Kagame : RDC, Sanctions US, Mozambique… Le Président Rwandais S’Exprime Sans Détour
Dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame a abordé de front les dossiers brûlants qui agitent la région. Des sanctions américaines à la présence de ses troupes en République Démocratique du Congo, en passant par l’engagement militaire au Mozambique, le chef d’État n’a éludé aucune question, livrant une vision sans fard de la politique de Kigali. François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, décrypte ces révélations au micro de Catherine Potet pour La Semaine de JA sur RFI.
La RDC et la « Défense Préventive » : Une Reconnaissance Inédite
C’est une déclaration qui marque un tournant : « Je crois que c’est la première fois qu’il y a une reconnaissance explicite de la part de Paul Kagame de la présence de ses troupes dans l’est du Congo », souligne François Soudan. Le président rwandais a clairement justifié cette présence par des impératifs de sécurité nationale. « Ce qu’on entend par mesures défensives, cela veut dire défendre notre territoire contre ceux qui le menacent. Ce qui implique plusieurs possibilités, comme l’usage de notre matériel militaire, le déploiement de troupes sur le terrain ou d’autres choses », a-t-il affirmé, assumant même de « défendre sa frontière à 5, 10 ou 20 kilomètres au-delà ».
Face aux Sanctions Américaines : Une Réplique Incisive
Début mars, les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise, l’accusant de soutenir les rebelles du M23. Une décision que Paul Kagame rejette avec véhémence. « Nous ne faisons que nous défendre contre des actes génocidaires des FDLR soutenus par l’armée congolaise, a rétorqué le chef de l’État rwandais. Et les sanctions équivalent à blâmer les victimes tout en félicitant les auteurs des forfaits. Qu’on n’attende pas de moi que je demande pardon et que j’accepte des sanctions injustifiées. » Une position ferme qui réaffirme la détermination de Kigali face à ce qu’il perçoit comme une injustice.
Joseph Kabila à Goma et l’Avenir au Mozambique
Un ancien président congolais « bienvenu »
La présence de l’ancien président Joseph Kabila à Goma a également été un point central de l’interview. La réponse de Paul Kagame est susceptible de faire grand bruit à Kinshasa. « Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus », a déclaré le président rwandais, ajoutant qu’il « ne voit pas pourquoi il lui refuserait le passage pour se rendre à Goma ». Cette ouverture envers Joseph Kabila, notamment concernant son rôle potentiel dans l’AFC/M23 et le dialogue de paix, a été relayée par Jeune Afrique sur Twitter.
En interview à Jeune Afrique, le président du Rwanda Paul Kagame a évoqué l’ancien président congolais Joseph Kabila.
Et notamment sa position dans l’AFC/M23, et dans le dialogue de paix. pic.twitter.com/MrebYV7bIX— Jeune Afrique (@jeune_afrique) April 3, 2026
Le Mozambique : une mission conditionnée par le financement
Concernant l’intervention militaire rwandaise au Mozambique, la décision de l’Union européenne de ne plus soutenir financièrement l’armée rwandaise dans sa lutte contre les jihadistes a été vivement commentée par le président. François Soudan note que cette nouvelle « passe mal » à Kigali. Paul Kagame, à 68 ans et à la tête du Rwanda depuis 2000, a été catégorique : « Si personne ne prend en charge les dépenses liées à cette mission, nous sommes prêts à partir à tout moment ». Une déclaration qui met en lumière la pragmatique et parfois intransigeante diplomatie rwandaise. « C’est du Kagame pur sucre », conclut François Soudan, résumant ainsi la nature directe et sans compromis des propos du président.
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