Ituri : L’horreur des ADF frappe à nouveau, des dizaines de vies fauchées
La province d’Ituri, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, est de nouveau le théâtre d’une tragédie. Quarante-trois personnes ont été brutalement assassinées par les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) lors d’une attaque nocturne sur la localité de Bafwakoa, a annoncé l’armée congolaise ce jeudi 2 avril. Ce bilan, déjà effroyable, est malheureusement susceptible de s’alourdir, alors que des témoignages poignants font état de scènes d’une violence inouïe.
Un bilan macabre et provisoire
L’incursion, survenue mercredi soir à environ 300 kilomètres à l’ouest de Bunia, la capitale provinciale, a laissé derrière elle un sillage de destruction et de désolation. Le lieutenant Jules Tshikudi Ngongo, porte-parole de l’armée congolaise en Ituri, a confirmé un bilan initial de « 43 compatriotes tués » et de « 44 maisons incendiées ». Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), une référence pour les analystes de la région, a également rapporté sur X (anciennement Twitter) « au moins 35 civils » tués.
Des scènes insoutenables et des disparus
Jospin Paluku, représentant d’une organisation de la société civile locale, a apporté un éclairage glaçant sur l’ampleur du drame. Il a confirmé le chiffre d’« au moins 35 civils tués » dont les corps ont été retrouvés, mais a souligné que « d’autres victimes sont calcinées dans leurs habitations, et d’autres sont dans la brousse, le bilan est donc plus lourd ». Les assaillants ont « surpris la population » dans son sommeil, et les victimes ont été tuées « par arme à feu et plusieurs ont été décapitées. Les images sont insoutenables », a-t-il déploré. Par ailleurs, plusieurs habitants auraient été enlevés par les ADF, une tactique tristement connue du groupe.
Les ADF : une menace persistante et barbare
Les ADF, un groupe armé d’anciens rebelles ougandais ayant prêté allégeance à l’État islamique, sont une source de terreur dans l’est de la RDC depuis plus de trois décennies. Leurs méthodes sont caractérisées par des massacres systématiques, des pillages et des enlèvements. Ils sont particulièrement connus pour le recrutement forcé de femmes et d’enfants, souvent utilisés comme boucliers humains ou auxiliaires dans leurs camps forestiers isolés, rendant leur traque par les forces armées extrêmement difficile.
L’opération « Shujaa » et la critique de la riposte militaire
Face à cette menace endémique, l’armée ougandaise (UPDF) est déployée en renfort dans la partie septentrionale du Nord-Kivu et dans certaines zones de l’Ituri depuis 2021, aux côtés de l’armée congolaise, dans le cadre de l’opération conjointe baptisée « Shujaa ». Cependant, malgré ces efforts, la violence persiste, et les ADF continuent de mener des attaques meurtrières, souvent pour détourner l’attention des militaires de leurs bases ou en représailles à des offensives.
Une lenteur fustigée
Mi-mars, déjà, des sites miniers du nord-est du pays avaient été la cible d’une attaque des ADF, également revendiquée par l’organisation État islamique, faisant plusieurs morts et provoquant des déplacements massifs de populations. Après chaque nouvelle tragédie, habitants et organisations de la société civile ne manquent pas de fustiger la lenteur et l’inefficacité de la riposte militaire, laissant les populations civiles à la merci de ces groupes armés. (Avec AFP)
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