc : conjuguer une performance industrielle robuste avec une gestion rigoureuse de ses approvisionnements énergétiques. L’avenir de la balance commerciale du Royaume dépendra de sa capacité à transformer ces défis en opportunités, en renforçant la compétitivité de ses exportations et en diversifiant ses sources d’énergie.
Analyse par Abdelhafid Marzak pour Les Inspirations ÉCO.
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