En ce début de printemps 2026, le Maroc continue de faire face à la progression des criquets pèlerins. Si les campagnes de traitement intensives ont prouvé leur efficacité dans les bastions historiques du Sud, notamment à Laâyoune et Dakhla, l’attention des autorités se tourne désormais vers la vallée de l’oued Drâa, où une concentration accrue d’acridiens est signalée.
Une victoire tactique au Sud, mais la menace se déplace
Les régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab et de Laâyoune-Sakia El Hamra, autrefois épicentres de l’invasion, ont bénéficié de l’intervention massive des équipes de lutte. Au cours des trois derniers mois, un impressionnant total de 1.530 zones a été traité à travers le royaume, dont 1.010 spécifiquement dans ces provinces du sud. Ces efforts ont permis de réduire significativement la présence des nuisibles, avec seulement une zone isolée à l’est d’Oued Lakraa signalée à Dakhla actuellement.
Le Drâa, nouveau foyer d’inquiétude
Cependant, la vigilance reste de mise. Les criquets pèlerins, dotés d’une capacité de déplacement remarquable, ont migré vers le nord, s’établissant en fortes concentrations autour de Guelmim et de Tata. Une présence, bien que moindre, est également notée dans le corridor entre Chtouka Aït Baha et Tiznit, au cœur de la région de Souss-Massa-Drâa.
La FAO alerte sur une reproduction active et des mouvements à venir
Le dernier bulletin de la FAO, publié ce 3 avril 2026, confirme cette dynamique. L’organisation internationale souligne une intensification de la reproduction des criquets pèlerins au Maroc, avec une progression notable du sud vers le nord-est, atteignant désormais les environs d’Errachidia. Face à cette situation, la FAO insiste sur la nécessité de maintenir des efforts de lutte « soutenus » pour contenir l’expansion.
Des larves et un essaim précurseur
Plus précisément, le rapport de la FAO fait état, depuis le 19 mars, de l’observation de groupes de larves et de petites bandes sur onze sites distincts, s’étendant de Tan-Tan à Guelmim. Ces larves, principalement aux stades 1 à 3 de leur développement, avec quelques-unes atteignant déjà le quatrième stade, indiquent une activité de reproduction récente et vigoureuse. Un petit essaim a même été signalé le 30 mars près de Foum Zguid, un signe qui, bien que non alarmant en soi, appelle à une surveillance accrue.
Pas de grégarisation massive, mais des prévisions de migration
Malgré ces observations, un point crucial est à noter : aucune « évolution apparente vers une grégarisation » n’a été constatée. Ce phénomène de grégarisation est déterminant, car il marque le passage du criquet d’un comportement solitaire à un comportement grégaire, le rendant alors beaucoup plus vorace et potentiellement déclencheur d’invasions dévastatrices.
Perspectives pour avril et mai
Pour le mois d’avril, la FAO anticipe la poursuite de la reproduction sur de vastes étendues au sud de l’Atlas. Le début du mois de mai pourrait voir une nouvelle phase de mouvements migratoires. Une partie des populations acridiennes est susceptible de se diriger vers le sud, en direction de la Mauritanie, tandis qu’une autre pourrait opter pour une migration vers le nord-est, amorçant ainsi la reproduction printanière d’une seconde génération. Le Maroc reste donc en état d’alerte, prêt à déployer ses ressources pour protéger son agriculture.
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