Le Maroc face à la flambée du charbon : une résilience à l’épreuve des tensions mondiales
Alors que les ondes de choc du conflit au Moyen-Orient secouent les marchés mondiaux de l’énergie, le Maroc, bien que moins directement exposé que pour le pétrole ou le gaz, n’échappe pas à la hausse des prix du charbon. Cette ressource, pierre angulaire de la production électrique du Royaume, voit son coût s’envoler, soulevant une question cruciale : jusqu’à quand les consommateurs marocains resteront-ils à l’abri de cette inflation énergétique ?
Le charbon, poumon énergétique du Royaume
Le mix énergétique marocain repose en grande partie sur le charbon, notamment via des infrastructures clés comme la centrale thermique de Jorf Lasfar, opérée par Taqa Morocco. Cette dépendance structurelle, si elle offre une certaine indépendance vis-à-vis des aléas du détroit d’Ormuz pour les hydrocarbures liquides, expose le pays aux fluctuations du marché international du charbon. Le prix de la tonne, autrefois stable, connaît désormais une ascension notable, directement corrélée aux incertitudes géopolitiques et aux tensions qui embrasent la région du Golfe persique.
Une bulle de protection temporaire ?
Pour l’heure, l’impact direct sur la facture des ménages et des entreprises marocaines semble contenu. Cette apparente stabilité est probablement le fruit de mécanismes de régulation et de contrats d’approvisionnement à long terme qui amortissent les chocs. Cependant, cette protection n’est pas éternelle. Les réserves stratégiques et les accords existants ont une durée limitée, et la persistance des tensions mondiales pourrait inévitablement se répercuter sur le coût final de l’électricité.
Les défis à venir pour l’ONEE et la stratégie énergétique
L’ONEE en première ligne
L’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) se trouve au cœur de cette problématique. Garant de l’approvisionnement électrique du pays, il doit jongler entre la nécessité d’assurer une production suffisante et la gestion des coûts d’achat du charbon. Une pression accrue sur ses finances pourrait, à terme, rendre inévitable une révision des tarifs ou une augmentation des subventions, avec des implications budgétaires non négligeables pour l’État.
Accélérer la transition, un impératif renforcé
Cette situation met en lumière l’urgence et la pertinence de la stratégie marocaine de transition énergétique. Le développement des énergies renouvelables – solaire, éolien – apparaît plus que jamais comme une voie essentielle pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et garantir une sécurité énergétique durable. Les investissements dans ces secteurs, déjà significatifs, pourraient être intensifiés pour prémunir le Royaume contre les chocs futurs et stabiliser les prix pour les consommateurs.
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Par Salomé Krumenacher
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