Une affiche de recrutement de l’armée ukrainienne, dans le centre de Kiev, le 11 février 2026. TETIANA DZHAFAROVA/AFP
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Pénurie d’hommes, absence de permission, engagement à durée indéterminée : en Ukraine, l’armée face à ses déserteurs

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Le fardeau invisible du front ukrainien

Depuis plus de trois mois, Serhiy, affectueusement surnommé « Mekhanik » par ses camarades, vit reclus dans sa petite maison de l’ouest de l’Ukraine, non loin de la charmante ville de Kamianets-Podilsky. À 51 ans, ce soldat ukrainien est un déserteur, hanté par les cent dix-neuf jours passés dans l’enfer de la région de Donetsk, à l’est du pays. Son histoire, loin d’être un cas isolé, résonne comme un cri d’alarme au sein d’une armée ukrainienne confrontée à une pénurie croissante d’hommes et à un front qui se durcit inexorablement.

Au cœur de la « Kill Zone » : une mission sans fin

En septembre 2025, Serhiy entamait une mission qui allait le marquer à jamais. Pendant près de quatre mois, lui et deux autres soldats de la 42e brigade mécanisée ont été retranchés dans une position baptisée « Dubaï », au cœur de ce que les Ukrainiens appellent la « Kill Zone ». Cette nouvelle ligne de front, aussi mouvante qu’étendue, est un théâtre d’affrontements où le moindre mouvement peut s’avérer fatal sous le regard incessant des drones ennemis.

Coupés du monde, leurs seuls liens avec l’extérieur étaient une radio grésillante et les drones de ravitaillement qui perçaient occasionnellement le ciel. Un huis clos mortel, où la promiscuité et la menace constante ont érodé l’esprit et le corps. « Ton pantalon devient ta seconde peau », confie Serhiy, décrivant la disparition de l’hygiène et la descente progressive vers la folie.

L’épuisement, un ennemi silencieux

La désertion de Serhiy met en lumière les défis colossaux auxquels l’armée ukrainienne est confrontée. L’engagement à durée indéterminée, l’absence de permissions régulières et l’allongement des missions d’infanterie sans rotation adéquate pèsent lourdement sur le moral et la résilience des troupes. Alors que la guerre entre dans une phase d’usure, la capacité de Kiev à maintenir ses effectifs et à prendre soin de ses combattants devient un enjeu stratégique majeur.

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